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Mars 2007
En vitrine

Bernard Brigouleix, Michèle Gayral, Le roman de Tolède, Editions du Rocher, 2007.
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Campée sur son site unique, Tolède a été un prodigieux laboratoire de la coexistence des religions, des ethnies, des langues et des cultures. Ce qui s'y est construit durant des siècles entre juifs, chrétiens et musulmans, au cœur de ce Moyen Âge pourtant ressenti comme une période d'intolérance féroce, interpelle rudement notre actualité.

C'était déjà une grande ville au temps des Ibères, puis des Romains. Promue capitale des Wisigoths, avant de devenir une cité majeure de l'al-Andalus des Maures, elle joua ensuite un rôle essentiel dans la reconquête chrétienne, et devint une métropole culturelle dont les illustres fantômes - ceux du Greco, de Cervantès, de Lope de Vega, mais aussi des grands médecins, astronomes, traducteurs et mathématiciens qui les avaient précédés - hantent encore les ruelles tortueuses. Sans parler des adeptes de la magie noire qui y prospérèrent dans l'ombre des vrais savants... Mais les conflits modernes n'ont pas non plus épargné Tolède, de l'invasion napoléonienne à la terrible guerre civile de 1936, dont l'un des épisodes les plus dramatiques eut pour théâtre son célèbre Alcazar.
Une enquête minutieuse et vivante pour décrypter, à travers d'innombrables anecdotes, ce mystérieux et bouillonnant passé tolédan, qui questionne obstinément notre présent. (couv.).



Geert Mak, Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle, Editions Gallimard, 2007.
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Au fil de ses voyages sur douze lieux d'Europe, Geert Mak raconte la petite et la grande histoire du XXe siècle, retrace les événements les plus marquants, signale les changements - ainsi l'irruption des machines agricoles dans la campagne hongroise - comme les plus chargés de souvenirs parfois tragiques - tels Guernica, l'ex-Stalingrad ou le camp de Maidanek. Chaque lieu est décrit avec le regard du voyageur et complété par les souvenirs de témoins. Chaque partie est introduite par une carte de l'Europe où figure le trajet parcouru par l'auteur. Avec encadrés, notes, bibliographie, index de noms de lieux et de personnes. Traduit du néerlandais. (couv.).


Françoise Hache-Bissette et Denis Saillard, Gastronomie et identité culturelle française : Discours et représentations XIXe-XXIe siècles, Nouveau Monde, 2007.
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Le rapport entre la gastronomie et la France semble aller de soi. Peu après " l'invention du restaurant " à Paris à la fin de l'Ancien Régime, ce sont des Français, Grimod de la Reynière, Antonin Carême, Brillat-Savarin et d'autres, qui fondent la gastronomie en élaborant un discours entièrement nouveau sur les plaisirs de la table.
Au cours du XIXe siècle, de nombreux chefs français, et notamment ceux qui exercent leur talent à l'étranger, codifient une "haute cuisine" internationale. La gastronomie française se montre à la fois capable de recréer, en les "nationalisant", les cuisines régionales, et d'assimiler de nombreux produits et procédés provenant de cuisines étrangères. Les textes qui affirment son incontestable supériorité et son caractère national ne cessent alors de se multiplier, tandis qu'à l'étranger se modèlent, à travers l'examen de sa cuisine et de son art de vivre, des représentations de la France et des Français. Quelle identité culturelle française discours et représentations gastronomiques dessinent-ils depuis deux siècles? S'éloigne-t-on nettement des conceptions présentes dans les textes fondateurs et normatifs de la première moitié du XIXe siècle? Peut-on qualifier de rupture les mutations des dernières décennies qui se caractérisent, à la fois par un renouveau des "cuisines de terroir", et par une diversification croissante des sources et des inspirations de la "haute cuisine" qui affaiblit la place internationale de la gastronomie française?
Cet ouvrage constitue les actes du colloque organisé en 2005 par le Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC) de l'Université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines et la Société d'ethnologie française. (couv.).


