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La littérature italienne à la Renaissance |
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La Renaissance | Le XVIIe s | Le XVIIIe s. | Le XIXe s. |
| Nous voici arrivés
à l'époque de l'érudition. Encouragés par des
princes qui, pour la plupart, cultivaient eux-mêmes les lettres,
surtout par les Médicis, les savants entreprirent
de faire revivre l'Antiquité Jean Aurispa professa aussi dans les principales
villes d'Italie Poggio Bracciolino,
connu en France Laurent Valla succéda à Filelfo dans la réputation du plus savant professeur de son temps. On a de lui une Histoire de Ferdinand d'Aragon et quelques traités de linguistique. Le XVe
siècle vit le commencement de cette émigration des
Grecs
en Italie La littérature italienne est très riche en historiens; le morcellement du territoire a pu favoriser ces histoires particulières. Au XVe siècle, Sambellico et Bernardo Giustiniani écrivirent l'histoire de Venise; Vergerio, celle des princes de Carrare; Jean Simonetta, celle de François Sforza; Bernardino Corio, celle de Milan; Giorgio Stella, celle de Gênes. II n'y eut pas de petit prince qui n'eût son historiographe, le plus souvent partial, parce qu'il était dépendant. La plupart de ces ouvrages étaient écrits en latin. Cependant Pandolfo Collenuccio écrivit l'histoire de Naples en langue italienne. Le débordement des poètes
latins fut encore plus fort que dans le siècle précédent.
II est inutile de faire l'énumération de compositions presque
toutes sans talent, et complètement oubliées. C'est aussi
dans ce siècle qu'apparaissent les improvisateurs-:
plusieurs excitèrent l'admiration de leurs contemporains; mais il
en est des improvisateurs comme des grands acteurs, ils meurent tout entiers,
laissant à peine un nom. On cultivait la poésie latine avec
plus de succès à Naples La poésie italienne n'était
pourtant pas abandonnée. L'exemple de Laurent
de Médicis devait stimuler les
poètes ce prince a laissé des canzones,
des églogues, des poésies morales,
remarquables par l'élégance du style et la force des pensées;
le premier il écrivit pour le peuple : on a de lui des cantiques,
un Mystère de Saint Jean et Saint Paul, qu'il fit représenter
au mariage d'un de ses enfants, enfin des chansons restées populaires,
pleines d'esprit et de gaieté. Auprès de lui se place Politien,
savant universel, philosophe pour obéir au goût de son temps,
mais poète par nature. Dès l'âge de 15 ans, il publia
des épîtres et des épigrammes.
Il célébra Julien de Médicis dans un poème
qu'il dédia à Laurent, composa des chants populaires ou canzoni
a ballo, d'un tour spirituel et élégant, reprit et perfectionna
l'ottava rima, inventée par Boccace, et
donna, dans la Favola di Orfeo, le modèle de la première
composition dramatique moderne. Sannazar exprima
ses sentiments patriotiques dans des sonnets harmonieux. Sa pastorale de
l'Arcadie Les autres poètes italiens de l'époque
sont restés bien au-dessous des précédents. Giusto
da Conti imita servilement Pétrarque
dans des canzones qui ont presque toutes pour sujet la belle main de sa
dame. Burchiello, poète populaire, écrivit des poésies
presque toujours incohérentes, mais qui ne manquent ni de verve,
ni d'originalité. Les trois frères Pulci,
Bernardo, Lucca et Luigi, écrivirent des élégies,
des églogues et des poèmes en l'honneur de Julien et de Laurent
de Médicis. Seradno Aquilano fut
le plus célèbre de tous ces poètes : on l'égalait
à Pétrarque; mais sa réputation ne lui survécut
que d'un siècle. II est juste aussi de tirer de la foule Matteo
Palmieri, dont la Città di Vità est un dernier écho
de la poésie de Dante, Feo Belcari, Francesco
Cei, et enfin Girolamo Benivieni; il y a dans ses poésies une clarté,
un naturel et une pureté de goût, qui semblent les qualités
distinctives de l'école de Florence.
