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Décembre 2006
En vitrine

Rodolphe de Koninck, Le poids du monde, évolution et hégémonies planétaires, Presses de l'Université du Québec, 2006.
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Par stratégie délibérée ou non, les grandes puissances se font compétition sur les marchés du monde, et pas seulement sur les seuls marchés économiques, alors que se dessinent et se redessinent sans cesse des réseaux d’influence. Alors que la mondialisation contribue à associer de plus en plus étroitement les pays et régions, pour le meilleur et pour le pire, leurs destins respectifs apparaissent largement liés au poids relatif que les uns et les autres exercent sur la scène mondiale.

Cet ouvrage analyse, à l’aide d’une cartographie et d’une représentation statistique systématiques et rigoureuses, l’évolution de ces poids relatifs depuis le début des années 1980. Une attention toute particulière est accordée à l’hégémonie des poids lourds, à la position qu’ils occupent sur tel ou tel marché, que ce soit celui des céréales, du pétrole, de l’acier ou des armements. Progressivement, un portrait dynamique est dressé des positions changeantes occupées par les poids lourds. Est ainsi identifiée une série de processus, parmi lesquels il faut compter la marchandisation accrue du monde et en parallèle la croissance des inégalités. Apparaissent également la montée fulgurante du poids des économies asiatiques et la tripolarisation dumonde, autour de l’Amérique du Nord, l’Europe des 25 et l’Asie orientale. Dans cette affaire, l’hyper puissance des États-Unis ne se manifeste plus, de façon hégémonique, que dans le domaine militaire, la Russie effectuant un repli sans doute temporaire et l’Afrique semblant s’enfoncer dans la marginalisation. (couv.).



Bernard Maris, Antimanuel d'économie (1- les fourmis), rééd. Bréal, 2006.
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Peut-on échapper à l'économie? Elle imprègne fortement le sport, le sexe et la guerre; elle engage le quotidien de la ménagère comme celui du manager. La "marchandisation de la vie" devient l'hymne de l'époque, et les économistes sont ses farauds apôtres, capitaines autoproclamés à la proue du "progrès" de l'humanité. Le rationnel est leur sextant, le quantifiable est leur boussole. Entre toi de la jungle et productivisme acharné, cartels et stock-options, la statistique quadrille leur parcours. Des kilos d'équations lestent leur "raison raisonnante". Tout juste admettent-ils qu'une main invisible leur vient parfois en aide, altruiste ou impérieuse selon les cas. C'est oublier que l'homme n'est pas, mais alors pas du tout, rationnel. Et que l'économie est avant tout une réflexion sur le partage. Qui regarde le gâteau, qui tient le couteau? Une autre économie est-elle possible? L'esperanto économique est-il le jargon d'une science dure, le sabir d'une science motte, ou le cache-misère d'une science nulle? Traquant les fioritures et les pseudo-concepts, cet Antimanuel permet à chacun de s'armer pour comprendre la harangue des chefs de la guerre économique. Car dans le monde des comptes, il ne faut pas s'en laisser conter. Sur un ton léger mais incisif, Bernard Maris convoque tour à tour des économistes, de Keynes à Stiglitz, mais aussi, plus inattendus, des philosophes ou des romanciers : Montesquieu, Swift, Jarry, Maupassant, Orwell ou Houellebecq... Ensemble, ils posent enfin un regard neuf sur une discipline réputée austère et répondent à des questions fondamentales : qu'est-ce que la valeur? la monnaie? la richesse? La croissance est-elle une vertu ? Qui osera désormais dire que l'économie est ennuyeuse? (couv.).



Bruno Lieser, Les années Schroeder, Ellipses Marketing, 2006.
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Incontestablement, le passage du Chancelier Gerhard Schröder aux affaires aura transformé la RFA de façon durable. Entre 1998 et 2005, ses deux gouvernements ont marqué l'avènement d'une "République de Berlin" plus sûre d'elle-même et moins modeste sur le plan international. La coalition rouge-verte, constellation politique jusque-là inédite en Allemagne, a fait subir au pays des mutations profondes, et accompagné la nécessaire et difficile adaptation du "modèle rhénan" aux réalités du XXIe siècle. (couv.).



