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Mai 2005
En vitrine

Hubert Henrotte,  Le monde dans les yeux, Gamma-Sygma, l'âge d'or du photojournalisme, Hachette, 2005.
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Des chars frappés de l'étoile de David arrivant au canal de Suez; Daniel Cohn-Bendit souriant sous le nez d'un CRS; les survivants de la catastrophe de la cordillère des Andes; Brigitte Bardot sur la banquise : ce sont quelques-unes des photos, célébrissimes, signées Gamma et Sygma. Ces clichés ont une histoire, intimement liée à celle du photojournalisme, dont Paris fut longtemps la capitale. Fondateur de l'agence Gamma en 1966, puis de Sygma sept ans plus tard, Hubert Henrotte a révolutionné la profession en décidant que les reporters photographes seraient enfin des journalistes à part entière. 

Véritable épopée, ce livre restitue l'ambiance explosive qui règne à l'âge d'or du photojournalisme dans ces deux agences mythiques où il faut toujours être "sur le coup" pour offrir au public ces images du monde prises par les photoreporters, souvent au péril de leur vie. Les plus grands du métier s'y sont côtoyés, de Gilles Caron à Raymond Depardon, en passant par Henri Bureau, Patrick Chauvel ou James Andanson. 

Courses folles à moto pour être le premier sur un scoop ou à Match, ruses et coups bas entre concurrents, amitiés avec le show-biz et les hommes politiques : tout est bon pour ne jamais laisser passer une "exclu". À travers de nombreuses anecdotes, amusantes ou tragiques mais toujours étonnantes, Hubert Henrotte rend hommage aux femmes et aux hommes qui furent, à ses côtés, les acteurs de cette prodigieuse aventure, jusqu'au rachat de Sygma par Bill Gates, en 1999. (couv.).


Jean Raspail, Les royaumes de Borée, Le Livre de Poche, 2005.
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"Imaginez une frontière aux confins septentrionaux de l'Europe. Elle court au nord et à l'est sur quelque quatre cent soixante-dix lieues, traverse d'interminables forêts, des plaines spongieuses semées de lacs couleur de plomb. Elle enjambe des marécages et des rivières torrentueuses roulant vers des destinations incertaines. 

Au-delà s'étend la Borée, une contrée dont on ne sait rien sinon qu'elle est le royaume d'un petit homme couleur d'écorce qui manie l'arc et le javelot mais que nul n'a jamais approché. Qui est-il? Quel est son nom? Quelle est sa destinée sur cette terre?

Aux héros de cette histoire, il aura fallu, du XVIIe à nos jours, plus de trois siècles d'aventures, de batailles, d'assauts, de poursuites et de rêves, pour atteindre les mystérieuses réponses à ces questions qui ne l'étaient pas moins. Leur quête a été la mienne. Elle a donné un sens à nos vies, mais c'est du petit homme au javelot, survivant d'un monde révolu, que surgira l'ultime lumière, juste avant qu'elle ne s'éteigne... " (J. R.).

Michel Cassé, Théories du ciel - espace perdu, temps retrouvé, Rivages, 2005.
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Shakespeare affirmait qu'il y a plus de choses dans le ciel que dans toute la philosophie.

Le ciel de l'astrophysicien n'est pas moins riche que le ciel du poète et celui du prophète. Mais il a quelque chance d'être plus vrai. Dans le ciel purifié de la physique tel que nous le décrit l'astrophysicien Michel Cassé, auteur de Du vide de la création (1993), tout est intelligible. Mais la clarté se paie d'un mystère, originel ou final. Dans les cénacles cosmologiques, la genèse est en cours de réécriture. (couv.).