Les femmes ne restèrent pas en arrière dans le mouvement
littéraire de ce siècle. On en vit un grand nombre écrire
des vers agréables, soit en langue
italienne, soit en latin et même
en grec, haranguer en latin, comme la jeune
Hippolyte Sforce, le pape Pie II, ou, comme Cassandra Fedele, se distinguer
dans l'étude des belles lettres et de la philosophie Le XVIe siècle est la grande époque de la littérature italienne. Les érudits du XVe avaient préparé des matériaux immenses à la génération suivante, et les héritiers se trouvèrent dignes de recueillir la succession de leurs devanciers. L'épopée chevaleresque, qui a fourni plusieurs chefs-d'oeuvre, s'est inspirée de la Chronique de Charlemagne et des douze pairs, attribuée à l'archevêque Turpin. Mais, tout en se servant du nom de Turpin pour faire passer bien des histoires incroyables, chaque auteur introduit sans scrupule les inventions et les caractères que son imagination lui fournit : la famille de Charlemagne se modifie au gré de chacun, et presque toujours le naïf auteur trouve moyen de rattacher au grand empereur la famille du petit prince italien qui le protège. Tous ces poèmes ont un air de famille par l'incohérence dans le style, la profusion des détails et les mêmes formules : l'auteur commence chaque chant par une prière, et la finit en interpellant ses auditeurs, le plus souvent en vue de provoquer leur générosité. Il serait donc inutile de s'arrêter à des compositions comme Buevo d'Antona, I reali di Francia, l'Ancroïa, la Spagna, etc., qui n'ont guère fait que fournir l'idée de poèmes restés célèbres. Le premier qui mérite une mention
particulière est celui de Pulci, intitulé
: Morgante le Grand Citons encore l'Angélique amoureuse de Vicenzo Brusantini, et la tentative médiocrement heureuse d'une femme, Tullie Aragon, qui écrivit Il Meschino o il Guerino, dans la louable intention de remplacer par un ouvrage honnête les productions généralement jugées immorales de ses devanciers. Après les poèmes de Charlemagne
et des douze pairs, vinrent ceux tirés de sujets antiques, surtout
de l'Iliade Nous n'avons à parler ici que des
moindres ouvrages de Torquato Tasso, dit le Tasse,
des articles particuliers étant consacrés à la Jérusalem
délivrée La gloire du Tasse éclipsa celle de tous les autres poètes de son temps; lui seul fit l'éloge de l'Amant fidèle de Curzio Gonzaga les contemporains n'y prirent pas garde. Le Nouveau Monde de Giorgini, la Maltéide de Fratta, la Jérusalem détruite de Potenzano, l'Angeleida de Valvasone, n'ont pas vécu plus longtemps. Les Larmes de Saint Pierre par Tansillo eurent un plus grand succès. Le temps de l'épopée chevaleresque était passé, et, comme toujours, après le sérieux vint la parodie. Par une tendance déplorable du caractère italien, on vit de toutes parts paraître des railleries, de la valeur guerrière. Merlin Coccajo, pseudonyme de Teofilo Folengo, inventa le style macaronique, mélange burlesque de latin et d'italien, et écrivit dans ce style l'Orlandino, poème extravagant, où, donnant un libre essor à son caprice, il a su exprimer d'une manière vive et pittoresque toutes les folies de son cerveau. Antonio Grazzini, plus connu sous le nom de Lasca, écrivit des poésies badines, et fut le premier fondateur de l'Académie de la Crusca. II composa aussi un petit poème intitulé : la Guerra de' Mostri. On lui attribue un autre ouvrage du même genre, la Nanea, composé pour se moquer d'un poème de Benedetto Arrighi, intitulé : Gigantea ou Guerre des Géants. Ces inventions, la plupart plus grotesquesque spirituelIes, ne méritèrent pas d'obtenir une renommée durable. L'épopée héroï-comique
fut créée par Tassoni, dont le poème, la Secchia
rapita, raconte une guerre des habitants de Modène L'art dramatique
se forma en Italie plus tôt que dans les autres pays de l'Europe L'exemple du Trissin fut promptement suivi par le Florentin Ruccellai : pour sa première pièce, intitulée : Rosemonde, il choisit un sujet historique, et le disposa à la manière des Grecs, employant les choeurs, et les vers libres pour le dialogue. Son Oreste n'est autre chose que l'Iphigénie en Tauride, imitée et même le plus souvent traduite d'Euripide. Martelli, auteur de Tullia, prit son sujet dans Tite-Live : malgré le caractère odieux de l'héroïne et les défauts de la pièce, les Italiens ont accordé à la Tullia un des premiers rangs parmi les tragédies qui signalèrent chez eux la renaissance de l'art. Alamanni, qui
figure déjà dans l'épopée,
se distingua aussi dans la tragédie;
mais il se contenta de faire passer dans sa langue les beautés de
l'Antigone de Sophocle. Nous ne parlerons
que pour mémoire des neuf tragédies de Giraldi Cinthio, de
celles de Louis Dolce, et même de la Canace
de Sperone Speroni. Le Tasse composa à deux
reprises différentes une tragédie de Torismond, pièce
toute d'invention et mise à la mode par Giraldi.