Alain Lequien, Vauban, le Bourguignon, Editions de Bourgogne, 2006.
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Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707) aurait pu rester toute sa vie à gérer sa propriété de Bazoches, à l’orée du Morvan, s’il n’avait été emporté par sa passion pour les affaires militaires, d’abord dans les rangs du prince de Condé, gouverneur de la Bourgogne, puis au service du roi Louis XIV. Ingénieur et urbaniste, humaniste et réformateur, Vauban s’employa, sous les ordres de Colbert, puis de Louvois, à diriger plus de cinquante sièges, et à consolider ou construire plus de deux cents place fortes, dont certaines font encore l’admiration des stratèges et des historiens du monde entier. Maréchal de France, Vauban multiplia aussi les projets de réforme politique, sociale, religieuse, fiscale, dont l’audace finit par déplaire au Roi Soleil. Mort en disgrâce, il sera réhabilité, un siècle plus tard, par Napoléon Ier.
A l’aube de l’année Vauban, ce livre entend présenter la vie et l’œuvre d’un Bourguignon hors du commun qui fut l’un des précurseurs du siècle des Lumières. (couv.).

Mario Colonel, Cévennes, Alcide, 2006.
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Au gré des saisons, en hélicoptère ou à pied, Mario Colonel explore l'univers cévenol dont il restitue les sensations avec une lumineuse justesse.
Photographe internationalement reconnu, Mario Colonel est membre des éditions Pêcheurs d'Images, aux côtés de Yann Arthus-Bertrand et Philip Plisson, et associé de l'agence américaine Aurora. Passionné de montagne et alpiniste chevronné, il concentre son œuvre sur les massifs du Mont-Blanc et de l'Himalaya.
Séduit par les Cévennes, Mario Colonel prolonge aujourd'hui son travail dans cet univers qui correspond si bien à la philosophie de sa photographie : pour la nature, pour un certain rapport de l'homme à la nature, pour susciter curiosité et émerveillement. "Je reste convaincu qu'il y a un message à faire passer : la nature, l'humilité qu'elle impose, ce rapport presque mystique qui nous ramène à ce que nous sommes. Il faut que les gens se remémorent ce rapport de l'homme à la montagne, cette grande histoire. C'est elle qu'il faut transmettre." On ne pouvait mieux montrer les Cévennes qu'à travers cette conviction.
Cet ouvrage a bénéficié d'une réalisation particulièrement soignée et généralement réservée aux livres d'art : le traitement spécifique des photographies met plus encore en valeur le travail extraordinaire de ce photographe d'exception. (couv.).



Frantz-E. Petiteau, Contes, légendes et récits de la Vallée d'Aure, Alan Sutton, 2006.



J.-P.Deffontaines et al., Petit guide de l'observation du paysage, Quae, 2006
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Si le paysage est visible par tous, sa lecture suppose une attention particulière. Ce petit guide est un compagnon de l'observateur pour lui suggérer quelques repères qui sont autant de points de passage dans son itinéraire d'observation. Les auteurs de ce guide, un géologue, un botaniste, un agronome et un enseignant agriculteur, ont croisé leurs savoirs et associé leurs compétences.(couv.).


Pierre Martin, Ces risques qu'on dit naturels, réed. Eyrolles, 2006.
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Phénomènes naturels, météorites, volcans, séismes, tsunamis, tempêtes, crues, mouvements de terrains... sont autant de risques dits naturels, influencés toutefois par nos aménagements et nos ouvrages, nos décisions et nos comportements nuisibles à l'environnement. L'objet de ce livre est de montrer que les actions et les moyens rationnels dont nous disposons pour prévenir les effets de ces phénomènes naturels sont nombreux, variés et efficaces. Chaque risque est donc présenté ici sous ses aspects scientifique et humain : les moyens de l'étudier, de le prévenir, de s'en protéger et si possible de le prévoir sont analysés. Ce guide, véritable référence en la matière, s'adresse à toute personne intéressée par ces phénomènes, aux spécialistes de l'environnement, de l'aménagement, aux professionnels de la construction, aux juristes, aux administrateurs, aux collectivités territoriales, etc. Il répond de manière efficace à la question que vous vous posez sûrement : que risque-t-on en France? (couv.).



