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Si l'on excepte
la vieille littérature latine,
dont le principale représentant, après la chute de Rome ,
est Isidore de Séville et dont l'oeuvre
remonte aux temps du Royaume wisigothique ,
c'est par l'histoire de l'art dramatique
qu'il conviendrait de débuter l'histoire de la littérature
en Espagne .
Ce théâtre est né des débris du paganisme romain
conservés par le peuple au milieu des sociétés chrétiennes .
Au VIe siècle, ces débris
formaient un ensemble d'amusements qui étaient comme la représentation
populaire des pompes de l'ancien culte. Le peuple tenait par habitude et
par besoin à ces spectacles, dont il
avait peut-être oublié l'origine. Le clergé, dont les
efforts ne parvinrent jamais à les proscrire, eut l'idée
de les sanctifier en les appliquant aux fêtes
du culte catholique
: les représentations dramatiques eurent lieu dans les églises,
en présence et avec la coopération des ministres du culte.
Ce ne furent d'abord que des dialogues
rustiques, où des bergers s'entretenaient des fêtes que l'on
célébrait. La solennité qui donnait lieu à
ces essais de compositions dramatiques était la fête de Noël ;
elle se prêtait facilement à la représentation de scènes
religieuses, comme la visite des bergers à l'étable, et l'adoration
des Mages .
Ces récits dialogués étaient écrits en mètres
lyriques, accompagnés de chants rustiques
qui répondaient à nos noëls.
Bientôt on appliqua ces sortes de drames
à des sujets tirés de la vie commune, qui ouvrirent à
l'art naissant une voie nouvelle. Les jeux scéniques se divisèrent
en deux classes : les représentations pieuses et les représentations
profanes. Les deux genres furent cultivés pendant toute la durée
du théâtre espagnol avec le même zèle, un succès
égal, et par les mêmes auteurs.
Mais il faut toutefois attendre l'apparition
de la langue espagnole (le roman
espagnol), à la fin du XIe siècle,
et surtout au XIIe, pour que commence véritablement
le développement de la première littérature espagnole,
une période de formation qui va durer jusqu'au début du règne
de Charles-Quint.
Le XIIe
siècle.
La nécessité où se
trouvèrent les chrétiens ,
réfugiés depuis le VIIIe
siècle dans les montagnes des Asturies ,
d'employer toute leur énergie à se défendre contre
les Arabes, et l'état de
misère où ils étaient tombés dans ces régions
sauvages, expliquent l'extrême lenteur des développements
du roman espagnol. Ce n'est que vers le milieu du XIIe
siècle qu'on en trouve les premiers rudiments connus, l'acte des
Fueros
d'Avilès. Après cet unique échantillon du premier
bégayement de la langue vient le Poème du Cid .
Les poésies anonymes de cet âge reculé n'offrent pas
le même intérêt que la chanson du Cid.
De ce nombre sont les pièces suivantes : la Vie du roi Apollonius;
la Vie de sainte Marie l'Égyptienne; l'Adoration des rois mages.
Il faut arriver jusqu'à l'an 1223 pour rencontrer un poète
connu, Gonzalo de Berceo, qui commença par célébrer
le patron de son couvent dans un poème de la Vie de saint Millan
et dont nous avons aussi la Vie de sainte Oria et de saint Dominique
de Silos, los Miracros de Nuestra Señora, ouvrage fort
admiré de Ticknor, historien de la littérature
espagnole, mais auquel nous préférons, pour l'élévation
et le pathétique, El duelo de la Virgen, récit de
l'agonie de Jésus
sur la croix. Toutes les poésies de Berceo sont écrites en
stances monorimes de 4 vers de 14 syllabes, dits alexandrins. Vers la même
époque, Juan Lorenzo Segura, moine comme Berceo, a pris pour sujet
la Vie d'Alexandre le Grand ,
d'après le roman français de
Gautier de Chastillon : il en fait un baron du XIIIe
siècle, qui marche à la conquête de la Perse
accompagné des douze pairs, non sans avoir été préalablement
armé chevalier.