Béatrice Caseau-Chevallier, Byzance : économie et société : Du milieu du VIIIe siècle à 1204, Sedes, 2007.
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Entre le VIII et le XIIIe siècle, le monde byzantin a connu une expansion économique importante qui a permis le développement d'une brillante société. Comme en Occident, cette expansion est facilitée par la reprise démographique, mais aussi par la croissance des échanges. Les IXe et Xe siècles connaissent un élan conquérant qui se nourrit de la conscience d'appartenir à un Empire prestigieux et de la fierté à l'égard de l'héritage culturel grec et de l'héritage politique et juridique romain. Point intermédiaire entre l'Occident latin et l'Orient musulman, l'Empire byzantin, fortement centralisé, se trouve impliqué dans le conflit entre ces deux mondes, et Constantinople, puissamment protégée par ses murailles, est alors l'une des plus importantes villes médiévales et attire à elle les talents les plus divers. Pour décrire ces siècles les plus glorieux de la Byzance médiévale, l'analyse des principaux groupes sociaux a donc été privilégiée, sans négliger les aspects économiques. (couv.).


Yves Laissus, Buffon : La nature en majesté, Editions Gallimard, 2007.
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Georges Leclerc, devenu comte de Buffon (1707-1788), est l'une des principales figures de la science française du XVIIIe siècle. Biologiste avant la lettre, créateur de l'éthologie et de la zoogéographie, il élargit son ouvrage - la grandiose Histoire naturelle en 36 volumes - aux dimensions d'une histoire de la Terre, à laquelle il ose attribuer un âge mesuré en dizaines de milliers d'années. Au centre de la création, il place l'Homme et, par les pages qu'il lui consacre, fonde une véritable anthropologie positive. À l'occasion du 300e anniversaire de la naissance de Buffon. (couv.).


Quentin Ludwig, Les racines grecques du français : Une étymologie toujours vivante, Eyrolles , 2007.
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Nous parlons grec sans le savoir... Après avoir rappelé les principes de base de la linguistique, cet ouvrage décrypte les références de la vie quotidienne (marques, prénoms...). Pour chacune, il livre sa racine, sa signification et les différents termes français dérivés. Complet, pratique et vivant, ce guide est un outil précieux pour mieux connaître la langue française, enrichir son vocabulaire et découvrir la civilisation grecque. (couv.).


Paul Veyne, Sénèque, une introduction, Tallandier, 2007.
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La vie de Sénèque est un roman des temps néroniens. Né à Cordoue au début de notre ère, il a mené une triple carrière d'homme d'affaires, de conseiller du prince et de littérateur. Précepteur puis ami de Néron, il se donna la mort sur ordre de l'empereur en 65. Il avait vécu en stoïcien, il disparut en stoïcien, atteignant par le suicide le stade suprême de la liberté. Présentant la vie et l'oeuvre de Sénèque, Paul Veyne, met en évidence l'actualité de sa philosophie et de ses choix, dont témoigne la Lettre 70 en fin de volume. (couv.).


Alain Pasquier, Jean-Luc Martinez et al., Praxitèle, Somogy éditions d'art, 2007. 
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Praxitèle, sculpteur athénien du IVe siècle avant J.-C., est l'un des artistes les plus célèbres de l'Antiquité. Son nom, synonyme de parfaite beauté, suffit souvent à dire l'excellence atteinte par les maîtres du passé. Toutefois, cette beauté, à la différence d'un idéal grec qui est le plus souvent viril, est surtout féminine : Praxitèle est le premier sculpteur grec à donner au marbre la forme d'une femme nue. Mais la Vénus de Cnide était une déesse, même si son innombrable postérité l'a rendue femme et fragile, donnant un sens profane à un érotisme sacré. Ainsi dit-on que Praxitèle s'inspira des charmes de la courtisane Phryné, dont il était l'amant. Leur vue avait suffi, selon Athénée, pour convaincre ses juges d'acquitter la jeune femme dans un procès. Le XIXe siècle de Jean-Léon Gérôme est friand des galantes aventures du sculpteur et de son modèle. Mais au-delà des mots et des anecdotes par lesquels les auteurs anciens et modernes commentent ou exaltent les œuvres de Praxitèle, comment, dans l'éparpillement des marbres antiques parvenus jusqu'à nous, reconnaître son art, sa marque familière? La réponse n'est pas facile, car rien, à l'exception possible d'une tête, ne subsiste des statues qu'il a créées. L'Hermès d'Olympie, grand témoin muet, garde son énigme. Au milieu d'un ensemble où il faut déjà savoir écarter adaptations et pastiches, l'examen ne peut se faire que sur des répliques commandées par les Romains, le plus souvent incomplètes ou restaurées : peut-on retrouver le vrai Praxitèle au travers des images qu'on a tour à tour données de lui? Ce catalogue invite à la prudente redécouverte de ces créations, où Praxitèle, classique sans l'être tout à fait, sensuel et distant, se révèle comme un maître de l'ambigu. Le livre voudrait aussi initier à l'approche particulière de la sculpture grecque, souvent mal comprise, bien que son importance, au sein de notre culture, soit capitale. (couv.).