Collectif, L'homme et la planète, Le Layeur, 2006.

Un tour d'horizon des défis auxquels doit faire face la planète pendant les décennies à venir, à partir des constats et des contributions des divers intervenants au colloque Grand angle du 17 mai 2006. Des interventions de Yves Chauvin à Augustin Berque, de J-Louis Etienne à Claude Lorius, le livre rassemble les interventions des scientifiques sur les questions clés et grandes interrogations du moment. (couv.).



Jacques Masurel, L'affaire Lipowski, une enquête climatiquement incorrecte, Aubin, 2006.



Michael Esfeld, Philosophie des sciences, une introduction, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2006. 
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Cet ouvrage est une introduction à la philosophie des sciences qui se veut accessible aux étudiants. Il résume l'état actuel de la connaissance, en présentant les différents concepts et en proposant une évaluation des résultats fondés et des questions majeures qui restent ouvertes. Il vise à contribuer au développement d'une nouvelle philosophie de la nature qui prend en considération les théories scientifiques, cherchant à élaborer sur leur base une vision de l'ensemble de la nature : il utilise à cet effet les outils conceptuels de la philosophie analytique. La première partie de l'ouvrage dresse un bilan du débat entre l'empirisme logique et ses critiques. La deuxième partie, la partie principale, présente les principaux sujets de la métaphysique de la nature. La troisième partie traite le rapport entre le niveau de la physique fondamentale et les autres échelles (niveaux des molécules, des organismes, des êtres vivants développés, etc.). Chaque chapitre contient un appareil pédagogique avec résumé, questions d'évaluation et propositions de travail, et l'ouvrage est complété par un glossaire et une bibliographie exhaustive : il est donc tout particulièrement adapté à un support à un cours. (couv.).

Les peintures magistrales de Van Gogh, Citadelles et Mazenod, 2006.
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Après le succès des Dessins de Van Gogh, voici un nouveau volume consacré aux 100 plus belles peintures de Vincent Van Gogh.
Célèbre dans le monde entier, Vincent Van Gogh continue d'exercer une fascination indéniable. Cet ouvrage explorant les peintures de l'artiste a été conçu comme le pendant des Dessins de Van Gogh de Sjraar van Heugten. Il offre au lecteur une sélection des chef-d'oeuvres les plus inoubliables de Van Gogh, ainsi que quelques exemples de peintures moins connues, provenant pour la plupart de la collection du Musée Van Gogh d'Amsterdam. L'ouvrage explore le travail de l'artiste en le replaçant dans le contexte de sa courte mais brillante carrière. Malgré de nombreuses périodes d'isolation, Van Gogh était activement engagé dans la vie artistique et les idées de son temps.

Le pinceau de Van Gogh était guidé par une intelligence remarquable et agitée, qui s'exprimait également dans la correspondance assidue qu'il entretenait avec sa famille et ses amis. Ces documents constituent l'une des sources d'archives les plus importantes de l'art du XIXè siècle, et le fil conducteur de cette étude.
L'auteur nous présente le Van Gogh cosmopolite, combinant dans ses oeuvres la tradition et ses expériences personnelles, mélangées à l'héritage de sa Hollande natale et aux apports de l'Angleterre victorienne. Après avoir assimilé tous ces apports, il a su imposer sa propre marque sur la peinture française, à l'une de ses plus riches périodes. (couv.).



P. Georgel, Le musée L'Orangerie, Gallimard, 2006.
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"Unique en son genre" c'est ainsi que six grands intellectuels mobilisés pour sa sauvegarde qualifiaient, dans une tribune du Monde, le musée choisi et aménagé par Claude Monet pour en faire l'écrin de son chef-d'œuvre "testamentaire". Pierre Georgel retrace et analyse dans ce petit livre - complété par deux autres de la même série - la suite de bonnes et mauvaises fortunes par laquelle la boîte de pierre édifiée sous Napoléon III à l'extrémité du jardin des Tuileries passa de l'état d'orangerie à celui de musée, et d'une maigre fréquentation à une sorte de plébiscite permanent. Chemin faisant, il donne un aperçu de ce qui fait l'originalité des deux ensembles formant diptyque qui font la gloire de l'Orangerie : les Nymphéas, "asile d'une méditation paisible" offert à l'homme moderne aux "nerfs surmenés", et la splendide Collection Jean Walter et Paul Guillaume, dont le fondateur rêvait de faire "le premier musée français d'art moderne". (couv.)



