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Septembre 2006
En vitrine

Paul Starosta, Teddy Moncuit, Amphibiens, Le Seuil, 2006.
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Singulier, diversifié, familier, insolite et bruyant, tel est le monde des amphibiens. Qu'il interpelle, séduise ou déplaise, il réunit tous les paradoxes et ne laisse jamais insensible. Présents sur Terre depuis 360 millions d'années, les amphibiens ont été les premiers animaux à quatre pattes et les pionniers de la conquête des terres émergées. Qu'ils soient aquatiques, terrestres ou arboricoles, les grenouilles, crapauds, tritons ou salamandres de notre enfance, ne sont que les pâles représentants d'un univers d'une richesse infinie.

Illustré par les clichés rares, esthétiques et inattendus de Paul Starosta, ce livre nous dévoile des créatures fascinantes, aux anatomies surréalistes et aux couleurs extravagantes. Teddy Moncuit nous raconte avec justesse et passion, leur fantastique stratégie d'adaptation, dévoilant des aspects méconnus, surprenants, voir tragiques de leur vie d'exception. Ce cocktail de deux passionnés est d'abord un hymne à la vie et la beauté animale, réhabilitant de façon poétique une faune souvent occultée. Mais il est avant tout une reconnaissance sans faille envers une nature artiste, prodigue en formes, couleurs, ingéniosités; inspirant respect, reconnaissance et réflexion. (couv.).



Olivier Manneville, Le monde des tourbières et des marais, Delachaux et Niestlé, 2006.


J.-M.Lévy-Leblond, De la matière, Le Seuil, 2006.
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Cet ouvrage reprend trois conférences, données au Collège de la Cité des sciences et de l'industrie, sur les conceptions que la science moderne se fait de la matière. Il traite plus particulièrement de l'impact sur ces conceptions des révolutions quantiques et relativistes qu'a connues la physique au début du XXe siècle. L'accent y est mis sur la nouveauté et l'originalité des idées plutôt que sur les détails de la connaissance des objets ou sur le travail expérimental qui a révélé ces objets et permis d'élaborer ces idées. 

La visée de l'ouvrage est donc à la fois culturelle - évitant tout recours au formalisme et privilégiant les concepts, il s'adresse à un lectorat cultivé mais nullement spécialisé -, et épistémologique - il entend fournir à ce lectorat une vision originale des concepts de la physique moderne, plus claire que les présentations usuelles trop souvent prisonnières de contingences historiques dépassées.

La première partie expose les bouleversements apportés par la théorie à notre représentation des objets physiques élémentaires, qui ne peuvent plus être considérés comme des «particules», ni d'ailleurs comme des ondes.
La seconde partie traite de la façon dont la relativité einsteinienne, transformant radicalement nos idées sur l'espace et le temps, modifie aussi les notions dynamiques que nous attribuons aux objets physiques, notamment celles de masse et d'énergie.

La troisième partie montre comment, dans un cadre quantique et relativiste, les interactions entre objets matériels acquièrent une complexité et une plasticité très supérieures à la description classique en termes de forces.

On examine en conclusion les limitations imposées à la physique fondamentale contemporaine par son contexte social et économique.

Le texte de ces conférences, quoique largement repris à partir de leur enregistrement, garde la trace de cette origine, de façon à conserver, on l'espère, quelque chose de la vivacité qui a animé la présentation orale. (couv.).


Jean Heyvaerts, Astrophysique, étoiles, univers et relativité, (licence,master) Dunod, 2006.
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L'astrophysique a pour objet de comprendre la physique de l'origine, de la structure et de l'évolution des objets de l'Univers. Cet ouvrage donne une vision globale des principaux objets astrophysiques - des étoiles à l'Univers - etétablit la synthèse entre leur nature, d'une part, et leur description et interprétation physique d'autre part. Cette complémentarité est l'un des attraits que peut présenter l'astrophysique pour qui étudie la physique. 

Le livre propose, pour chaque aspect de la physique mis en oeuvre, une présentation succincte qui ne requiert comme connaissances préalables que les lois fondamentales de la dynamique et de la mécanique quantique. Des exercices corrigés, à lafin de chaque chapitre, permettent à l'étudiant de valider les principes de la physique appliqués à l'astrophysique. (couv.).


Jean Boutier, Atlas de l'histoire de France (la France moderne), Autrement, 2006.
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Pour comprendre l'histoire d'une nation, il faut comprendre la formation de son territoire. Cet Atlas de l'Histoire de France retrace en trois tomes l'histoire des Français, "en suivant les différentes étapes de la construction d'un espace politiquement organisé" comme l'explique le directeur de la publication, Jean Boutier, dans son introduction.

Ce deuxième volume, La France moderne XVIe-XIXe siècle décrit en plus de 100 cartes l'affirmation du royaume de France et son renforcement continu. (couv.)


Jean Favier, Les papes d'Avignon, Fayard, 2006.
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De 1309 à 1376, la papauté a résidé à Avignon, cas absolument unique dans l'histoire. Il s'agissait pour le pouvoir pontifical de se soustraire aux luttes d'influence favorisées par le champ clos que constituait l'Italie. Devant se réorganiser, loger la curie, la papauté a réformé, construit, faisant appel à quelques-uns des plus grands architectes et artistes du temps, attirant à Avignon des activités économiques, des écoles et avec celles-ci des intellectuels. C'est un legs considérable pour la France qui, au XXe siècle, a fait de cette ville un lieu touristique et le siège du plus célèbre festival de théâtre du monde. (couv.).


Pierre Riché, Gerbert d'Aurillac, Fayard, 2006.