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Poésie
lyrique populaire
Les
traditions vraies ou supposées du peuple espagnol, négligées
par les imitateurs érudits de la Provence
et de l'Italie ,
ont inspiré néanmoins un des plus rares textes de la poésie
lyrique moderne. La défaite de Charlemagne
dans le défilé de Roncevaux, la perdida de España,
les luttes de Fernand Gonzalès et du Cid contre
les Arabes, la catastrophe des Infants de Lara ,
la chute d'Alvaro de Luna, toutes ces histoires
merveilleuses ont trouvé des chantres inconnus pour les célébrer
avec la foi, l'émotion naïve, les couleurs vraies, qui forment
les qualités essentielles de la poésie. Le peuple s'empara
de ces beaux sujets abandonnés par les poètes de profession;
ainsi naquirent ces chants populaires, ordinairement
lyriques, quelquefois épiques, connus sous le nom de romances.
Ils finiront par être remarqués des poètes artistes,
vers l'époque des extravagances du cultisme ( XVIIe
s.). Alors les romances anciennes, les seules bonnes, seront remaniées
par des écrivains qui s'imagineront les embellir en y ajustant les
souvenirs de la mythologie
et de l'histoire grecque ,
ou les mignardises de l'école de Pétrarque. |
Le XIIIe
siècle.
Au XIIIe
siècle, la prose est plus remarquable que la poésie.
Le recueil de lois d'Alphonse
le Savant, connu sous le nom des Sept parties, nom tiré
des sept divisions de l'ouvrage, est une compilation formée des
Décrétales ,
du Code de Justinien et des lois des
Wisigoths .
Alphonse eut sans doute de nombreux collaborateurs, mais on s'accorde à
lui attribuer la rédaction de l'ouvrage. On y trouve un système
complet de législation et de police ecclésiastique et civile;
c'est le résumé de la sagesse politique du siècle
en Espagne ,
en ce qui touche les devoirs réciproques d'un souverain et de ses
sujets. Le style a eu rarement son égal en pureté, en nerf
et en élévation. Parmi les antres ouvrages d'Alphonse X,
la Chronique générale d'Espagne est le premier travail
de ce genre qui ait été fait dans une langue romane : peu
d'anciens monuments sont plus curieux au point de vue purement historique,
et comme résumé des inventions poétiques qui se sont
mêlées à l'histoire. Les Tables Alphonsines
ont longtemps et consultées avec fruit. La cour de Castille
était alors fréquentée par les Troubadours
: le roi paya son tribut à la mode, en composant quelques poésies
sur leur modèle. Les Chants du roi Alphonse sont écrits
en dialecte galicien.
Le XIVe
siècle.
La littérature, bien qu'entravée
alors dans son développement par les troubles politiques de la Castille ,
continue à exploiter avec succès le fonds national. Deux
auteurs dominent alors tous les autres, Juann Manuel et Juan
Ruiz.
Le principal ouvrage de Jean Manuel la
seul imprimé, a pour titre le comte Lucanor : c'est un recueil
d'apologues en prose qui ont pour but la
démonstration d'un aphorisme de morale, et en même temps la
solution d'un problème de conduite. L'ouvrage est remarquable par
un badinage sérieux qui n'appartient qu'aux auteurs Espagnols. La
morale y est revêtue d'une forme sensible et parlant à l'imagination
en même temps qu'à la raison et à la mémoire.
Juan Ruiz, archiprêtre
de Hita, tint pour le moins autant à rire aux dépens de ses
contemporains qu'à les corriger. Il a jeté le sel à
pleines mains dans ses poésies, qui forment environ 6000 vers de
mètres variés, et d'une forme toute provençale. Les
Espagnols le nomment leur Pétrone;
mais il ressemble plutôt à Rabelais.
Chez lui, le
conte, l'apologue,
l'hymne religieux, la pastourelle
se mêlent à la fiction burlesque. Ce désordre apparent
cache un sens profond, ainsi qu'il a pris soin d'en avertir dans un prologue
en prose, et le fond repose sur une histoire vraie, qui est peut-être
celle de l'auteur lui-même.