Giovanni Dotoli, La voix de Montaigne, Fernand Lanore, 2007.
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Françoise Lapeyre, Le roman des voyageuses françaises (1800-1900), Payot , 2007.
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Enfin un livre pour raconter ces voyageuses françaises du XIXe siècle trop longtemps éclipsées par les Anglaises. Artistes, expatriées, touristes, militantes, ethnologues de terrain ou missionnaires, elles partirent vers tous les horizons, de la Sibérie au Sénégal, de la Chine au Brésil. Certaines endurèrent même de terribles épreuves - la captivité entre les mains de pirates chinois, la solitude au fin fond de l'Amazonie, le naufrage de La Méduse...

Ces héroïnes que les lois et les mentalités de leur époque destinaient à la vie domestique révèlent de vrais talents d'observation et d'écriture. Il n'est pas rare que leurs témoignages interpellent nos consciences d'aujourd'hui sur les questions de la condition féminine, de la colonisation ou de l'esclavage. Un récit passionné qui met en scène des femmes de toutes origines pour qui la quête de l'aventure n'était pas le seul but du voyage. (couv.).



Adel Selmi, Vincent Hirtzel et al., Gouverner la nature, L'Herne, (Cahiers d'anthropologie sociale), 2007.
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Le déséquilibre qui s'est instauré dans les rapports entre les humains et leur milieu naturel est sans doute une des préoccupations majeures de ces dernières décennies, qui ont vu l'essor d'une politique concertée, d'ampleur internationale, cherchant à minimiser les impacts négatifs des activités humaines sur l'environnement au moyen d'outils régulateurs de tous ordres. La multiplication des aires protégées et des parcs naturels, dans toutes les régions du globe, peut être tenue pour une des réalisations les plus tangibles de cette volonté générale de gouverner la nature en lui accordant le statut d'un bien à protéger. Dans une perspective anthropologique, il apparaît cependant que les effets de ces instruments institutionnels vont bien au-delà de leur intention première. En effet, dans la plupart des cas, les parcs sont implantés dans des régions depuis longtemps habitées par des populations qui ne partagent pas la même conception de la "nature", et qui ne se plient pas aisément aux rapports de forces générés par la création de zones protégées. C'est à l'étude de cette interface que ce volume est consacré, à un gouvernement de la nature où la question centrale devient : qui entend protéger quoi, comment, et à quel titre ? (couv.)


Cécile Philippe, C'est trop tard pour la Terre, Jean-Claude Lattès, 2007.
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"C'est trop tard pour la terre", "Nos enfants vont hériter d'un monde immonde", "il faut interdire les OGM", "c'est la fin du pétrole": les inquiétudes - souvent légitimes - concernant l'avenir de la planète donnent lieu à de nombreuses idées reçues. Le réchauffement de la planète, la pollution, l'épuisement des ressources, la perte de biodiversité seraient les symptômes d'une civilisation qui court à sa perte. L'alarmisme environnemental alimente les propositions des politiques qui surfent avec enthousiasme et démagogie sur la vague écolo. Sauf que les remèdes proposés sont souvent construits autour de mythes. Certains risquent même de nous engager sur une fausse route, nuisible à la dualité de notre environnement. Pour la première fois, un livre clair et concret permet de démêler le vrai du faux dans la multitude de propositions qui circulent. (couv.).