Collectif, L'éthique d'Albert Schweitzer, J. Do Bentinger Ed., 2006.
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L'année 2005 a marqué à la fois le 130ème anniversaire de la naissance et le 40ème anniversaire de la mort d'Albert Schweitzer, Prix Nobel de la Paix 1952.
Ce médecin, théologien, philosophe, musicien alsacien a défini le principe éthique du Respect de la Vie et a essayé de le vivre et de le promouvoir durant toute sa vie.

C'est dans ce contexte que le CSRES, Centre de Sociologie des Religions et d'Ethique Sociale de la Faculté Protestante de Strasbourg a organisé les 18 et 19 Novembre 2005 un Colloque international consacré à l'actualité du respect de la vie.

Les grandes questions éthiques actuelles en rapport avec la vie ont été passées en revue, que cette vie soit humaine, animale ou végétale, par différents scientifiques reconnus.

Des théologiens et philosophes ont donné un éclairage critique des notions de vie, de respect de la vie et d'éthique de la responsabilité.

La seconde génération est intervenue pour évoquer la réception de l'héritage de Schweitzer à Lambaréné. L'hôpital est devenu une institution-phare dans le pays, voire sur le continent africain tout entier. Et si c'était la preuve que le principe éthique du eespect de la vie n'a rien perdu de sa valeur et de son impact et qu'il est bien toujours opérationnel ?

Dans un univers désenchanté et en perte de repères, nos contemporains sont en quête de sens et donc aussi en recherche de grandes figures et d'exemples d'humanité : pour beaucoup de personnes sur les cinq continents, Albert Schweitzer, est et reste une de ces figures. (couv.).

Alberto Manguel, Au pays des jouets, Xavier Barral, 2006
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Au Pays des jouets, Cent ans d'aventures est un voyage à travers les jouets dans l'univers de la chambre d'enfant de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours.

Mis en scène dans des décors spécialement construits pour ce livre, plus de 500 jouets, parmi les plus beaux et les plus rares d'une des plus grandes collections européenne, deviennent les acteurs de saynettes tour à tour cocasses, drôles, inquiétantes et poétiques. Ils renvoient aussi à l'imaginaire de l'enfant, à l'intimité de la chambre et du jeu, à la magie du simulacre.

L'ensemble de ces photographies constitue un formidable condensé du XXe siècle : elles font écho à l'évolution de la société et des modes de vie, aux progrès techniques et aux découvertes scientifiques, ainsi qu'aux grands moments de l'histoire.

Dans un texte inédit, Alberto Manguel nous raconte des histoires qui mêlent réel et imaginaire, vérité et fiction et nous invitent à un grand voyage ludique.

Ce livre onirique s'adresse aussi bien aux enfants qu'à tous ceux que fascine le merveilleux du jeu et de l'enfance. (couv.).


Alain Rey,  Antoine Furetière, un pércurseur des Lumières, sous Louis XIV, Fayard, 2006.
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Homme de Loi par intérêt, homme d'Eglise par conviction, mais aussi pour vivre mieux, amoureux cynique, écrivain par plaisir, Antoine Furetière est l'un des premiers, en France, à avoir voulu faire de la littérature une profession. Son ambition le conduisit à l'" immortalité " académique; sa passion des mots le mena au scandale et, par son exclusion, au retour douloureux vers le sort des mortels. Mais les beautés curieuses de son dictionnaire lui valurent post mortem une immortalité plus réelle. Poète satirique et burlesque oublié, créateur négligé de l'Antiroman, il fut le premier encyclopédiste de la langue française, préparant l'esprit des Lumières et le regard critique de Pierre Bayle, qui sut reconnaître sa valeur.



Stéphane Giocanti, Charles Maurras, le chaos et l'ordre, Flammarion, 2006.
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En 1932, Jean Paulhan écrit qu'un jeune homme désireux de s'engager politiquement n'a de véritable choix qu'entre Karl Marx et Charles Maurras : alternative inconcevable aujourd'hui, tant Maurras incarne à nos yeux une France du passé, haineuse et coupable. Comment, pourtant, occulter la vie et l'oeuvre de cet homme, sans lesquelles le XXe siècle demeure largement incompréhensible? Comment expliquer qu'il ait influencé des personnalités aussi différentes que celles de Charles de Gaulle, T. S. Eliot, Jacques Lacan, Philippe Ariès, Georges Dumézil? 

Tenter de comprendre la fascination qu'il exerça, est-ce nécessairement verser dans l'irrationalité antisémite qui entachait sa pensée? Car Maurras fut l'un des personnages les plus contrastés de cette France dorée et trouble de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres. Il y a le Provençal monté tout jeune à Paris, disciple de Frédéric Mistral et de Dante, dont les idées fédéralistes sont saluées à gauche comme à droite; il y a le héraut du royalisme, fondateur de l'Action française au tournant du siècle, défenseur du catholicisme, mais agnostique lui-même ; il y a le journaliste polémiste antisémite et antidreyfusard, hostile au nazisme dès 1923 ; il y a le critique littéraire, qui salua en Proust, auteur inconnu des Plaisirs et des Jours, un écrivain exceptionnel ; il y a le poète et prosateur, que Gide, Colette, Valéry et tant d'autres mettaient au pinacle de la littérature française.

Il y a aussi, bien moins connu, un Maurras bon vivant, épris des femmes et nourri de culture antique. S'appuyant sur des correspondances, des documents et des témoignages inédits, cette biographie propose un portrait fouillé, qui raconte aussi l'une des époques les plus complexes de l'histoire de France. (couv.).