Les Italiens la comptent au nombre des plus belles du XVIe
siècle : on y remarque de nombreuses imitations de l'Oedipe roi
de Sophocle. Ce chef-d'oeuvre grec fut traduit quelque temps après
avec talent par Anguillara. Citons aussi comme
sujets empruntés à l'Antiquité La comédie
n'avait existé en Italie Une comédie plus connue en France Nommer l'Arétin, c'est assez dire à quoi l'on doit s'attendre : ses principales pièces sont : le Maréchal, la Courtisane, l'Hypocrite, la Taranta et le Philosophe; on y remarque en général assez peu d'invention, mais des détails piquants qui font connaître les moeurs du temps. Jean-Marie Cecchi fut l'un des meilleurs et le plus fécond des auteurs comiques de son siècle; on a de lui 10 comédies imprimées, qui ne sont que la moindre partie de ce qu'il avait écrit; la plupart sont tirées de Plaute et de Térence. La plus comique, mais aussi la plus libre, est l'Asiulo. Le Lasca, auteur de nouvelles dans le genre de celles de Boccace, le fut aussi de comédies moins piquantes, mais moins libres que celles de Cecchi. Louis Dolce, poète fécond et plus laborieux que brillant, écrivit cinq comédies, les unes en vers, les autres en prose; la plupart ont pour sujet des aventures contemporaines. Les trois pièces composées
par Francesco d'Ambra sont des chefs-d'oeuvre dans le genre alors le plus
en vogue, la comédie d'intrigue; l'Académie
de la Crusca les compte au nombre des autorités pour la langue.
Nous trouvons presque tous les noms illustres de l'époque sur la
liste des auteurs comiques : Annibal Caro, le célèbre
traducteur de l'Enéide Le XVIe siècle vit naître le mouvement de Luther et celle de Calvin; aucun théologien ne se crut dispensé de les connaître selon ses forces; plusieurs le firent avec grand talent; mais les plus remarquables furent les cardinaux Bellarmin et Baronius. Le premier composa des ouvrages de controverse proprement dite, et les protestants, qui ne pouvaient refuser leur admiration à ce redoutable adversaire, fondèrent des chaires dont les professeurs n'avaient point d'autre emploi que de le réfuter. Le second consacra sa laborieuse carrière à écrire les Annales ecclésiastiques, travail immense et d'un grand talent, pour lequel il a fallu des recherches vraiment prodigieuses. Au XVIe
siècle, les universités continuèrent d'être
florissantes. Les princes se disputaient les savants professeurs qui, comme
les deux Béroaldo, Amaseo Battista, Egnazio,
élevaient la jeunesse dans l'amour des lettres. Le Droit
civil et le Droit canon, études favorites du Moyen âge La langue latine était toujours celle de l'érudition. La plupart des savants dédaignaient d'écrire en italien. Toutefois, sous ce rapport, il se fit une révolution dans les esprits : on commença à soupçonner les beautés de la langue vulgaire, et à écrire des traités pour en faire connaître la richesse et en fixer les règles. Le plus célèbre de ces ouvrages est le Prose de Bembo. Il mérite le succès universel dont il a joui. L'auteur y apprécie avec justesse la langue elle-même et les plus grands écrivains. II assaisonne toujours de réflexions utiles ses discussions et ses jugements. Les Observations de Dolce sont restées au nombre des livres utiles sur la langue italienne. Rinaldo Corso, auteur des Fondamenti del parlar toscane, se distingua dans la foule des grammairiens contemporains par son savoir et l'élégance de son style. La guerre que le siècle précédent
avait vu s'allumer entre les philosophies d'Aristote
