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Abomey
ou Agbome - Ville du Benin, capitale de l'ancien royaume du
Dahomey .
Abomey fut une des résidences du roi jusqu'à la fin du XIXe
siècle. Cette ville, située à environ 90 kilomètres
de la côte, avait à cette époque une population normale
de 25 000 habitants, qui passait à 40 000 quand quand la cour y
résidait, ce qui s'explique facilement puisque le roi y amènait,
naturellement, ses célèbres amazones, déjà
au nombre de 7 à 8 000. La ville compte aujourd'hui 115 000 habitants.
Il s'agissait d'une
vaste agglomération de cabanes, puisqu'elle avait 12 kilomètres
de circonférence. Elle était entourée, en guise de
fortifications, d'un large et profond fossé, dont les talus étaient
plantés d'acacias extrêmement épineux, qui rendaient
le passage impossible, et d'un mur en terre, percé de six portes,
précédées de ponts en bois décorés de
pyramides d'ossements d'éléphants et de crânes humains.
Bâtie sans
plan, sans régularité, la ville comptait pourtant quelques
places assez vastes, notamment celle sur laquelle s'élèvait
le palais du roi, qui était à peu près carrée
et avait bien un kilomètre de côté.
Le palais n'était
que la réunion d'une quantité de petites cabanes, qui servaient
de logements aux amazones et aux officiers de la couronne; mais l'ensemble
était fortifié comme la ville, par un large fossé
et par un mur en terre de 20 pieds de hauteur (près de 6 mètres),
percé de 4 portes gardées par des amazones, et hérissé
de distance en distance de crochets en fer, destinés à supporter
et supportant presque toujours, des crânes humains; tant la royauté
absolue du Dahomey faisait bon marché de la vie des prisonniers
de guerre, et même de celle de ses propres sujets.
Aussi, sur la place
et près du palais, se trouvait la case des sacrifices humains, où,
prétendait-on, le sang coulait presque continuellement.
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La
case des sacrifices à Abomey.
La curiosité
de la ville était le tombeau des monarques Dahomiens, mais on n'était
admis à le voir qu'aux époques des grandes coutumes, alors
que l'égorgement devenait en quelque sorte obligatoire, dans le
but d'envoyer de nouveaux sujets aux souverains décédés.
Abomey, construite
dans une plaine sablonneuse, manquait absolument d'eau; la seule qu'on
y trouvait, à prix d'argent, venait d'un petit ruisseau situé
à 3 kilomètres de la ville, et que des femmes y convoyaient
continuellement dans des pots de terre. Il s'y tenait annuellement trois
ou quatre grandes foires, où l'on vendait de la poudre d'or, de
l'ivoire, tous les produits de l'intérieur de l'Afrique, et même
des esclaves, malgré l'intervention réitérée
de l'Angleterre.
A gauche du Whemi, à l'Est d'Abomey,
on trouvait une autre résidence du roi, Kana-Gomé (ou Zagnanado).
Tout autour de Kana et d'Abomey les campagnes étaient cultivées
pour l'approvisionnement de ces villes; mais au delà les plaines,
ravagées par les expéditions dahoméennes, étaient
désertes. |
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