Marc-Renier (dessin), Rodolphe (scénario), Le dernier visiteur de George Sand, (BD), Ed. du Patrimoine, 2006.

Yves Porter, Les Iraniens, histoire d'un peuple, Armand Colin, 2006.
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On connaît la question posée par Montesquieu : "Comment peut-on être persan?" C'est pour y répondre que l'on tente ici de retracer "l'histoire
d'un peuple", en écho au titre de la collection. Mais peut-on d'ailleurs parler d'"un" peuple? Si l'Iran est, étymologiquement, le "pays des Aryens", il
constitue en réalité une mosaïque qui s'est formée sur une très longue durée, mêlant des religions et des groupes ethnolinguistiques différents. 

Ainsi, ceux qu'on appelle les Iraniens ne sont probablement pas apparus avant la fin du IIe ou le début du Ier millénaire avant J.-C. De même, le chiisme duodécimain, aujourd'hui à la base de la Constitution de la République islamique, ne s'est établi comme religion d'Etat qu'à partir du début du XVIe siècle. 

Après un rapide survol de la configuration physique du territoire, l'auteur retrace les principales étapes historiques de ce monde iranien aux multiples facettes. Parallèlement à l'histoire événementielle, quelques détours mettent en lumière des sites ou des monuments remarquables, des personnalités de l'art et de la culture des différentes époques. (couv.).


Carlos Freire, Amazigh, voyage dans le temps berbère, Hazan ,2006.
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Aucune intention ethnographique, philosophique ou sociologique dans ma démarche, déclare Carlos Freire au terme de ses 8500 kilomètres parcourus en terre berbère. « Un regard de passage. Lieux. Visages.

Les berbères du Maroc étaient installés dans ce territoire avant l'arrivée des arabes. Ces gens des plateaux de l'Atlas, du Rif et du Moyen Atlas, sont nos contemporains. Leur vie, différente de la nôtre, dans le paysage magnifique qui encadre leur quotidien, existe dans un temps plus lent, plus contemplatif. Le point commun qui a permis nos rencontres a été la curiosité mutuelle autour de l'Autre, du visiteur dans leur cas, du maître de maison, dans le mien. 

Ce sont ces hommes et femmes des vallées et des montagnes du Maroc qui m'ont accordé généreusement et gracieusement un permis de regard pendant mes voyages dans le temps berbère.

Ce temps, c'est ce que nous proposons aux lecteurs de ce livre, avec mes photos, les poèmes traditionnels berbères et le texte de l'écrivain Driss Benzekri, lui-même d'origine berbère, et mon compagnon dans ce livre : un voyage dans un temps berbère tissé de rencontres et de regards en miroirs renversés.» (couv.).



M. T. Guaitoli, Les Mayas, trésors d'une civilisation ancienne, White Star, 2006.

Barry Cunliffe, (trad. Laura Benson et Denis Bertholet), Les Celtes, Infolio, 2006.
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Les Celtes ne cessent de nous fasciner. Les Grecs et les Romains les considéraient comme des barbares. Au 19e siècle, on a vu en eux les ancêtres des Bretons, des Gallois et des Irlandais. Au 20e siècle, on en a fait tantôt les premiers Européens, tantôt les incarnations des traditions régionales.

Barry Cunliffe tente de répondre à la question " Qui étaient les Celtes ? " Il met à contribution l'archéologie, l'histoire de l'art et des langues, les écrits antiques et les sagas médiévales pour identifier les peuples, les réseaux d'échanges, les ensembles de comportements et de croyances qu'on qualifie de celtes. 

Cette passionnante traversée des millénaires et du continent nous mène des communautés préhistoriques aux cultures aristocratiques d'Europe centrale, de la façade atlantique en Anatolie, des bouleversements des temps homériques à ceux du premier Moyen-Age. (couv.).

Jacques Lacarrière, Dictionnaire amoureux de la Grèce, Plon, 2006.
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Un dictionnaire amoureux? L'amour peut-il vraiment s'épeler de A à Z ou, lorsqu'il s'agit d'un dictionnaire amoureux de la Grèce, d'alpha à oméga? Qu'auraient dit en leur temps Artémise, Aphrodite, Cléopâtre, Ismène et Théodora si je leur avais murmuré : vous êtes l'alpha ou vous êtes l'oméga de ma vie? J'imagine déjà leur rire olympien! Et pourtant, depuis que j'ai entrepris l'écriture de ce dictionnaire, j'ai rarement éprouvé un tel plaisir à construire, inventer un livre en choisissant amoureusement les mots qui lui conviennent. 

A l'inverse de l'essai, du récit ou du roman, le dictionnaire n'implique aucune continuité dans son parcours et l'on peut parfaitement - ce qui fut mon cas - rédiger un texte sur Pégase sans être obligé pour autant de continuer par Périclès! Ce type de livre procure donc une liberté à la fois totale et révélatrice. Totale dans la mesure où l'on est seul juge des mots à dire - ou en l'occurrence à écrire - et libératrice en cela qu'il permet de s'attarder sur des mots inconnus, oubliés, voire intimes et d'éviter, de refuser tout sujet stéréotypé, tout guide académique ou parcours universitaire.

Cela devient et cela est un inventaire personnel, c'est à dire subjectif, de lieux, thèmes, objets, personnages réels ou légendaires, êtres et amis aimés. Il y a donc fatalement des absences qui ne sont pas des manques puisqu'elles sont volontaires et des présences inattendues. 

En conclusion, je dirai que le principe du dictionnaire m'a permis de revisiter la Grèce et ma mémoire d'une façon totalement neuve. Pour moi, un tel ouvrage n'est pas fait de mots disant la vie, mais de vie traduite par des mots. (couv.).


