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Mesure (du
latin mensura). - Ce mot désigne en premier lieu toute
quantité
prise pour terme de comparaison, et qui sert
à évaluer la grandeur d'autres quantités en général
de même nature; on l'utilise aussi pour désigner l'acte de
mesurer, c'est-à-dire de comparer les uns avec les autres des objets
particuliers, les apprécier, les compter, les peser, etc.
Toute mesure suppose une unité comme
base d'appréciation. Pour juger d'une longueur
quelconque, il faut que je la compare à une autre longueur que je
prends pour type; de même pour apprécier une surface,
une contenance, un poids. En général, l'unité de mesure,
ou autrement, le terme de comparaison, est de même nature que la
quantité qu'il s'agit de mesurer; néanmoins, dans certains
cas, on prend pour unité une chose qui lui est simplement corrélative
ou proportionnelle. Ainsi, par exemple, on mesure l'espace angulaire au
moyen d'un arc de cercle; le temps de la vie sociale, par la rotation de
la Terre
autour de son axe, sa révolution autour du
Soleil ,
etc; les forces, par la variation de la quantité de mouvement d'un
corps; la température, par la dilatation des métaux ou d'autres
substances.
On a classiquement considéré
six manières de mesurer tous les objets qui frappent nos sens.
La première consiste à les énumérer, c.-à-d.
à en déterminer le nombre; la seconde
nous en donne la longueur ou l'étendue sous une dimension de l'espace;
par la troisième, nous en connaissons la superficie; par la quatrième,
nous en apprécions le volume s'il s'agit de solides, et la capacité,
s'il s'agit de liquides; la cinquième nous en fournit le poids :
la sixième enfin détermine la valeur comparative des objets,
les uns par rapport aux autres, ou par rapport à un objet spécial
pris pour type d'évaluation générale. Tel est l'ensemble
du système des poids et mesures utilisé dans le passé.
Les physiciens ont par la suite réduit le nombre d'unités
ou de grandeurs fondamentales à trois (la longueur, la durée
et la masse); quant à la valeur comparative des objets (mesurée
par la monnaie), elle échape à de cette logique.
En continuant à nous placer au point
de vue classique, il ne nous sera pas malaisé de retrouver le principe
même des étalons primitifs que, d'un consentement universel,
les humains ont adopté pour mesurer toutes choses. Le corps humain
lui-même, ainsi que le remarquait déjà le sophiste-Protagoras
(dans Platon, Théétète),
au Ve siècle av. J. C. avait
spontanément offert et mis à la portée de chacun toutes
les espèces de mesures, moins la dernière. Pour estimer la
longueur on la largeur d'un objet quelconque, la taille ordinaire de l'humain
adulte, son doigt, sa main, son bras, ses deux bras étendus, son
pied, l'écartement normal de ses jambes pendant la marche : tels
sont les éléments que la nature mettait à sa disposition
et qui sont devenus, dans toutes les civilisations, la base du système
des mesures pour les longueurs et les surfaces; les termes de doigt, pouce,
coudée, brassée, pied, pas, et d'autres, qu'on retrouve dans
tous les anciens systèmes de mesures, attestent la vérité
de cette théorie. Les deux mains de l'humain furent les plateaux
de la première balance, et les poids qu'un adulte, de force moyenne,
peut porter sur son dos, soulever de ses deux mains, ou tenir dans une
main, devinrent, dans l'usage, des étalons pondéraux, d'après
lesquels tout ce qui se pèse fut évalué. |
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