Jean-Michel Cousteau, Atlas de l'Océan mondial, pour une politique durable de la planète mer, Autrement , 2007.
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L'objectif de cet atlas est de présenter à quel point l'homme est lié à l'océan : l'angle des besoins économiques et sociaux des communautés humaines est privilégié. Cartes et graphiques illustrent ces liens et mettent en lumière la nécessité d'une gestion globale et à long terme de ce milieu naturel essentiel à l'équilibre planétaire. L'Atlas de l'océan mondial se veut ainsi un outil de réflexion pour le grand public en offrant une image claire et concise des enjeux actuels pour l'humanité. Il explique également pourquoi et comment chacun d'entre nous peut agir. Cartographie de Cécile Marin. En coédition avec Nausicaâ, Centre national de la mer (Boulogne-sur-Mer). (couv.).


Chris Gibson, Antoine Mantilleri, Animaux sauvages, Larousse, 2007.
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Ce guide photographique de poche, remarquablement illustré, donne une description vivante et détaillée de 299 espèces de mammifères, reptiles et amphibiens. Un guide facile à utiliser, idéal pour les randonneurs et les amoureux de la nature. (couv.)


Thierry Lodé, La guerre des sexes chez les animaux, Odile Jacob, 2007.
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Eduardo Monteverde, Almagro dans ses brumes (roman), L'Ecailler, 2007.
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Dans une sorte de voyage initiatique qui commence à la suite d'une fête privée dans un des quartiers branchés de Mexico, la jeune Agueda va découvrir, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, la vrai quotidien des indigènes dans le village de Nonnes, en suivant Almagro, un médecin plus tout jeune, qui a décidé de l'emmener comme s'il en allait en faire sa femme, dans des contrées reculées où les brumes ont établi leur royaume. Almagro est plus que médecin, il agit comme un curé laïc et activiste vénéré par la plupart des indiens qui vivent dans l'épaisseur sauvage de la forêt, il est aussi craint et détesté par d'autres. Almagro dans ses brumes, est un parcours à travers les espaces oniriques d'un Mexique méconnu où se mêlent, l'histoire, la culture de deux civilisations que le temps a opposées et forcé à coexister mais pas à partager. On y trouve aussi une dure réalité, celle de l'enfer sur terre qu'habitent des indiens en chair et en os, qui loin d'être toujours d'innocentes victimes peuvent devenir d'impitoyables bourreaux. Un portrait au scalpel de la pauvreté et de l'oubli dans un pays qui n'en finit pas de confondre la misère avec le folklore et la superstition, avec une prose digne du grand Conrad et un style porté par un souffle faulknérien. (couv.).


Bertrand Lançon, Le rire des Luperques : Les enquêtes de Festus III (roman), Alvik Editions, 2007.
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377 après J.-C. Festus est conduit à mener l'enquête sur une série d'assassinats. Que signifient ces meurtres qui sont mis en scène sur le parvis de la fontaine la plus monumentale de Rome? Que viennent faire ces amulettes, phallus et croix? Pourquoi s'attaque-t-on aux membres de la vieille confrérie des Luperques, les compagnons-boucs de la religion romaine? Dans cette investigation délicate, Festus s'intéresse aux côtés les plus secrets de la société romaine. De multiples intérêts se mêlent. Personne n'en sortira complètement indemne. Après Le Complot des Parthiques et Le Prix des chiens, troisième enquête de Festus dans la Rome du IVe siècle après J.-C. (couv.).



Gilles Dowek, Les Métamorphoses du calcul,
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Socle même de la méthode mathématique depuis l'Antiquité grecque, la notion de démonstration s'est profondément transformée depuis le début des années soixante-dix. Plusieurs avancées mathématiques importantes, non toujours connectées les unes aux autres, remettent ainsi progressivement en cause la prééminence du raisonnement sur le calcul, pour proposer une vision plus équilibrée, dans laquelle l'un et l'autre jouent des rôles complémentaires. Cette véritable révolution nous amène à repenser le dialogue des mathématiques avec les sciences de la nature. Elle éclaire d'une lumière nouvelle certains concepts philosophiques, comme ceux de jugement analytique et synthétique. Elle nous amène aussi à nous interroger sur les liens entre les mathématiques et l'informatique, et sur la singularité des mathématiques qui est longtemps restée l'unique science à ne pas utiliser d'instruments. Enfin, et c'est certainement le plus prometteur, elle nous laisse entrevoir de nouvelles manières de résoudre des problèmes mathématiques, qui s'affranchissent de certaines limites arbitraires que la technologie du passé a imposé à la taille des démonstrations : les mathématiques sont peut-être en train de partir à la conquête d'espaces jusqu'alors inaccessibles. (couv.).