Pierre Carlier, Démosthène, Fayard, 2006.

Jean-Pierre Vernant, Pandora, Bayard, 2006.


René Girard, Les origines de la culture, Hachette (Pluriel), 2006.
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Sous la forme d'entretiens avec deux universitaires qui l'interrogent sur son parcours, René Girard livre ici les principales étapes de son autobiographie intellectuelle. Il évoque l'accueil de son oeuvre en France et dans le monde, réplique à certaines critiques, et propose de nouveaux développements de sa pensée, à propos de l'Inde védique ou contre la thématique commune du retour du religieux. Ces entretiens complètent l'ouvrage publié en janvier et constituent une introduction remarquable à la pensée de René Girard. (couv.).



Bertrand Vergely, Petite philosophie de la connaissance, Ed. Milan, 2006
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Au début du XIXème siècle, Hegel a constaté que, dès qu'il s'agit de la connaissance, nous évoluons dans un étrange paradoxe. D'un côté, en effet, on se méfie de «l'intelligence» en déclarant qu'il faut vivre et non «intellectualiser» la vie. D'un autre côté, on affiche son doute à propos de tout en déclarant qu'il faut n'être dupe de rien. On a tendance, autrement dit, à nourrir un sentiment naïf, voire «fleur bleue», à l'égard de la vie, sur fond de scepticisme. Comment ne pas voir qu'il y a là une contradiction difficilement soutenable? S'il convient de douter de tout, pourquoi ne pas douter aussi de la vie? Et s'il convient de croire en la vie, pourquoi douter de tout?

Au XVIIe siècle, Descartes constatait que l'on a toujours assez d'intelligence pour critiquer l'intelligence et ainsi refuser d'apprendre. En revanche, on en a soudain moins pour se forcer à devenir plus intelligent et apprendre.
Ce paradoxe ne nous a pas quittés. Nous aimons nous dire que nous sommes intelligents. Mais usons-nous de notre intelligence comme il conviendrait qu'on en use ? 

Si le lecteur cherche dans ce livre des arguments pour justifier l'idée, malheureusement trop présente parfois, que l'intelligence est un fardeau, qu'il sache qu'il ne les trouvera pas. En revanche, s'il est d'accord pour nous suivre dans un questionnement sur les moyens de la connaissance, son sens, ainsi que les rapports qu'elle peut avoir avec la vie, alors cheminons ensemble afin de sourire à ceux qui tentent de nous convaincre qu'il ne faut pas trop réfléchir pour bien vivre. L'intelligence rend toujours la vie plus légère comme le prouve ce nouvel opus de Bertrand Vergely qui invite à une véritable tentation du savoir. (couv.).



Simon Blackburn, Penser, Flammarion, 2006.

Charles Pépin, Une semaine de philosophie, Flammarion, 2006.
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Un livre d'introduction à la philosophie s'adressant autant aux lycéens qu'à leurs parents. Une semaine de philosophie introduit à la philosophie en 7 jours de la semaine et 7 questions qui sont à la fois des sujets de dissertation de style bac et des questions incontournables pour chacun d'entre nous. Lundi : Pourquoi la beauté nous fascine-t-elle? Mardi : Faut-il respecter les lois? Mercredi : Qu'apprend-on vraiment à l'école?... Dans un style alerte et clair, et en empruntant de nombreux exemples à l'actualité, Charles Pépin délivre pour chacune de ces questions à la fois un modèle de dissertation et une réflexion originale. Un outil précieux pour les élèves de terminale. (couv.).


Robert Solé, Le Grand voyage de l'obélisque, Points, 2006.
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À la tête d'une expédition militaire, Bonaparte emmène avec lui en Égypte une «commission des sciences et arts» composée de quelque cent soixante techniciens civils, ingénieurs et savants, dont Gaspard Monge, Claude L. Berthollet, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Joseph Fourier pour les plus connus. Héritière de celles qui viennent d'inventorier en Belgique et en Italie les objets à rapporter en France, cette commission se rattache surtout à la tradition des grandes expéditions maritimes qui, depuis Bougainville et Cook, embarquent naturalistes, savants ou dessinateurs, ainsi qu'ingénieurs géographes et astronomes. Mais l'échelle sans précédent est à la hauteur d'un projet à la fois savant et colonial, avec des interprètes, des imprimeurs publiant en langues locales, des chefs d'ateliers mécaniques... De leurs travaux et de ceux de militaires qui participent à l'exploration scientifique du pays naissent l'ouvrage monumental Description de l'Égypte (1809-1822), véritable encyclopédie des connaissances acquises sur l'Antiquité pharaonique et gréco-romaine, l'histoire naturelle et la société égyptienne de l'époque, et la carte de l'Égypte (1826). L'inventaire et la conquête du monde vont désormais de pair. (couv.).


Armelle Le Bras-Chopard, Les putains du Diable, Plon, 2006.
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Entre le 15e et le 17e siècle, les femmes représentent 80% des condamnés au bûcher pour sorcellerie. Dans les traités de démonologie, on explique que c'est par le coït avec le Diable que s'obtiennent les pouvoirs de la sorcière. La démonologie, doctrine sur le démon, est élaborée par inquisiteurs et magistrats, à partir des récits de sorcières qui décrivent - sous la torture - leurs activités avec Satan : accouplement, 'baiser au cul du Diable', cuisson des bébés, sabbat et nous font pénétrer dans un univers grouillant de crapauds, de 'boucs puants', etc. 

