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Août 2006
En vitrine

Jean-Baptiste Racine, Le génocide des Arméniens : origine et permanence du crime contre l'humanité, Dalloz-Sirey, 2006.
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Le génocide des Arméniens en 1915, fait historique établi de façon probante et certaine, sollicite la matière juridique. C'est à partir de cet événement qu'a été fondé le concept de crime contre l'humanité en tant qu'infraction pénale internationale et le problème de la négation du génocide par la Turquie n'est toujours pas réglé. Si le crime contre l'humanité est entré dans le droit positif en 1945 au procès de Nuremberg, il faut remonter à la déclaration des Alliés du 24 mai 1915 adressée à l'Empire ottoman qui dénonçait "les crimes contre l'humanité et la civilisation" commis à l'encontre des. Arméniens pour en saisir l'origine. Mais, alors qu'en 1920 le traité de Sèvres prévoyait tribunal international pour juger les responsables des massacres de déportations, il ne fut jamais ratifié et le traité de Lausanne de 1923 établit en annexe, une clause d'amnistie générale pour tous les responsables turcs qui ne furent jamais inquiétés. Seuls eurent lieu quelques procès, ersatz de justice, tenus par des cours martiales ottomanes. L'égoïsme des Etats et les tractations politiques l'emportaient sur le souci d'une véritable justice internationale indépendante. Aujourd'hui, l'Etat turc ne peut être contraint, ni à reconnaître le génocide (la Commision européenne n'en a pas fait une condition sine qua non d'entrée dans la Turquie dans l'Union), ni à verser des indemnités ou à opérer des restitutions, même s'il peut être tenu pour responsable des massacres, destructions et spoliations commis sous l'Empire ottoman. Cependant, le droit fait évoluer la situation : la loi du 29 janvier 2001 portant reconnaissance par la France de ce génocide crée une norme de droit juridiquement constituée au-delà de sa portée symbolique. Des propositions de lois, en cours d'examen, visent à étendre au cas arménien la responsabilité pénale pour contestation de crime contre l'humanité. L'une d'elle devait faire l'objet d'un vote le 18 mai 2006; son examen a été reporté. Le problème juridique posé par les événements de 1915 n'est pas clos. La procédure d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne relancera nécessairement le débat. L'ouvrage s'adresse aux spécialistes du droit international pénal, à la communauté arménienne francophone à qui elle fournira des explications inédites, et à tous ceux qui souhaitent en savoir plus.  (couv).
Michel Bounan, La Folle Histoire du monde, Allia, 2006.
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L'histoire de l'humanité n'est pas seulement celle de son développement technique ou de ses "progrès" en tous genres, ni même celle de ses institutions et de ses révolutions. Elle est aussi l'histoire des folies collectives qui ont permis ce développement et ces institutions.  (couv).


Ernst Cassirer, Le problème Jean-Jacques Rousseau (préf. Jean Starobinski), Hachette Pluriel, réed. 2006.

Dans cet essai consacré à Rousseau, Cassirer (1874-1945) met en lumière le paradoxe central de la pensée du philosophe genevois : "comment le mal et le péché peuvent-ils être imputés à la nature humaine, si celle-ci, dans sa constitution primitive, est libre de tout mal, de tout péché, s'il n'y pas eu de corruption radicale?" Une analyse rigoureuse des textes, nourrie par une grande érudition, permet à l'auteur de développer cette interrogation en montrant comment, chez Rousseau, la nature sociale de l'homme est ce qui rend compte tant du mal que d'une possibilité de salut qui se situe dans l'horizon du politique. La préface de Jean Starobinski souligne la nouveauté de cette lecture, qui fait de Rousseau, concevant l'ordre politique et moral comme un ordre autonome, le grand précurseur de notre modernité. (couv).

Arnaud Blin, La terreur démasquée, 11 septembre, entre discours et réalité, Le Cavalier bleu, 2006.
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L'histoire ne cesse de s'accélérer nous dit-on. Il est vrai qu'aujourd'hui, cinq années représentent une éternité. Suffisamment eu tout cas pour entrevoir un événement comme le 11 septembre avec discernement.