A. Morgaine, G. Verseau-Sabaté, Une histoire du paravent, Somogy, 2005.
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Écran invisible, dissimulant l'intimité tout en la suggérant, à la frontière entre l'évident et le caché, le paravent pourrait revenir aujourd'hui à sa fonction originelle, issue d'une longue tradition orientale, visant à moduler l'espace. Réunissant des oeuvres anciennes, moderne et contemporaines, empruntées à des grandes collections publiques et privées, françaises et internationales cet ouvrage présente un vaste panorama de plus cent références : Bonnard, Vuillard, Friesz, Léger, LeWitt, Dunand, Dumas, Astuguevieille, Eames, Man Ray, sans pour autant négliger la création actuelle avec la collection de Daniel Couturier réunie sur ce sujet depuis 1998 et une carte blanche proposée par L. Piscine à une quarantaine de créateurs contemporains. 

Un texte d'Alice Morgaine et une nouvelle de Geneviève Verseau-Sabaté enrichissent l'ouvrage d'une approche scientifique et littéraire sur un sujet presque inédit dans l'édition francophone. (couv.).



Autres titres

Schwegler , Quel est donc cet arbre?, Nathan, 2005.

Collectif, Tapisseries d'Anjou (XVe-XVIIIe s.), au trésor de la cathédrale de Liège, Le Perron, 2005.

Ian Ridpath, Etoiles et planètes, le guide visuel et universel du ciel nocturne, Larousse, 2005.

Denis Berthier, Jean Lacroux, Lunettes et télescopes, mode d'emploi, Larousse, 2005.

Simon Schwarzfuchs, Les juifs aux temps des croisades, Albin Michel, 2005.

D. Vaxelaire, Mirages d'Egypte, Phébus (roman), 2005.

Boudon-Millote, Les Pères de l'Église face à la science médiévale de leur temps, Beauchesne, 2005.


Pour les plus jeunes

Bobbie Kalman, Papillons, Novalis, 2005.

Cédric Michon, La peinture de la Renaissance, Milan, 2005.

Collectif, Léonard de Vinci pour les nuls, First, 2005

Nathaniel Philbrick, A la conquête du Pacifique, 1832-1842. - La grande expédition US des mers du Sud, Jean-Claude Lattès, 2005.
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De 1838 à 1842 six magnifiques voiliers, avec à leur bord des scientifiques, partent à la conquête du Pacifique pour planter le drapeau US sur de nouveaux territoires. La moisson sera exceptionnelle : 2 500 kilomètres de côtes de la région de l'Antarctique cartographiés, les volcans d'Hawaii explorés, des centaines d'îles découvertes et hydrographiées, des milliers d'échantillons récoltés, qui serviront de base à la célèbre collection du Smithsonian Institute. Et pourtant, cette entreprise, aussi importante que l'expédition de Lewis et Clarke, a disparu de la mémoire américaine. Le scandale reléguera dans l'oubli l'héroïsme de trois cent quarante-six marins. A son retour, le commandant Charles Wilkes fut accusé d'avoir fouetté ses hommes, massacré des villages, menti sur la découverte de l'Antarctique... S'appuyant sur de nouvelles sources, Nathaniel Philbrick reconstitue ce voyage intense et violent qui conduisit cette escadre au bout du monde et son commandant au bout de lui-même. Une page superbe de l'histoire américaine et de la conquête du monde. (couv.).