Cette représentation traduit une peur face au fantasme d'une autonomie des femmes et la volonté, dans cette gestation de l'Etat moderne, de le construire au masculin. Ce ne sont pas les Lumières qui mettront fin à ces persécutions : les sorcières disparaissent quand on n'a plus besoin d'elles, quand les femmes sont bien encadrées par la législation, 'sous tutelle'. Mais à partir de la Révolution, l'Etat laïcisé récupère à son profit la toute puissance du Diable, sous forme de la 'Raison d'Etat'. Avec la féminisation croissante du politique, est-ce la fin du Diable ou le retour des sorcières? (couv.).

Jean-Pierre Sanchez, Le roman picaresque, Le temps éditions, 2006.
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Le Lazarillo de Tormes et le Buscon de Quevedo sont des œuvres majeures de l'une des productions les plus remarquables du Siècle d'or espagnol : le roman picaresque. Le genre picaresque, en général, a marqué la littérature hispanique, mais a eu aussi, une influence dans toute l'Europe. Voilà un genre dont la place dans la littérature espagnole est importante. Le picaro - ou son homologue féminin - est une figure remarquable que l'Espagne a léguée à la littérature universelle, à l'instar de Don Quichotte, Don Juan ou la Célestine. C'est un personnage attachant, séduisant alors qu'il devrait inspirer de la répulsion, fascinant, produit d'une époque où misère et pauvreté affectaient une société figée. Il est aimable, dynamique, astucieux et plein de vitalité. Le roman picaresque, reflet d'une société, est le roman des pauvres et des mendiants
confrontés aux difficultés de la vie quotidienne, des êtres "sans honneur", dont le destin tout tracé est peu susceptible d'amélioration. Le picaro, personnage de fiction, est aussi le témoin d'une amère réalité qui constitue le revers de cette glorieuse image que présente alors un empire espagnol en pleine expansion. (couv.).


J. Hale, Dictionnaire de la Renaissance italienne, Thames and Hudson, 2006
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Fascinant panorama d'une des plus importantes périodes de l'histoire occidentale, le Dictionnaire de la Renaissance italienne, sous la direction de J. R. Hale, présente plus de 700 entrées consacrées aux domaines suivants : peinture, scuplture, architecture, littérature, musique, science, religion, érudition et philosophie, centres historiques, histoire et politique, histoire sociale et économique, voyages et découvertes.Rédigé par de grands spécialistes et illustré de nombreuses reproductions d'oeuvres majeures ainsi que de cartes, d'arbres généalogiques et d'un tableau chronologique, cet ouvrage constitue un précieux et indispensable outil de référence. (couv.).


Collectif, L'art de la Renaissance, entre science et magie, Somogy éditions d'art, 2006.
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Science et magie : ces deux notions antagonistes dans notre culture contemporaine cohabitent, se chevauchent jusqu'à se confondre parfois au Moyen Age et à la Renaissance. A ces deux termes aux contours apparemment si tranchés, on peut substituer ceux de connaissance, de description, de création voire d'action, qui permettent d'embrasser et de parcourir l'éventail de savoirs et de procédures trouvant leur pleine expression dans les arts figuratifs. Ceux-ci ne se limitent pas simplement à illustrer ou à transmettre des textes qui livreraient la clef de leurs significations. Ils constituent le terrain même de l'actualisation et de l'accomplissement de ces démarches scientifiques et magiques, la plate-forme de leurs échanges et de leur mise en tension. Léonard de Vinci est la figure emblématique et tutélaire de cette réflexion : il s'attache à une description attentive des moindres phénomènes physiques et à la conception de machines, tout en conférant à son travail artistique une dimension démiurgique, par l'exploration graphique de la matière première du chaos, des paysages primordiaux et des mystères de la nature en gestation, et par l'engendrement tout aussi artistique des formes qu'en extrait son esprit. Les actes de ce colloque, organisé à Paris en 2002, réunissent ainsi un faisceau de points de vue où astrologie, magie (talismans, nigromancie, divination), alchimie, cabale, histoire naturelle et arts mécaniques sont convoqués en regard d'un grand nombre de réalisations artistiques dont l'analyse se trouve sensiblement renouvelée, tant sous l'angle philologique de leurs sources que sous celui de leur contextualisation et de leur interprétation, où l'instrumentalisation politique le dispute à des enjeux plus théologiques ou philosophiques, littéraires ou esthétiques. (couv.).


Roland Recht, A quoi sert l'histoire de l'art, Textuel 2006.
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A l'heure où les expositions et la mise en scène spectaculaire du patrimoine attirent un public toujours plus nombreux, Roland Recht professeur au Collège de France, nous alerte sur les défis et les dérives auxquels est confronté l'historien de l'art. Cette passion consumériste ne révélerait-elle pas les lacunes de l'enseignement de la République? Face aux injonctions de rentabilité, Roland Recht dans un dialogue avec Claire Bartikon, analyse sa place et sa marge de manœuvre. Formulant des propositions pour une éducation du regard, il est convaincu que l'histoire de l'art a un rôle à jouer dans la transmission de nouveaux ferments de cohésion nationale. (couv.).