L'heureuse impulsion que la langue
et la littérature espagnoles
avaient reçue d'Alphonse X ne dura point;
on peut même noter un mouvement en arrière à partir
du règne de Pierre le Cruel. Les vers
d'Ayala sont inférieurs, pour le goût
et le style, à ceux de Berceo, de Lorenzo Segura et de Jean
Ruiz, et la prose de sa Chronique n'a aucun des agréments
du style de la Chronique générale. L'El Rimado
de Palacio d'Ayala est une espèce de poème
didactique, traitant des, devoirs du prince et des grands dans le gouvernement
de l'État, entremêlé de satires sur les diverses classes
de la société, et de réflexions morales et théologiques;
on y trouve aussi des couplets en l'honneur de la Vierge .
Ayala fit traduire en castillan un certain nombre d'ouvrages anciens, et,
en particulier, l'Histoire romaine de Tite-Live.
Il essaya de mettre à profit dans sa Chronique, qui s'étend
du règne de Pierre le Cruel à celui de Henri
de Transtamare, les exemples de l'historien
latin, en prêtant à ses personnages des harangues et des
lettres. Cette Chronique abonde en récits dramatiques de
l'effet le plus pittoresque.
Nous ne saurions oublier ici le juif
Rabbi Santo, de Carrion, qui florissait vers 1360. Parmi les ouvrages en
vers mis sous son nom, deux sont authentiques : Consejos y documentos
al rey D. Pedro, et Danza general de la Muerte. Dans le premier,
le style offre un commencement d'élégance. Le second traite,
d'après un original français, cette allégorie funèbre
si chère au Moyen âge ,
la Danse des morts .
Citons encore un Poème de Joseph,
probablement composé par un Maure, resté en Castille
après l'expulsion de ses compatriotes; il est en langue
castillane, mais écrit en caractères arabes. Le Joseph
dont il s'agit est celui dont le
Coran
(chap. XI) renferme l'histoire plus courte et beaucoup moins dramatique
que celle du Joseph
de la Bible .
En résumé, les écrivains
du XIVe siècle manquent encore d'élégance
et d'harmonie, mais ils sont exempts de ces faux brillants qui dépareront
plus tard la littérature espagnole,
même à l'époque de sa gloire. L'aimable simplicité
de leurs écrits, la naïveté forte et substantielle du
style, en font aisément pardonner la rudesse.
XVe
siècle.
Le XVe
siècle vit la réunion de l'Aragon
et de la Castille ,
et la formation de la nationalité espagnole. Les esprits en reçurent
un essor immense. La découverte d'un monde nouveau ( La
Découverte de l'Amérique )
et l'arrivée des savants fugitifs de Constantinople ,
prise par les Turcs, amenèrent
aussi un déploiement d'activité fertile en résultats
de toute espèce. En littérature, toutefois, le XVe
siècle a été un temps de préparation et de
transition : l'Espagne
cherche encore son identité, et, durant tout ce siècle, est
dominée par la triple influence de l'Antiquité ,
de la Provence
et de l'Italie .
Le marquis Henri
de Villena, fidèle représentant des tendances érudites
de son siècle, est moins remarquable comme auteur que comme initiateur
et propagateur. II n'a composé que deux ouvrages originaux : l'Art
de l'écuyer tranchant, et les Travaux d'Hercule ,
mais il fit passer dans la langue espagnole
la Rhétorique de Cicéron,
la Pharsale
de Lucain, l'Enéide
de Virgile et la Divine Comédie
de Dante. Barcelone
lui dut la restauration de l'Institut de la gaie science. Il s'occupait
de philosophie ,
de mathématiques ,
d'astrologie ,
en même temps que de poésie et
d'histoire, et sa science passa pour magie .
Une précieuse bibliothèque qu'il avait formée fut
brûlée après sa mort comme oeuvre du Diable .