Antoine Glaser, Stephen Smith, Comment la France a perdu l'Afrique, Calman-Lévy, 2005.
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En novembre 2004, quelques images d'exode en provenance de Côte d'Ivoire, diffusées sur toutes les chaînes de télévision et s'étalant à la une de leurs journaux, ont révélé la fin d'une époque. Comment faut-il s'expliquer le subit désamour entre la France et l'Afrique ? Pourquoi la politique africaine de Paris ressemble-t-elle à une longue et pénible retraite, un combat d'arrière-garde perdu d'avance? C'est à ces questions que répond le livre qui ne se borne pas à une critique de circonstance de l'action gouvernementale. Embrassant plus d'un demi-siècle, depuis l'épopée de la France libre qui a débuté sur le continent noir, l'ouvrage, foisonnant d'informations souvent inédites, sur de Gaulle et les « réseaux Foccart », sur le « gendarme de l'Afrique » rival de l'Amérique, mais aussi sur les nouveaux dossiers africains que sont la lutte anti-terroriste, l'épidémie du sida, l'écologie et le réveil religieux, remet en perspective la France et « son » Afrique, mais aussi le monde qui a changé et qui détermine le champ des possibles entre Paris et ses anciennes colonies. Désorientée, ayant perdu ses repères habituels, la France est prise dans la spirale descendante. Tardant à réagir, toujours fortement impliquée mais ne maîtrisant plus la nouvelle donne d'une Afrique qui vit sa révolution citadine, et dont 46% des habitants ont moins de 15 ans, l'ancienne puissance coloniale perd sur tous les plans, quoi qu'elle fasse : tantôt elle est accusée d'ingérence, tantôt de renier ses «-responsabilités historiques-»... L'irruption du terrorisme islamiste, et de la lutte que les Américains engagent contre lui à l'échelle mondiale, met la France définitivement hors jeu en Afrique. (couv.).

Jean-Claude Bonne, Éric Alliez, La pensée Matisse, Le Passage, 2005.
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Pourquoi écrire encore un livre sur Matisse aujourd'hui ?
Pour explorer, pour marquer son intempestive actualité.
Car la pensée qui l'anime concerne d'une façon fondamentale les enjeux de la philosophie et de l'art contemporains.

Enjeu philosophique, pour autant que les oeuvres et les écrits de Matisse assurent dans la longue durée du XXe siècle la continuité d'une pensée vitaliste, reconnue par l'intermédiaire de Nietzsche, de Bergson, et plus tard de Dewey, en un temps où elle est absente, en France, de l'histoire de la philosophie. Avant que Deleuze n'en renoue le fil.
Remise en jeu de l'art, pour autant que la Pensée-Matisse est immanente à une pratique révolutionnaire irréductible à la dite « libération de la couleur ». 

« Fondement de tout » selon Matisse, le fauvisme est affaire de construction des couleurs / signes en rapports de forces dont le pouvoir expressif est intrinsèquement vital et non pas purement pictural.

Cette énergétique, dans laquelle « la différence de quantité de la couleur fait sa qualité », conduit Matisse à un devenir-décoratif qui, à l'encontre du formalisme moderniste, tend à éliminer toute opposition entre l'intérieur et l'extérieur de l'oeuvre pour que celle-ci prenne « possession de l'espace ». L'art s'y trouve relancé dans une expérience singulière du commun. Un art environnemental contre le culte de l'Image.

Loin de toute passion romantique, excéder, en somme, la clôture de l'art et de la philosophie pour les mettre hors d'eux-mêmes. (couv.).


Jean-Pierre Barou, Matisse ou le miracle de Collioure, Payot, 2005.
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Quand Matisse s'installe à Collioure, en mai 1905, il n'est encore qu'un petit maître. Mais le port catalan, aux portes de l'Espagne, est un terreau fertile où vivent des "indigènes" novateurs : Étienne Terrus, qui peint déjà comme un "fauve", ou encore Georges-Daniel de Monfreid, le protecteur et confident de Gauguin, chez qui Matisse va découvrir, avant Paris, les bois sculptés de l'exilé tahitien. C'est en maître de la couleur pure que Matisse rentre à Paris, à l'automne 1905.

Collioure est donc un moment décisif de sa carrière. Jusqu'en 1914, Matisse y reviendra d'ailleurs régulièrement, créant là ses oeuvres les plus révolutionnaires, tel Nu bleu, qui préfigure Les demoiselles d'Avignon. Picasso ne s'y trompera pas qui, trois étés de suite, s'installera à son tour dans le Roussillon, entraînant avec lui Max Jacob, Juan Gris, Braque... (couv.).


Nu Bleu, 1952.
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