Jean-Claude Carrière, Einstein, s'il vous plaît, Odile Jacob, 2007.
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Une jeune fille d'aujourd'hui franchit une double porte, entre dans un vaste bureau, et se retrouve en présence... d'Albert Einstein lui-même! Ainsi commence, dans un espace-temps flexible, la rencontre entre cette étudiante curieuse et le facétieux physicien... cinquante ans après la mort de celui-ci. Ce livre surprenant invite à un voyage dans l'univers intellectuel d'Einstein. Destiné à tous, pour le plaisir de lire, de comprendre, et d'apprendre! (couv.).
 

Alain Absire, Sans pays, Fayard, 2007.
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Octobre 2005. Passionnée de culture française, Roséna quitte Haïti. En France, elle se retrouve confrontée à la politique "d'immigration choisie" : travail au noir, logement insalubre, contrôles, traque policière, incarcérations... Puis la rencontre de Souleymane, un Ivoirien dont le statut de réfugié politique a été refusé, et son arrivée à ses côtés dans le squat de Cachan où, comme des centaines de familles immigrées, elle sera violemment évacuée en août 2006, vont finir par la plonger dans l'enfer des clandestins. À la fois fiction et document, ce livre s'appuie sur des témoignages vécus et des faits réels pour révéler la peur, l'humiliation et la souffrance de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, qui ont cru pouvoir travailler et vivre dignement au pays des Droits de l'homme. (couv.).


Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècle) : Discours publics, humiliations privées, Fayard, 2007.
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Vingt ans après Le Creuset français, livre qui a ouvert la voie à l'histoire de l'immigration en France, Gérard Noiriel présente ici un bilan des recherches menées sur cette question depuis deux décennies. Pour la première fois, l'immigration étrangère, l'émigration coloniale et l'évolution du droit d'asile sont appréhendées dans une réflexion globale, qui permet d'éclairer les enjeux du débat actuel sur l'immigration "choisie", l'"intégration" et les "discriminations". L'analyse détaillée des discours publics sur ce sujet que nous livre l'auteur met en évidence les stéréotypes dont les immigrants ont été victimes pendant plus d'un siècle et le rôle que ces représentations négatives ont joué dans le développement de l'antisémitisme et du racisme. Gérard Noiriel plaidait depuis longtemps pour qu'un lieu de mémoire rappelle que, tout au long du XXe siècle, la France a été l'un des tout premiers pays d'immigration au monde. Avec l'ouverture de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, cet aspect de notre histoire contemporaine entre enfin dans la mémoire collective républicaine. Mais l'auteur nous met en garde contre les finalités de ce nouvel espace mémoriel qui, plus que fixer l'histoire, doit aussi permettre de faire reculer l'intolérance à l'égard des immigrants d'aujourd'hui et contribuer à l'éducation civique de tous les citoyens, y compris ceux qui aspirent à représenter le peuple français. (couv.).


Jacques Heers, Un homme, un vote?, Editions du Rocher; 2007.
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Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et al., Spoliations en Europe (Revue d'histoire de la Shoah, N° 186, janvier-juin), Centre de Documentation juive Contemporaine, 2007.
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De chapitre négligé de l'historiographie de la Shoah, les spoliations sont devenues depuis le milieu des années 1990 l'un de ceux parmi les plus étudiés. La production savante est considérable, elle concerne presque tous les pays d'Europe, générant thèses, articles, ouvrages et rapports officiels. Il est vrai que le "volet économique" de la Shoah a mobilisé un nombre important d'administrateurs, allemands ou non, pour recenser les biens, les placer sous administration provisoire, les liquider ou les vendre. Les procédures ont été multiples, variables selon les pays, les types de biens, les propriétaires spoliés, allant de la mobilisation bureaucratique complexe et  "moderne" au vol pur et simple. Ce numéro de la Revue d'histoire de la Shoah expose les éléments les plus importants de cette production intellectuelle récente. Ces recherches ont été développées dans un contexte bien particulier, puisqu'elles ont pour la plupart, et dans un premier temps, été commanditées par des organismes qui, hors du champ universitaire, répondaient à des demandes politiques et mémorielles tandis que se multipliaient les procès en Europe et aux Etats-Unis. Un choix des travaux les plus significatifs est proposé ici, qui entend montrer la diversité des procédures, balayer l'Europe d'est en ouest et du nord au sud en traitant de l'ensemble des types de biens spoliés. Les auteurs viennent de près de dix pays différents. Ces travaux sont présentés pour la première fois en français. (couv.).


