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Littérature italienne
La littérature italienne au XVIIe siècle
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Avec le XVIIe siècle, le déclin de la littérature italienne est sensible. Dans la poésie lyrique, on doit mentionner d'abord Gabriel Chiabrera, qui, abandonnant les traces de Pétrarque, entreprit d'imiter les Grecs, et surtout Pindare et Anacréon. Il le fit quelquefois avec bonheur et toujours avec grâce. Cependant on reproche à sort style un peu trop d'art et de recherche.

J.-B. Marini, le grand corrupteur de la poésie italienne, acquit une immense réputation, non seulement en France, mais dans toute l'Europe, où il répandit son système poétique. Doué de talents réels et d'une facilité merveilleuse, il mit une versification heureuse, un style vif et pittoresque au service d'une imagination sans frein; et les contemporains finirent par croire après lui que plus on s'éloignait du naturel, plus on était poète. Les concetti de Marini eurent surtout des admirateurs en France, où la langue était à peine formée. Outre un grand nombre de madrigaux et de sonnets, Marini écrivit l'Aldone, qui lui valut la plus grande part de sa célébrité, et qui est un résumé des qualités et des défauts de l'auteur.

Le succès de Marini suscita un grand nombre d'imitateurs. Quelques poètes, tels que Fulvio Testi, Benoît Menziani, François Redi, conservèrent cependant les traditions du bon goût et de la simplicité. Mais la poésie lyrique fut portée au plus haut degré, d'élévation par Vincent Filicaja, le plus noble, le plus moral et le plus patriotique des poètes italiens. Beaucoup de ses pièces ont pour sujet l'Italie déchue de son ancienne splendeur. II fit plusieurs canzones pour célébrer les victoires des chrétiens sur les Turcs qui avaient assiégé Vienne : on admire principalement celle qu'il composa pour Jean Sobieski, roi de Pologne

Guidi déploya encore plus de liberté et de hardiesse que Filicaja, et, sans imiter Pindare, dont il, ignorait le langage, il s'éleva à la même hauteur dans ses odes, où, dédaignant toute règle, il tire de cette liberté de grandes richesses d'harmonie et d'invention. On doit à Marchetti, outre la traduction de Lucrèce et d'Anacréon, des sonnets d'un caractère grave. Dans la poésie didactique, Baldi, savant mathématicien, auteur de quelques églogues imitées de Virgile, composa en vers sciolti un poème de la Navigation, semé d'épisodes intéressants; le style, en est vif et coloré. On peut placer ici la Séréide d'Alexandre Tesauro, poème sur le vers à soie; le poème latin de Benoît Rogacci, où, sous le titre d'Euthymie, il traite de la philosophie morale; mais surtout l'Art poétique de Menzini, écrit en terza rima, et où l'auteur traite principalement de la langue et de la versification italiennes.

A la fin du XVIe siècle, Caporali avait donné l'exemple du style satirique dans son Voyage au Parnasse. II fut imité par Chiabrera dans ses Sermoni, où l'auteur se propose Horace pour modèle. Ludovico Àdimari exploita le sujet toujours si fécond de la critique des femmes. Enfin Salvator Rosa, peintre et poète, composa des satires devenues populaires, où il fronde avec grande liberté les vices de son temps.
Dans la comédie, J.-B. Porta, Napolitain, disciple de Plaute et de Térence, joignit à une grande richesse d'invention un style noble, pathétique ou plaisant, suivant les situations où il place les personnages. Ses principales comédies sont l'Emportée, la Cinthia, les Frères rivaux, la Soeur et le Maure

Buonarotti le jeune, neveu du grand Michel-Ange, tenta la singularité de donner cinq comédies de suite sur le même plan. Cet ouvrage porte pour titre la Foire, dure cinq jours, et chaque journée comprend cinq actes. Le mérite principal de cette pièce consiste dans la pureté du langage. Mais la comédie qui fit le plus d'honneur au jeune Buonarotti est la Temia, écrite en ottava rima, dans la langue des paysans de Toscane. Cet essai d'introduire les dialectes italiens au théâtre eut plusieurs imitateurs. Les Troubles du Parnasse de Scipion Ericeo consistent surtout en un cadre ingénieux où l'auteur a placé la critique souvint juste et piquante des premiers poètes de son temps.

C'est du commencement du XVIIe siècle que date l'invention du drame en musique nommé opéra. Le premier, Daphné, fut représenté en 1594, à Florence. Rinuccini améliora ce nouveau genre, et fit représenter, à Florence aussi, l'Eurydice, à Mantoue  l'Ariane. L'introduction de l'opéra contribua à exiler du théâtre italien la vraie tragédie. La vogue des Comédies de l'art, espèce d'impromptu sur lequel chaque acteur brodait à son gré, et qui fut une importation de l'Espagne, acheva d'éloigner les auteurs des compositions sérieuses. C'est à ce genre que nous sommes redevables de Polichinelle.

Au XVIIe siècle appartiennent, dans le genre historique, l'Histoire de Naples, par Capecelatro, et les nombreux, mais peu solides ouvrages de Gregorio Leti. (E. B.).

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