Le design Cartier vu par Ettore Sotssass, Skira, 2006.
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Le joaillier Cartier possède une exceptionnelle collection de bijoux, de montres, de pendules et d'accessoires qui regroupe près de 1 200 pièces au total. Pour l'exposition au Vitra Design Museum de Berlin en 2002, Cartier a demandé au grand maître du design italien, Ettore Sottsass, de choisir 200 objets et d'assumer la direction artistique de l'événement. «Je ne me soucie absolument pas de l'importance sociale des pièces ou de leur valeur matérielle. Mon choix est fondé sur les couleurs et la qualité du design», dit Ettore Sottsass. Les bijoux - diadèmes, broches, colliers, bagues, bracelets mais aussi étuis de cigarettes et stylos - sont conçus comme des temples, et révèlent un regard unique et fascinant de l'univers poétique de Cartier. Ce volume rassemble des textes d'Eric Nussbaum, de Mateo Kries, d'Aleksander von Vegesack et un entretien exclusif avec Ettore Sottsass par Marie-Laure Jousset.(couv.).


Hugh Johnson, Une histoire mondiale du vin, Hachette (Pluriel), 2006.
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Voici l'aventure tumultueuse du vin depuis l'Antiquité. Mettant à profit sa connaissance de vignobles aussi divers que ceux de la Géorgie, des pentes du Vésuve, des hauteurs du Golan ou des coteaux de Champagne, l'auteur analyse l'évolution du vin à travers les civilisations qu'il a accompagnées, les mythes qu'il a fait naître, les croyances qu'il a suscitées, l'économie et les techniques qu'il a développées et les hommes qui lui consacrèrent leur vie. Recherche des origines du vin, de son élaboration à travers les âges et du goût qu'il avait chez les Égyptiens, les Grecs ou les Romains, ce livre est un véritable travail d'archéologue et d'historien. Hugh Johnson nous dit la fascination du vin sur l'homme et le rôle de l'Église dans son implantation en Occident, la recherche de la qualité, la naissance des grands vins, les progrès de l'oenologie, les drames de la viticulture, les nouveaux vignobles en Californie et en Australie... Sans oublier la question des vins que nous boirons demain. Une histoire du vin et du goût, du plaisir et d'un art de vivre. (couv.).


Autres nouveautés
et rééditions en poche

P. Berger, T. Luckmann, Construction sociale de la réalité, Armand-Colin, 2006.

Collectif, Hong-Kong, architecture et design, Teneues, 2006.

A. Raynaud, A. Fisch, Impressionnistes, Dessain et Tolra, 2006.

H. Castelfranc, L'art de l'an mil en Europe, Thalia, 2006.

Philip Plisson, La mer, l'avenir de la Terre, La Martinière, 2006.

Deconinck, Paléoclimat, Vuibert, 2006.

Peter Galison, L'empire du temps, Gallimard, 2006.

André Comte-Sponville, L'esprit de l'athéisme, introduction à une spiritualité sans Dieu, Albin Michel, 2006.

Vladimir Kourganoff, Les mystère de Pluton, Burillier, 2006.

Guillaume Cannat, Le ciel à l'oeil nu, 2007, Nathan, 2006.

Roland Lessens, William Herschel, Burillier, 2006.

Collectif, Les sociétés animales, Le Pommier, 2006.

Yvan Gobry, Dagobert Ier, Pygmalion, 2006.

Quelques convulsions du monde contemporain

Yulia Yuzik, Requiem pour Beslan, Actes Sud, 2006.
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En septembre 2004, les 1er, 2 et 3, à Beslan, en Ossétie, une république caucasienne voisine de la Tchétchénie, une école était prise en otage par un commando "tchétchène". Plus de 1 000 personnes - enfants et adultes - venues pour la rentrée des classes restèrent enfermées trois jours sans eau ni nourriture, réduites au silence et tétanisées par des bombes prêtes à exploser sur un simple geste des "terroristes". Dès le deuxième jour, les personnes les plus affaiblies, en particulier des enfants, commencèrent à mourir des privations endurées.

Les témoins remarquèrent aussitôt des anomalies dans le comportement des autorités locales et ne pouvaient s'empêcher de craindre un dénouement tragique. Ainsi par exemple, on ne vit jamais arriver les troupes d'élites, du type du GIGN (dénommées Alpha), si bien que l'issue annoncée dépassa toutes les prévisions - l'école fut prise d'assaut au milieu de terribles explosions et près de 400 personnes, pour la moitié des enfants, périrent carbonisées, y compris le commando terroriste. Le traumatisme en Russie fut énorme, égal à celui du 11 septembre aux Etats-Unis.

Une jeune journaliste de vingt-quatre ans, Yulia Yuzik, décida un peu plus tard d'aller enquêter sur place et d'interroger les parents des enfants, des otages survivants (enfants et adultes), des spécialistes du terrorisme... De ces témoignages regroupés par thème (l'eau, l'air, Tchétchènes...), il ressort l'impression très nette que la version officielle n'était pas la bonne (le nombre des terroristes, la fuite organisée d'une partie d'entre eux...), que derrière les apparences se cachait une énorme manipulation comme sait si bien le faire la police de ce pays depuis l'époque tsariste. Le pouvoir russe aurait ainsi décidé de mettre de cette façon la Russie au nombre des pays victimes du terrorisme islamique pour faire taire les critiques occidentales contre ses méthodes en Tchétchénie. En plus de nous plonger au coeur de la tragédie - les larmes vous viennent aux yeux devant tant de malheurs -, l'auteur, par petites touches, nous laisse entrevoir le fonctionnement de tout un système, celui du président Poutine qui se sert du drame tchétchène pour renforcer chaque fois davantage son pouvoir.
Une leçon de journalisme subjectif dans la veine du travail de Svetlana Alexiévitch, l'auteur de La Supplication, qui signe la préface. (couv.).