Mikaël Nichanian, Le monde byzantin, économie et société, (Capes/Agrég.), Sedes, 2006.
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Les civilisations se forgent dans les crises et Byzance au VIIe siècle vit la grande crise de son histoire. L'empire, romain et chrétien, échappe alors de peu à la disparition complète. Grâce à ses atouts, son armée, son Etat et une idéologie solide, l'empire connaît un rétablissement économique et social inespéré. Etat le plus faible de la Méditerranée en 800, il redevient le plus puissant et le plus prometteur au XIe siècle jusqu'à l'arrivée de nouveaux conquérants, orientaux en 1071, occidentaux en 1204. (couv.).



Jules B. Farber, Les Juifs du pape en Provence, rééd. Actes Sud, 2006. 
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De l'Espagne à Avignon, la route est balisée de vestiges laissés par ceux qui allaient devenir les Juifs du pape. Présents avec les Romains, les Juifs s'établissent en Gaule dès le Ier siècle avant Jésus-Christ dans des villes comme Marseille où Lunel. Au cours des siècles, leur situation se détériore. Frappées d'expulsion au Moyen Age, les petites communautés se sont pourtant maintenues en Languedoc et en Provence, en particulier dans le Comtat venaissin, propriété des papes jusqu'en 1791. (couv.).



Boussif Ouasti, Rihla d'Ibn Battuta, voyageur et écrivain marocain, L'Harmattan, 2006.

A la mort de Marco Polo, le globe-trotter marocain Ibn Battûta s'aventure dans un tour du Monde musulman avant de faire rédiger sa Rihla problématique. Son récit de voyage initiatique, à couleur baroque, se présente sous forme d'un polysystème littéraire ouvert, fondé sur le réalisme pris sur le vif, l'exotisme des merveilles légendaires de l'univers oriental fabuleux, un rare dialogisme culturel et une dimension esthétique affirmée. (couv.).



Christian Datz, Christof Kullmann, Ultimate London design, (en anglais), Te Neues Gb, 2006.
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Cet ouvrage en anglais traite de tout ce qui concerne les dernières tendances du design à Londres. cela va de l'architecture à la mode, en passant par les espaces culturels, résidentiels ou même commerciaux.

André Damany, Pierre Curie, Frédéric Joliot-Curie, origine de leur famille, La Compagnie littéraire, 2006.
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L'année 2006 a marqué le centième anniversaire de la mort accidentelle de Pierre Curie. Ce triste et pénible événement provoquait la même année le premier cours en Sorbonne de Marie Curie. En 1956, il y a cinquante ans, une grave maladie enlevait Irène Joliot-Curie - fille de Pierre et Marie - à sa famille, à ses amis et à ses collaborateurs alors quelle dirigeait la construction d'un nouveau laboratoire à Orsay. Frédéric, son époux, poursuivra cette réalisation encore deux ans avant de disparaître à son tour. Ces savants, scientifiques mondialement connus auxquels il faut ajouter Paul Langevin, ont également été attentifs à leurs concitoyens. Il suffit de voir la position du Docteur Eugène Curie face à la Commune de Paris, l'engagement de Marie ou de sa fille Irène lors de la Première Guerre mondiale, ou encore pour le Front Populaire, sans oublier Frédéric Joliot, résistant actif pendant la libération de Paris aux côtés des FFI de Rol-Tanguy. Ce livre permettra à tous ceux qui le souhaitent de mieux connaître ces personnalités attachantes, j'espère qu'il suscitera aussi l'envie d'apprendre, de comprendre, d'aller vers la Recherche, de faire naître des vocations pour les métiers scientifiques. (couv.).



Dork Zabunyan, Gilles Deleuze : voir, parler, penser au risque du cinéma, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2006.