et de Platon parut terminée par la défaite
de la première. Le cardinal Bessarion
et l'Académie platonicienne de Florence
avaient donné tant d'autorité à Platon, qu'il semblait
devoir régner seul dans les écoles; mais au XVIe
siècle Aristote reprit le dessus, et cette dispute oiseuse recommença
de plus belle. Parmi les aristotéliciens
était Pomponace, qui professa avec
grand succès à Padoue
et à Bologne D'autres auteurs distingués écrivirent des traités philosophiques sans se soucier des querelles d'école; tels furent Télésio, Cardan, et le comte de Castiglione, auteur d'un traité Du Courtisan, dans lequel il trace les devoirs du courtisan honnête homme et professe la morale la plus élevée. On peut aussi ranger le Tasse parmi les philosophes-: ses Dialogues, où il prit Platon pour modèle, furent composés aux jours les plus malheureux de sa vie; il y traite les sujets les plus divers avec un rare talent, et chez lui le philosophe ne fait pas disparaître le poète. Un des charmes de ce remarquable écrit est dans les allusions qu'y fait le Tasse à ses malheurs. Machiavel est
le plus grand écrivain politique de
son siècle. Mêlé aux affaires de Florence,
sa patrie, envoyé, comme négociateur, en France La réputation de Machiavel a tellement éclipsé celle des autres écrivains politiques de son temps, qu'on connaît à peine les noms de Gianotto, de Contarini, et même du Vénitien Paruta : des Discours politiques, formant deux livres, lui assurent cependant un rang distingué parmi les publicistes italiens. L'histoire fut un des genres les plus cultivés au XVIe siècle. Le plus connu peut-être des écrivains qui traitèrent de l'histoire générale est Paul Jove. L'Histoire de mon temps est le premier ouvrage qu'il entreprit, et le dernier qu'il publia; c'est celui qui lui a valu le plus éloges et de critiques. Tout en louant la clarté, la facilité et l'abondance de son style, on doit blâmer la partialité avec laquelle il a loué ses protecteurs et dénigré les hommes qui s'étaient montrés moins généreux à son égard. Outre son Histoire, Paul Jove écrivit les Vies d'Alphonse Ier, duc de Ferrare, de Gonzalve de Cordoue, de Léon X, du marquis de Pescaire, du cardinal Pompée Colonna; une description de la Grande-Bretagne, de la Moscovie. Tous ses ouvrages sont en latin, à l'exception d'un commentaire sur la guerre des Turcs. La même période de temps que
Paul Jove avait parcourue dans sa grande histoire latine le fut en italien
par Guichardin, historien qui n'a pas moins
de renommée, et qui mérite plus d'estime; mais il se renferma
dans les bornes de l'Italie Machiavel, par sa belle Histoire de Florence, avait appelé sur lui trop d'éclat pour n'être pas imité. Le premier qui suivit son exemple fut Jacopo Nardi, qui appartenait au parti républicain vaincu par les Médicis : son Histoire, composée dans l'exil, porte en soi le caractère de tous les ouvrages de parti, et a peut-être moins contribué à sa renommée littéraire que sa belle traduction de Tite-Live. Le sénateur Philippe Nerli écrivit des Mémoires sur ce qui s'était passé dans son pays depuis 1215 jusqu'en 1537; tout dévoué aux Médicis, il se montra partial, comme Nardi, mais dans le sens contraire. L'Histoire de Florence de Bernardo Segni, que l'auteur s'abstint de publier de son vivant pour ne compromettre ni les intérêts de la vérité, ni sa propre sûreté, est écrite avec sagesse et impartialité. Varchi, littérateur, poète
et même mathématicien, est auteur d'une Histoire de Florence