Baltazar Garzon, Un monde sans peur, Calman-Lévy, 2006.
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Le juge Garzon, connu dans le monde entier pour sa lutte sans merci contre l'ETA, son enquête sur les attentats de Madrid et son inculpation du général Pinochet, a décidé, à cinquante ans, de faire une courte pause pour réfléchir à son métier, au rôle de la justice dans un pays, démocratique depuis peu, confronté au terrorisme intérieur et international.

Ce livre est un récit introspectif doublé d'une conversation imaginaire avec ses enfants, qui raconte ses dix-sept ans de combat contre le terrorisme, le crime organisé et l'impunité des responsables de crimes politiques. (couv.).


Angela Davis (trad.  Louis de Bellefeuille), Les goulags de la démocratie, Au Diable vauvert, 2006.
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Après le scandale des prisons d'Afghanistan, de Guantanamo à Cuba et d'Abou Ghraïb en Irak, qui a révélé torture et violations des droits de l'homme, Angela Davis examine en quoi les prisons américaines sont le miroir d'un modèle démocratique fondé sur les inégalités sociales et raciales. 

Analyse du régime carcéral américain, critique d'un système qui bâtit des complexes pénitentiaires sur les ruines tenaces d'un passé esclavagiste, mise en cause d'une démocratie qui perpétue les inégalités à travers des institutions conçues comme un outil de contrôle de populations... 

Après l'abolition de l'esclavage, Angela Davis plaide ici pour le nouvel enjeu démocratique : abolir torture et prisons. Membre des Blacks Panthers et du Parti communiste américain, Angela Davis a été condamnée en 1970 à la peine capitale comme "ennemi d'État".

Après seize mois de détention, elle doit son acquittement et sa libération à une gigantesque mobilisation internationale. Figure mythique de la pensée progressiste et antiraciste américaine, elle enseigne aujourd'hui à l'université de Californie. (couv.).

Victor Sebestyen (trad. Johan-Frédérik Hel Guedj), Budapest 56, les douze jours qui ébranlèrent l'empire soviétique, Calman-Lévy, 2006.
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L'automne 1956 restera dans l'histoire le moment où la guerre froide a basculé : "le début de la fin de l'empire soviétique", selon l'expression restée célèbre de Richard Nixon. Les événements de Hongrie, baptisés "révolution" par les Hongrois et "menées contre-révolutionnaires" par les occupants soviétiques, commencèrent le 23 octobre par des manifestations d'étudiants réclamant plus de liberté. 

En quelques heures ils furent rejoints par des centaines de milliers de Hongrois de toutes origines, qui déboulonnèrent la statue de Staline aux cris de "Russes dehors!". L'armée hongroise refusa de rétablir l'ordre, laissant les troupes de Moscou, peu nombreuses et mal équipées, tenter de réprimer le mouvement, ce qui ne fit que l'amplifier. Moscou, pris au dépourvu, dut accepter de confier au modéré Imre Nagy le soin de former un nouveau gouvernement. 

Déstabilisé, en proie à des dissensions internes, le Kremlin sembla opter pour la non-intervention et retira ses troupes alors que les prisonniers politiques étaient libérés dans la liesse. Pendant quelques jours, une atmosphère de fête régna à Budapest. A l'aube du 4 novembre, les troupes russes firent demi-tour à la frontière et, renforcées par des bataillons de choc surarmés, envahirent la Hongrie. Elles écrasèrent l'insurrection dans le sang, sous le regard impuissant ou indifférent du monde libre, et singulièrement de Washington, qui avait pourtant incité en sous-main les Hongrois à la révolte. 

Budapest 56 est l'histoire de ce rêve brisé, tel qu'il fut vécu dans les rues de Budapest, dans les états-majors, dans le huis clos des cabinets ministériels et des instances politiques en Hongrie mais aussi à Moscou, où se joua de fait le sort du peuple hongrois, et à Washington. 

Victor Sebestyen a reconstitué les moments forts de ces douze jours et les raconte avec une vivacité, une précision et un sens du détail dignes du journaliste qu'il est, sans jamais les isoler de la vue d'ensemble et de l'analyse politique propres à l'historien qu'il est devenu. Cinquante ans après ces événements tragiques, voici le livre qu'attendaient tous les passionnés d'histoire contemporaine sur ce moment charnière du XXe siècle. (couv.).

Nicole Bacharan, Antoine Sfeir, Américains, Arabes : l'affrontement, Le Seuil, 2006.
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Choc des civilisations? Conflits d’ambitions? Ou incompréhension entre deux cultures, deux visions du monde? Quoiqu’il en soit, il y a bien un affrontement entre Américains et Arabes, entre Occident et Orient.
«Nous vivons sur la même planète, mais pas dans le même univers mental » constatent Nicole Bacharan et Antoine Sfeir.

Américains, Arabes : l’affrontement s’est construit à partir d’un dialogue, entre les deux auteurs, qui a débuté le 11 septembre 2001, dans les studios de télévision et de radio où ils analysent régulièrement les événements internationaux; Nicole Bacharan en tant que spécialiste des Etats-Unis et Antoine Sfeir comme spécialiste du monde arabe.
Une réflexion qu’ils ont voulu poursuivre ensuite et qui les a entraîné plus loin dans un dialogue où l’un vient enrichir les propos de l’autre. Alors, à la lumière de l’Histoire et des crises récentes, ils ont recherché les racines de leur identité respective, et confronté leurs conceptions de l’individu, de la société, de la foi, du bonheur... Car on ne peut comprendre l’actualité d’un monde sans connaître les blessures et les rêves qui la font. (couv.).



