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Le Maïs ( Zea,
nom grec d'une graine céréale; Mays, nom américain),
est un genre de plantes de l'ordre des Graminales,
famille des Panicées, caractérisé par des fleurs
monoïques; épillets mâles à 2 fleurs sessiles;
glumes presque égales, concaves; glumelles hyalines; 3 étamines;
épillets femelles, 2 fleurs dont l'une est stérile; glumes
larges, ciliées; ovaire, sessile; style long divisé en deux
lobes à son sommet; caryopse irrégulièrement globuleuse,
enveloppée à sa base par les glumes et les glumelles persistantes.
Ce genre ne comprend guère qu'une seule espèce bien reconnue,
réunissant un grand nombre de variétés, c'est le maïs
cultivé (Zea mays, L.), vulgairement nommé blé de
Turquie, blé d'Inde et même blé d'Espagne. Cette plante
est annuelle et atteint souvent plus de 2 mètres de hauteur. Les
feuilles sont oblongues, lancéolées, membraneuses, ciliées
et pubescentes. Les fleurs mâles sont disposées au sommet
de la tige en une sorte de grappe composée, et les fleurs femelles,
situées plus bas, composent des épis serrés enveloppés
par des gaines. Le maïs est originaire de l'Amérique. Cependant,
on a dit que cette céréale était cultivée dans
l'ancien monde bien avant la découverte de l'Amérique. Des
chartes du XIIIe siècle, assure-t-on, prouvent qu'il a été
importé de l'Asie Mineure en Italie en 1204 (G. Heuzé). Beaucoup
d'auteurs prétendent, en effet, que sa culture en Inde remonte à
une haute antiquité. Enfin Rifaud, en 1819, a trouvé du maïs
dans le cercueil d'une momie à Thèbes en Égypte. Il
semble donc probable que les deux mondes possédaient le maïs
simultanément.
Bonafous, dans son Histoire naturelle
agricole et Economie du maïs, a considéré comme
quatre espèces distinctes de simples formes que la généralité
des botanistes n'admet que comme variétés. En agriculture,
les variétés du mais se divisent en trois catégories
:
1° celles à grains
jaunes ou roux, parmi lesquelles le Maïs d'été ou d'août,
le Maïs tardif ou d'automne, le Maïs à poulets où
Maïs nain, le Maïs quarantain, etc.
;2° celles à grain blanc, comprenant
le Maïs de Virginie le Maïs dent de cheval, le Maïs des
Landes;
3° enfin, les variétés
à grain rouge, noirâtre ou panaché.
Le maïs prend place dans nos cultures
comme plante alimentaire pour l'humain et comme plante fourragère.
On consomme la farine de mais dans le midi, le centre et l'est de la France,
et principalement sous la forme de gaudes ou bouillie épaisse, en
Italie sous la forme de pâte bouillie nommée polenta ou de
pâte cuite au four nommée milias; on l'emploie souvent pour
préparer des potages très nourrissants; enfin cette farine
mêlée à celle du froment sert aussi à faire
du pain de minage. Seule, la farine de maïs ne lève pas et
donnerait un pain compact aussi désagréable à manger
que difficile à digérer. L'abondance de ses produits rend
cette céréale assez précieuse; cependant le maïs
tend plutôt à disparaître de l'alimentation de l'humain
qu'à s'y introduire, du moins en Europe.
Comme plante fourragère, le
maïs fournit des grains très propres à nourrir et engraisser
le bétail et surtout la volaille; les extrémités fleuries
que l'on coupe après la floraison, et même ses feuilles, constituent
aussi un bon fourrage sec. En outre, on remplit les paillasses et les coussins
avec les larges enveloppes de l'épi du maïs; on confit comme
les cornichons ses épis encore tout jeunes; l'axe central (nommé
papeton): de cet épi mûr forme, après l'égrenage,
un bon combustible. Enfin, on n'a pas craint d'affirmer que la tige renferme
assez de sucre pour pouvoir tenir lieu de la canne à sucre elle-même,
et qu'à la Nouvelle-Orléans on l'aurait même regardée
un temps comme préférable à cette dernière
pour la production économique du sucre. Tous ces avantages expliquent
la propagation si étendue de la culture du maïs dans l'ancien
et le nouveau monde. C'est d'ailleurs une plante rustique dans les climats
tempérés; mais, plus sensible au froid que le froment, elle
ne peut réussir dans les parties septentrionales de l'Europe que
si l'on choisit certaines variétés hâtives, dont la
rapide végétation échappe aux mauvais temps du printemps
et utilise les deux plus chauds mois de l'année.
Le maïs s'accommode des terres de
toute nature, pourvu qu'elles soient bien ameublies et bien fumées,
mais il réussit surtout dans les terres de consistance moyenne;
plus le climat est septentrional, plus il aime un sol léger. Dans
les assolements, cette céréale joue le rôle d'une plante
sarclée, à cause des façons qu'elle réclame
pendant sa végétation. Le sol qui doit recevoir du maïs
doit être labouré profondément avant l'hiver, s'il
est argileux et compact; en tout cas, on donne un nouveau labour en mars.
Avant ce labour de printemps on a déposé le fumier, qui doit
être composé de vieilles fumures. Les semailles, en France,
se font en avril ou dans les premiers jours de mai au plus tard, quand
les froids tardifs du printemps ne sont plus guère à redouter.
Le procédé d'ensemencement varie avec les pays et avec la
nature des terres, mais le meilleur est l'ensemencement en lignes à
la main ou au semoir. Les graines n'ont besoin d'aucune préparation;
un lavage à grande eau peut être utile.
Quant au choix des graines, celles de six
à sept mois, conservées loin de la poussière et de
la fumée sous l'abri des grandes feuilles protectrices de l'épi,
doivent être préférées. Lorsque le maïs
a atteint 5 à 6 mm de hauteur, on lui donne un léger binage,
on l'éclaircit s'il a été semé à la
main ; puis, lorsqu'il a 35 à 40 cm, on le butte. Au mois d'août,
après la floraison, quand les grains sont formés, on coupe
l'épi des fleurs mâles qui forme le haut des tiges. Cette
culture, qui laisse de grands intervalles entre les époques où
elle réclame des soins, permet de cultiver d'autres plantes (haricots,
choux, navets, laitues) entre les pieds de maïs. Le grain est mûr
à la fin de septembre ou au milieu d'octobre; on coupe les pieds,
on en sépare immédiatement les épis que l'on égrène
à la main, ou mieux avec une machine nommée égrenoir.
(G.-S.
/ AD. F.). |
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