qui va de 1527 à 1538 : malgré la diffusion du style, elle
est écrite avec beaucoup d'exactitude et de sagesse. Le Vénitien
Bruto écrivit en latin une Histoire de Florence, remarquable
par la liberté de ses jugements sur les Médicis. Scipione
Ammirato, né dans le royaume de Naples Paul Sarpi, génie encyclopédique, traita un sujet dont l'actualité faisait une bonne partie de l'intérêt : il écrivit l'Histoire du Concile de Trente. Le cardinal Pallavicini traita le même sujet; mais s'il surpasse Sarpi par la correction du style, il est loin d'avoir sa manière originale d'exposer et de juger les faits. Catarino Davila, tout Italien qu'il était, publia une Histoire des guerres civiles de France, aussi correcte que sincère et précise. Le cardinal Guido Bentivoglio composa aussi
une Histoire des guerres de Flandre, très supérieure
par ses vues politiques à celle que publia en latin
sur le même sujet le P. Strada, jésuite.
Au XVIe siècle, où les lumières
de l'Italie Dans le genre de la nouvelle, nous retrouvons encore Machiavel, dont le Belphégor est une satire des femmes en général, et de la sienne, dit-on, en particulier. Comme toutes ses oeuvres, elle est écrite d'un style vif et brillant, et avec une élégance qui l'a fait mettre au nombre des textes de la langue. Firenzuola et le Lasca écrivirent aussi des contes charmants, remarquables par l'originalité de l'invention et la pureté du style. Les nombreuses nouvelles de Straparola eurent plus de vogue, quoique avec moins d'élégance; la licence et la bizarrerie leur tiennent souvent lieu de mérite. On en peut dire autant de quelques nouvelles de l'Arétin. Cinthio Ciraldi et Sébastien
Erizzo cherchèrent à modérer par leur exemple
la licence de la plupart de ces conteurs; mais ils eurent peu de succès
au milieu de la corruption générale. Les seules nouvelles
qui fussent exemptes de cette tache étaient celles du genre tragique.
De ce nombre est Roméo et Juliette de Luigi da Porta, imités
et développée depuis par Bandello,
et immortalisée par Shakespeare. Bandello
a écrit un très grand nombre de nouvelles, dans lesquelles,
à défaut de pureté et d'élégance, on
retrouve les usages, les moeurs et les aventures du temps, ainsi que les
caractères des personnages qui y froissaient. II faut ajouter à
la louange de cet auteur que, s'il est souvent libre et grossier, il n'est
jamais immoral, et prend toujours le parti de la vertu et de la religion
chrétienne Les romans, qui sont en quelque sorte des nouvelles très étendues, furent aussi rares qu'auparavant. On remarque à peine durant cette période la Finela de Nicolas Franco. On peut également citer les inventions fantastiques de quelques auteurs, moins élégants que bizarres : tels sont les Discours des Animaux (Discorsi degli Animali) de Firenzuola, les Caprices du Tonnelier, et la Circé de J.-B. Gelli. Presque tous les ouvrages didactiques de ce siècle furent écrits en forme de dialogue; tels sont les Asolani de Bembo, et l'Ercolano de Varchi, sur la langue vulgaire; mais plus célèbres encore furent les Dialogues de Sperone Speroni, et Le Courtisan de Castiglione. On doit à l'Arétin le premier recueil de Lettres; il en publia sur les sujets les plus divers, qu'il traita avec sa licence accoutumée. son exemple fut bientôt suivi, et l'Italie se vit inondée d'épîtres. Les plus fameux recueils sont les Lettres de Caro, de Tolomeï, de Fracastor, et surtout de Bonfadio. (E. B.). |
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