Günther Weisenborn, Une Allemagne contre Hitler, Editions du Félin, rééd. 2007.
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Les images des grand-messes hitlériennes, les mises en scène grandioses du nazisme ont fait oublier les visages des Allemands qui ont refusé de sacrifier leur honneur aux rêves d'un Reich de mille ans. Le livre de Günther Weisenborn, minutieux compte rendu des résistances allemandes, témoigne de leur combat. Moins nombreux qu'en France, écrasés par un règne de terreur absolu, des hommes et des femmes de tous les âges se sont levés contre la folle entreprise de leur dirigeants. Simples soldats et officiers, ouvriers et écrivains, prêtres et pasteurs, ils furent des dizaines de milliers à refuser la désastreuse dictature. C'est aussi grâce à leur sacrifice qu'une autre Allemagne a pu renaître à la démocratie dans le concert des nations européennes. (couv.).


Jean-Louis Margolin, (préf. Yves Ternon), L'armée de l'empereur : Violences et crimes du Japon en guerre 1937-1945, Armand Colin, 2007.
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Massacres en masse de prisonniers de guerre, notamment à Nankin ; asservissement de millions d'Asiatiques et d'Occidentaux, entre camps de la faim et chantiers de la mort; atmosphère de terreur à l'échelle d'un quasi-continent; débauche de crimes sexuels et prostitution forcée ; utilisation de cobayes humains; pillage généralisé; intoxication par la drogue de populations entières. Cela dura huit ans et toucha 400 millions d'hommes. Ce terrifiant volet de la Seconde Guerre mondiale en Asie n'avait jamais fait l'objet jusqu'à présent d'une étude approfondie et globale. Les pratiques de guerre de l'Armée de l'Empereur du Japon sont minutieusement décrites afin d'en comprendre les mécanismes. Comment en arriva-t-on là? Les explications, trop simples, par la culture ou le contexte ne tiennent pas. C'est la conquête d'une armée par l'ultranationalisme, puis la conquête d'un pays par son armée qui sont en cause. Au-delà, c'est l'ère du fascisme, des totalitarismes, du triomphe de la brutalité qui trouva au Japon un formidable point d'appui. Ces horreurs des années 1940 restent encore au cœur des mémoires des années 2000. Le Japon s'est-il assez repenti? La Chine est-elle fondée à s'offusquer des manuels scolaires de son voisin? Et qu'en pensent les autres Asiatiques, dont l'attitude à l'égard de l'occupant nippon fut loin d'être unanime?  Pour comprendre à la fois les totalitarismes d'hier et l'Asie d'aujourd'hui, il était indispensable de mettre en lumière ces violences massives et méconnues. (couv.).


Gérard Chaliand, L'amérique en guerre : Irak-Afghanistan, Editions du Rocher, 2007.
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Laurent Vinatier, Russie, l'impasse tchétchène, Armand Colin, 2007.
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Les opérations engagées contre la Tchétchénie en 1994 à la suite de la déclaration d'indépendance de la petite république, loin d'obtenir le résultat escompté au vu du déséquilibre des forces, ont ouvert un conflit d'une complexité et d'une cruauté rares : dévastation de Grozny, terreur (exactions de l'armée russe et des milices tchétchènes pro-russes) et contre-terreur (prises d'otages, radicalisation islamiste tchétchène, etc.) Les solutions négociées à cette guerre instrumentalisée dans le cadre politique intérieur russe ont été au fur et à mesure balayées. C'est qu'il s'agit coûte que coûte de rétablir une "normalité" dont l'épuisement actuel des indépendantistes n'est qu'un gage très incertain. Est-il concevable que la Russie parvienne enfin à surmonter les blocages politiques et idéologiques qui entravent toute solution durable et humaine de la question? La recomposition définitive de l'Etat russe et le solde du passé soviétique ne se feront, en tout cas, qu'à ce prix. (couv.).