Eric Van der Schuerr, Emmanuel Bury, Charles Sorel, polygraphe, Presses de l'Université de Laval, 2006.
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Charles Sorel est un auteur prolifique, dont l'œuvre est tout autant pléthorique, au nom d'un combat qu'il jugeait juste, que protéiforme du fait d'un réel talent. Encyclopédiste! Certes, il n'aurait pas renié le qualificatif puisqu'il a tenu pour sa maîtresse œuvre une vaste compilation des savoirs scientifiques passés au crible de la raison moderne - celle de Francis Bacon et de son souci de l'expérience. Mais il est avant tout un prosateur polygraphe, alors qu'il a traqué les faussetés de la poésie de son temps et du legs gréco-latin et humaniste, en même temps qu'il aura dévalué les romans épiques et pastoraux. Polygraphe, voire polyphoniste, il l'a été en divers genres, de l'historiographie royale à la critique littéraire, du roman comique à l'utopie allégorique, de la somme scientifique aux pièces galantes. On en oublierait un détail : Charles Sorel est un auteur du XVIIe siècle, mais il n'a rien de classique, dans toutes les connotations que le mot traîne après lui. C'est un polygraphe donc qui survient comme un coin porté dans l'image roide que suppose le simple terme de classicisme. Cet auteur, décalé et incongru - sans doute oublié longtemps pour cela - au milieu des fastes glacés de la raison et de la clarté prétendument louis-quatorziennes, jouit à présent d'une réelle notoriété reconquise sur le discrédit et les anathèmes faciles, parmi les spécialistes des lettres de l'âge classique. C'est un juste retour d'intérêt. Les actes ici rassemblés participent de cette réévaluation, mais surtout ils sont de toute évidence fondateurs des études à venir sur l'une des figures les plus originales et complexes du XVIIe siècle français, ne serait-ce que pour l'avoir saisie à l'aune du schème qui en fait toute sa variété et toute sa richesse. Charles Sorel a modulé des vérités difficiles à entendre, des impertinences inacceptables, des dysphonies irritantes dans le concert classique des Muses et des savoirs de son temps, au travers de tous les genres prosaïques ; il a réussi à faire percer cette leçon trop injustement enfouie qu'il y a une vraie raison à vouloir être toujours jeune, rieur, curieux et critique ; c'était ce que l'on appelait le libertinage érudit : toutefois cette appellation un tantinet neutralisante de vraies et encombrantes audaces risquait de faire oublier combien l'histoire entendait endormir, sinon étouffer, de telles enfances qui la condamnerait, si elles devaient dominer, à se penser autrement que comme un cénotaphe d'autorités marmoréennes et écrasantes. (couv.).



Jean Baudrillard, Le complot de l'art, illusion et désillusion, rééd. Sens et Tonka, 2006.



Marianne Loison, Légumes anciens, saveurs nouvelles, France agricole, 2006.
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L'ouvrage présente plus de 80 sortes de plantes comestibles oubliées ou délaissées. L'auteur explique pour chacune d'elles, l'origine, la culture et la préparation. La redécouverte des légumes anciens a débuté il y a une vingtaine d'années, à l'initiative de jardiniers, de pépiniéristes et d'ethnobotanistes. Qu'ils soient remerciés car ils ont permis de faire revivre des espèces et variétés en voie de disparition, et surtout, de nous les faire connaître. Si bon nombre d'entre elles ont été oubliées, ce n'est pas à cause de leur manque d'intérêt, mais plutôt en raison du savoir-faire perdu, de la difficulté de trouver des graines, et aussi, du fait qu'elles restent méconnues. S'il faut les réhabiliter, c'est avant tout par gourmandise car leur diversité révèle en effet une infinie variété de saveurs et de textures à explorer. On y trouve des aliments pour toutes saisons : racines à récolter qu'il neige ou qu'il vente, légumes feuillus qui résistent au froid, légumineuses, courges et les petites herbes condimentaires qui donnaient autrefois piquant et parfum, comme l'ache, le carvi, le raifort... L'histoire de ces légumes est finalement un long voyage à travers le temps, dans nos potagers comme sur nos tables. L'alimentation des peuples, fait dit-on, partie de leur culture. C'est pourquoi, nous souhaitons, aux lecteurs de cet ouvrage, autant de plaisir dans l'assiette que de satisfaction de l'esprit. (couv.).

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