Le roi de Castille '
Jean II favorisa aussi les lettres et les arts : il versifiait à
l'imitation des Troubadours. Son exemple
fit naître une foule de poètes. Un juif
converti, Alphonse de Baena, fit des productions de ces rimeurs une collection
devenue célèbre sous le nom de Cancionero,
et qui montre que l'inspiration provençale animait alors toute la
poésie castillane. On y trouve, en partie, les oeuvres du marquis
de Santillana, initié par Villena aux
règles de la poésie des Provençaux, qu'il imita dans
les ouvrages de sa jeunesse (Canciones y Decires), dans ses Questions
(Preguntas), mais surtout dans ses Serranillas ou Montagnardes
véritable calque des pastourelles
provençales. On doit noter aussi chez lui l'influence italienne,
manifeste dans ses Sonnets. Il imita Dante
dans une Comedieta de Ponza, le plus important de ses ouvrages,
espèce de drame qui a pour sujet la bataille navale de ce nom, perdue
par les rois d'Aragon
et de Navarre
contre les Génois. Le véritable
talent du marquis de Santillana se montre surtout dans ses ouvrages originaux.
Le tour sentencieux, particulier à la littérature espagnole;
se rencontre dans deux compositions en vers du marquis, le Dialogue
de Bias et de la Fortune, et le poème sur la chute du connétable
Alvaro
de Luna. Dans la première, l'auteur développe, avec une
grâce qui n'exclut pas la vigueur, la doctrine des Stoïciens
sur la vanité des choses d'ici-bas. Le plus caractéristique
des ouvrages de Santillana est un recueil de Proverbes, formé
pour l'instruction de l'héritier présomptif de Jean Il, et
qui, renfermant cent couplets, porte quelquefois le nom de Centiloquio.
Enfin, le connétable de Portugal
ayant demandé à Santillana un exemplaire de ses poésies,
il le lui envoya avec une Lettre en
manière d'Introduction, qui contient un curieux résumé
des principes de la gaie science, et une notice raisonnée
sur tous les poètes espagnols antérieurs au marquis ou ses
contemporains à l'étranger; cette Lettre forme le
plus important document que nous ayons sur les premiers temps de la poésie
espagnole, ainsi que sur la littérature de l'Europe
méridionale au Moyen âge .
Le XVe
siècle fut encore une époque d'érudition, d'imitation
de l'Antiquité .
Le cardinal Carillo de Albornoz, archevêque
de Tolède,
pendant un séjour en Italie ,
avait fondé à Bologne,
en 1364, le collège de Saint-Clément pour les étudiants
espagnols, et qui s'est maintenu jusqu'à l'époque contemporaine.
II en résulta que la langue espagnole fut envahie par une foule
de vocables latins, qui remplacèrent des termes plus anciens, la
plupart tirés de l'arabe, et perdit,
en outre, de la liberté de son allure, par la manie des écrivains
à calquer les constructions du latin.
Cette imitation étouffa l'élan poétique des auteurs,
et le faussa en le dévoyant. Juan de Mena était né
poète : on le voit à l'accent énergique de ses vers
dès qu'il rencontre un des grands souvenirs de l'Espagne ,
et au sentiment fondamental qui inspira son Laberinto o las Trecientas;
mais, étourdi de la renommée de Dante,
il ne croit pouvoir mieux faire que de le prendre pour modèle :
il imagine une Vision, où trois cercles, figurant le passé,
le présent et l'avenir, tournent en touchant successivement aux
sept planètes; les personnages principaux de l'histoire apparaissent
devant lui, et la providence lui explique leurs aventures. On trouve, dans
cette conception bizarre, quand le poète raconte le trépas
de d'Avalos ou la mort tragique du comte de Niebla, des accents patriotiques
qui sont demeurés populaires en Espagne.
Jorge Manrique
résista au torrent qui poussait les poètes de son temps
vers l'imitation étrangère. Son oeuvre magistrale est une
élégie
de 500 vers environ, monument élevé à la mémoire
de son père, et où il comprend dans ses regrets beaucoup
de personnages célèbres de son temps.