Frédérique Audouin-Rouzeau, Les Chemins de la peste : Le rat, la puce et l'homme, Tallandier, rééd. 2007.
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La peste, maladie de livres d'histoire, depuis longtemps comprise et endiguée? Loin de là. Le fléau continue de faire des victimes chaque année. Qu'on la dise noire, bubonique ou grande, la peste a plusieurs fois, au cours des siècles, décimé et terrifié l'humanité. La dernière pandémie (1894-1945) nous est familière depuis le roman de Fred Vargas Pars vite et reviens tard et ses références à la « peste des chiffonniers », qui faucha trente-quatre personnes à Paris et dans sa banlieue en 1920. La controverse sur les vecteurs de l'épidémie - les rats, les puces, ou certaines puces? - fait rage entre spécialistes depuis plus d'un siècle. Faisant appel à la médecine, à l'histoire, à l'entomologie, à l'archéologie, Frédérique Audoin-Rouzeau mène sur le sujet une enquête scientifique aussi rigoureuse qu'exaltante, sur les pas de son héros Adamsberg. (couv.).



Romero - Maillier, Bibracte, Archéologie d'une Ville Gauloise, Bleu Autour, 2007. 
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Bruno Lussato, Virus : Huit leçons sur la désinformation, Syrtes, 2007.
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Les phénomènes de désinformation sont devenus aujourd'hui partie intégrante du système de repères de nos sociétés et une arme nous poussant à favoriser nos adversaires les plus implacables au détriment de nos alliés. Paradoxalement, à cause de sa propension au débat politico-philosophique médiatisé, la France est l'un des pays les plus exposés à la désinformation.
Depuis Sun Tzu et Machiavel, le concept et la chose ont toujours hanté la pensée. On peut la décrire comme une distorsion intentionnelle entre la réalité et sa perception par un public cible. Sa force et sa subtilité résident en ce qu'elle mêle insidieusement vérité et mensonge pour conditionner les esprits et manipuler l'opinion. Construite à partir de données souvent véridiques et vérifiables, la désinformation les structure de façon tendancieuse et leur applique une grille de lecture implicite qui tronque et déforme la connaissance et l'analyse des faits. Le massacre des harkis, les tortures en Irak, les banlieues en flammes ou, plus saisissant encore, Le Cercle des poètes disparus, film à grand succès, puissant agent de désinformation faisant appel à l'image pour diffuser un message politique totalitaire : ce sont quelques-uns des événements qui résonnent profondément en nous et, de ce fait, amplifient l'effet des processus désinformants qui s'y attachent, et que Bruno Lussato expose magistralement dans ces "huit leçons". Le constat est accablant : nul ne peut échapper à la désinformation, inséparable de l'information comme l'ombre de la lumière, et qui se propage plutôt par contagion que par persuasion, comme un virus. La désinformation c'est les autres, mais en réalité et surtout, la désinformation c'est nous, en tant que porteurs actifs ou inconscients du virus.


Claire Moulène, Art contemporain et lien social, Cercle d'Art, 2007.
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Sensible à un contexte particulièrement désenchanté, de déréliction de la part du politique, et de disparition d'une certaine solidarité, certains artistes contemporains oeuvrent aujourd'hui dans le sens d'une consolidation du lien social. Ils activent l'échange direct, la réciprocité immédiate, initiant de grands rassemblements ou créant de plus modestes structures d'accueil. Ils préconisent une prise de conscience et une (auto)critique sociale nécessaire à un "être ensemble" serein et constructif. D'autres, refusant l'engagement direct au sein d'une pratique sociale, élaborent des utopies qui interrogent et critiquent l'organisation sociale et son lot de frustrations. (couv.).