Du moins peut-on l'espérer. Car le "11 septembre" est l'une de ces dates qui, comme le "14 juillet", se suffit à elle-même tant l'empreinte sur l'imaginaire collectif est profonde. Une date qui a marqué son époque : c'était "la fin de l'âge de l'innocence", celui de la "guerre des civilisations" ou encore de la "fin de l'histoire". 

Le monde, nous en étions persuadés, avait changé ce matin-là. Mais quel monde? Difficile de le dire puisque, depuis la chute de l'URSS en 1991, nous naviguions dans le brouillard avec un soi-disant "nouvel ordre mondial" que personne n'arrivait il définir. Quel (autre) monde était né sur les décombres de cette guerre froide que l'on commençait à regarder avec nostalgie? 

Les théories abondaient mais le brouillard persistait. Sommes-nous en mesure aujourd'hui d'y voir plus clair sur la manière dont les choses ont évolué depuis ce 11 septembre 2001 et dans quelle direction elles semblent s'orienter.

Cet ouvrage est une invitation au décryptage d'une réalité trop souvent décalée par rapport aux discours des uns et des autres. Décryptage au cours duquel nous espérons pouvoir distinguer ce qui, entre discours et réalité, correspond à l'environnement qui est le nôtre, sachant que notre perception du monde détermine aussi dans une grande mesure la manière dont nous façonnerons notre avenir.  (couv).

Karine Prémont, La télévision mène-t-elle le monde?, Presses de l'Université du Québec, 2006.
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Que veut dire " s'informer " à une époque où l'information-spectacle domine les bulletins de nouvelles? Fait-on place à tous les points de vue susceptibles de permettre aux citoyens de prendre des décisions éclairées en regard de la politique étrangère des Etats-Unis? Quel est le poids réel de la télévision en cette matière? Cet ouvrage offre des pistes de réflexion pour répondre à ces questions, en s'intéressant notamment au développement des liens unissant les médias et le gouvernement américains, aux interactions entre ces acteurs et l'opinion publique et aux explications données par des politologues et des spécialistes en communication concernant l'influence de la télévision en politique étrangère. L'auteure tente également de comprendre pourquoi, malgré la persistance du mythe de l'effet CNN, cette influence est largement tributaire des intérêts économiques des grandes entreprises médiatiques et de la volonté politique de la Maison-Blanche. (couv).


Autres nouveautés

ACF, La faim dans les villes, Hermann, 2006.

Gilles Troude, Géopolitique du peuple serbe, Ellipses-Marketing, 2006.

Odon Vallet, L'Evangile des païens, Albin Michel, rééd.2006.

Collectif, Economie du climat, l'après Kyoto, La documentation française, 2006.

F. Walther Ingo,Van Gogh, l'oeuvre complet, Taschen, 2006.

M.-C Escher, Taschen, 2006.

Mireille Defranceschi, La chimie au quotidien, Ellipses, 2006.

Abdelwahab Biad, Droit international humanitaire, 2e éd. 2006.
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Le droit international humanitaire appelé successivement "droit de la guerre" et "droit des conflits armés" est une branche du droit international destinée à limiter les effets des conflits

armés. Il s'agit d'une part de  restreindre les méthodes et moyens de guerre, et d'autre part de protéger les personnes civiles ainsi que les combattants blessés, malades, ou capturés. Ce droit a connu un développement important
depuis que ses règles souvent très anciennes furent progressivement codifiées dans les conventions de La Haye de 1899 et de 1907 puis dans les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977. Une étape majeure dans sa mise en œuvre est l'adhésion universelle des Etats à ces accords et la mise en place de  juridictions pénales internationales en  vue 
d'assurer la répression des violations les plus graves : génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. L'objectif de cet ouvrage est de faire le point sur un droit à la fois riche et complexe dont il s'agit de définir les spécificités, d'identifier les principes et les règles qui le régissent et de comprendre le mécanisme de sa mise en œuvre. Ce faisant, il s'agit de répondre aux interrogations suivantes : Quel est l'objet du droit international humanitaire? Qui doit l'appliquer et qui peut s'en prévaloir? Comment en assurer le respect par les belligérants? Comment prévenir et réprimer les violations?  (couv).
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