Parmi la foule de poètes qui parurent
sous le règne de Jean II, et dont les poésies, dans le goût
provençal, remplissent les Cancioneros
de Baena, de Stuñiga, de Martin de Burgos, et le Cancionero general
de Castille ,
nous mentionnerons Pedro Ferrus, Villasandino, Francisco Imperial, Rodriguez
del Padron, Pedro Gomez de Manrique, Urrea Marias et Enamorado, et surtout
Juan de Padilla, surnommé el Cartujano ( = le Chartreux),
parce qu'il fut moine à la chartreuse de Santa-Maria de las Cuevas,
à Séville.
Disciple de l'école du marquis de Santillana, Juan de Padilla écrivit
les Douze triomphes des douze apôtres, oeuvre qui, plus encore
que le Labyrinthe de Juan de Mena, accuse cette intempérance
d'imagination, cet abus du fantastique,
qui deviendra si important dans la littérature espagnole.
Les prosateurs du XVe
siècle, moins nombreux que les poètes, leur sont infiniment
supérieurs : les esprits sont droits et les âmes vigoureuses.
La plupart de ces prosateurs sont des hommes d'État ou des hommes
de guerre, qui mettent à profit le repos de leur vieillesse ou les
loisirs d'une retraite prématurée, pour transmettre
à la postérité leur jugement sur les humains et les
choses de leur temps. Fernand Gomez, médecin de la chambre
de Jean II, est auteur d'un recueil de Lettres,
sous le titre de Centon epistolario, à cause du nombre
de 105 lettres dont il est composé. Ces Lettres sont
d'une grande importance historique, et le style en est naturel,
incisif, et plein de saillies. On croit que ce n'est qu'un pastiche
sous un nom supposé.
Fernand Perez de Guzman,
neveu du chancelier
Ayala et du marquis de Santillana,
débuta par des poésies d'amour, puis écrivit des poèmes
allégoriques
sur les vertus cardinales, sur les sept péchés capitaux,
sur les sept oeuvres de miséricorde, tous d'un détestable
goût. Il se montre mieux inspiré dans ses Eloges des hommes
illustres de l'Espagne, prélude de son meilleur ouvrage,
Lignages
et Portraits, qui sont 34 biographies
des principaux personnages de son temps, à l'imitation des Hommes
illustres
de Plutarque. Ces portraits sont tracés
en style grave, nerveux, concis, parsemé de réflexions vigoureuses
et originales. Enfin Perez de Guzman a remanié et continué
la Chronique de Jean Il, de Juan de Mena.
Alonzo de la Torre, qui vivait à
la cour de Navarre ,
écrivit, pour l'instruction du prince de Viane, une oeuvre doctrinale,
la
Vision deleitable, allégorie où figurent la Grammaire,
la Logique, la Musique, l'astrologie, la Vérité, la Raison
et la Nature; son but est de déterminer la fin de chaque science
par la nature des objets dont elle s'occupe. Le livre se divise en deux
parties : la première traite des arts libéraux et des sciences
naturelles; la seconde, de philosophie morale, économique et politique.
Le style en est facile et assez élégant.
Fernando del Pulgar,
chargé d'emplois importants sous Henri IV, secrétaire et
historiographe de Ferdinand et Isabelle,
a laisse la Chronique de ce règne et deux ouvrages estimés,
les Claros varones de Castilla, et des Lettres adressées
à la reine et à d'autres grands personnages; son style est
simple, correct, concis, élégant; il peint les caractères
en traits vigoureux, sans aigreur ni flatterie, et montre beaucoup de jugement
et de raison. C'est l'écrivain de son temps qui dit les choses les
plus sérieuses avec le plus de délicatesse, et les plus importantes
avec le plus d'élégance.
Les prosateurs du XVe
siècle montrèrent un goût particulier pour les travaux
historiques. A côté des Chroniques déjà
citées, il faut mentionner celle de don Pedro Niño, comte
de Buelna, oeuvre de Gutierre Diaz de Gamea, et surtout celle d'Alvaro
de Luna, composée par Alvarez Garcia de Santa-Maria, écrivain
d'un mérite supérieur.
La tragi-comédie
de la Célestine
complète la revue générale de la littérature
espagnole au XVe siècle.
(E. Baret). |
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