André Fontaine, La guerre froide, 1917-1991, Points, 2006.
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La mondialisation n'est pas une idée neuve. La révolution d'Octobre se voulait tout aussi mondiale que la guerre dont elle était issue, et l'Amérique du président Wilson se croyait déjà chargée de convertir la terre entière à la démocratie et au capitalisme. Les ambitions des deux empires étaient trop universelles pour être conciliables. Lénine répétait : "Ce sera eux ou nous." A la lumière des nombreuses révélations intervenues depuis la dislocation de l'URSS, ce livre raconte les origines et les grandes étapes de ce qui aura été en fin de compte la troisième guerre mondiale. Une guerre que l'on a appelée "froide", parce que la crainte de l'apocalypse a permis, parfois à la dernière seconde, de trouver des portes de sortie à toutes les dramatiques "parties au bord du gouffre" qui l'ont jalonnée, mais qui n'en a pas moins fait plus de morts que toutes les autres guerres de l'histoire, à l'exception de celle de 39-45. (couv.).



Gérard Dorel, Atlas de l'empire américain, Autrement, 2006.
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En 80 pages, fort de plus de 80 cartes et infographies passionnantes, l'atlas démonte tous les ressorts de la puissance américaine et les sentiments d'attraction-répulsion qu'elle suscite à travers la planète. La première partie historique montre combien il est avéré que, depuis leur création au XVIIe siècle, les États-Unis s'inscrivent dans un classique mouvement impérialiste. Dans une deuxième partie, l'auteur démontre la formidable capacité économique, séduisante mais dominatrice, sur laquelle repose la domination des Etats-Unis, qui ont le rare privilège géopolitique de pouvoir «s'offrir le beurre et les canons». L'atlas aborde ensuite la nouvelle donne géostratégique qui a émergé lorsque les États-Unis, empire défié, se sont retrouvés comme seule puissance globale, au point d'apparaître comme un pôle face à un monde divisé où les tendances à l'éclatement dominent et où se multiplient les lieux d'affrontements. Le «gendarme du monde» se révèle être adulé, mais aussi, et peut-être surtout, haï. Le 11 septembre 2001 a constitué une surprise, synonyme d'humiliation et de désarroi, précipitant la course en avant face à un terrorisme insaisissable et l'enlisement dans une nouvelle guerre en Irak. (couv.).

Geneviève Trépanier, Clonage reproductif et dignité humaine, Liber (Québec), 2006.
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Depuis quelques années, xénogreffes, organismes génétiquement modifiés (OGM), séquençage du génome humain, thérapies génétiques et clonage font l'objet de discussions aussi bien dans les conversations courantes et dans les médias que dans les milieux de recherche et dans les comités d'éthique, et requièrent l'attention des politiques autant que des juristes et des magistrats. Pour le profane et le néophyte, ces mots mystérieux suscitent fascination et inquiétude. Quelle monstruosité annoncent-ils par-delà les bienfaits escomptés? Chez les observateurs critiques, plusieurs s'inquiètent du totalitarisme de la technique qui tente de s'imposer comme unique voie de résolution de tous les problèmes humains. On craint que la rationalité instrumentale ne se substitue à toute autre forme d'entendement ou de sensibilité. D'ailleurs n'est-ce pas déjà le cas? Il n'y a pas si longtemps, on ignorait jusqu'aux mots d'OGM et de clonage. Puis, rapidement, on a appris que certains aliments sur le marché sont transgéniques et que le clonage humain est à portée d'éprouvette: selon le mot de l'économiste et sociologue allemand Max Weber, la vie s'en trouve radicalement «désenchantée», les biotechnologies dissipant le voile de mystère et l'affectivité qui auréolaient encore certaines réalités, comme la venue au monde d'un enfant. La procréation médicalement assistée s'est en effet développée à un rythme accéléré, sous l'impulsion de la logique technicienne soutenue par d'importants intérêts financiers, en promettant la réalisation des désirs et des fantasmes individuels. Les diverses techniques de procréation médicalement assistée, surtout le clonage, soulèvent pourtant des questions éthiques complexes, dont la portée dépasse le choix personnel: l'instrumentalisation des échanges entourant la procréation, l'enfantement et la filiation remet en cause la structuration de l'identité personnelle, des relations familiales et du tissu social. (extrait de l'intro).

Daniel Van Eeuwen, Le nouveau Brésil de Lula, L'Aube, 2006.
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Dans un Brésil où les 10% les plus riches de la population se partagent 42% des richesses, l'élection de Lula, le «président des pauvres», a suscité un immense espoir parmi les déshérités. Deux ans après, la gauche brésilienne s'impatiente. Le gouvernement de Lula applique une politique économique de rigueur qui lui vaut les félicitations du Fonds monétaire international et des marchés financiers. Un comble pour celui qui, il n'y a pas si longtemps, proposait un moratoire sur la dette du Brésil. De fait le Brésil affiche une santé économique insolente avec une croissance de 5,2% en 2004, une inflation qui recule et des investissements étrangers qui ont presque doublé en un an. Malgré cela, beaucoup de Brésiliens n'ont pas encore senti la reprise, tandis que les attentes sociales restent largement déçues et que certaines promesses (notamment le doublement du salaire minimum et surtout la réforme agraire) tardent à se mettrent en place. Et pourtant le président Lula reste populaire et continue de caracoler en tête des sondages. (couv.).


Autres parutions

G. Claisse, 1956, L'expédition de Suez, Michalon, 2006.

A. Gresh, L'islam, la république et le monde, Hachette, 2006.

A. Hautval, Médecine et crimes contre l'humanité, Le Félin, 2006.

Pierre Pascallon, Zones grises dans le monde d'aujourd'hui, L'Harmattan, 2006.

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