L'Inde

Amina Okada, L'âge d'or de l'Inde classique, Editions Gallimard, 2007.
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En 320 de notre ère, l'arrivée d'une nouvelle dynastie, les Gupta, va marquer l'apogée de la civilisation indienne. L'époque gupta voit la rédaction de grands textes, tels le Vedânta et les Purâna, recueils de mythes et de légendes; c'est aussi le temps de l'épanouissement de la littérature et du théâtre. Dans cet âge d'or sans pareil de la civilisation indienne, les sciences (mathématiques, astronomie...) ne sont pas en reste. Quant à l'art, il atteint un raffinement et une perfection sans précédent. À noter : une exposition, L'Âge d'or de l'Inde classique, l'empire des Gupta, se tiendra aux galeries nationales du Grand Palais du 4 avril au 25 juin 2007. (couv.).


Alexandre Kalda, Promenade en Inde, Grasset & Fasquelle, 2007.
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Pour comprendre l'Inde, il faut y avoir vécu plus de vingt ans comme le fit Alexandre Kalda dont le nom, à l'ashram de Sri Aurobindo, fut Archaka (en sanskrit, celui qui invoque la lumière). Promenade en Inde est le résultat de l'expérience exceptionnelle de l'auteur qui étudia la civilisation, la culture et la vie quotidienne d'un pays tellement étranger à l'Occident.
A la fois récit de voyage, quête ethnologique et essai métaphysique, ce texte vivant, documenté et attachant permet une approche originale et authentique de l'Inde. Attentif et passionné, le regard d'Alexandre Kalda a su discerner, derrière les visages, les paysages et les mots, l'âme de l'Inde. (couv.).


Eric Paul Meyer, Une histoire de l'Inde, Albin Michel, 2007.
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L'Occident s'étonne aujourd'hui de voir le sous-continent indien faire son entrée sur la scène internationale. Mais en réalité, l'Inde "éternelle" et isolée du monde n'a jamais existé; elle fut une invention de l'Europe, confortée parfois par certains discours religieux des Indiens eux-mêmes. Un cinquième de l'humanité est l'héritier d'une histoire complexe, riche en ruptures et en épopées, qui couvre plus de quatre mille ans, des premières cités de l'Indus à l'empire d'Ashoka, de celui des Grands Moghols au Raj britannique, puis à l'Indépendance et à la Partition. Éric Paul Meyer, professeur et vice-président de l'Inalco, dresse ici une fresque vivante de ce monde en mouvement. On y voit naître le bouddhisme, se transformer l'hindouisme, s'implanter l'islam, arriver d'Occident les marchands et les missionnaires.
Au-delà des indispensables repères chronologiques, c'est à une réflexion plus thématique, centrée sur les liens entre économie, politique et religion que nous convie l'auteur. En montrant les enjeux considérables mobilisés par les différentes interprétations de cette histoire, il nous aide à comprendre l'un des acteurs majeurs de la mondialisation. (couv.).


Douglas Gressieux, Les Troupes Indiennes en France 1914-1918, Alan Sutton, 2007.
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Parmi les nombreux pays qui ont participé, aux côtés de la France, aux combats de la première guerre mondiale, il en est un qui est souvent ignoré : l’Inde.
L’Inde, alors sous domination britannique, apporte une lourde contribution au déroulement des opérations dans le nord de la France. Le corps d’armée indien, composé de 100 000 hommes regroupés en deux divisions d’infanterie et deux divisions de cavalerie, va perdre près de 10 000 hommes dans la boue des tranchées.
Sous le commandement britannique, l’armée de l’Inde débarque à Marseille le 26 septembre 1914 pour gagner les zones de combat par train jusqu’à Saint-Omer. Elle doit s’adapter au terrain et au rude climat hivernal car elle n’a jamais combattu en Europe. Les soldats indiens vont très vite pactiser avec la population française et se battre vaillamment à Arras, Lens, Bapaume, Neuve-Chapelle, Ypres et Mons.
La France marquera sa reconnaissance par l’inauguration, le 7 octobre 1927, du mémorial de Neuve-Chapelle par le maréchal Foch qui rendra, à cette occasion, un vibrant hommage aux soldats indiens :
« Rentrez chez vous, dans le lointain pays d’Orient baigné de soleil, et faites savoir au monde entier comment vos compatriotes ont trempé de leur sang la terre froide du nord de la France et des Flandres, comment, avec un courage exemplaire, ils l’ont délivrée en luttant au corps-à-corps avec un ennemi redoutable ; faites également savoir à l’Inde tout entière que nous veillerons sur leur tombe avec la même dévotion que méritent nos morts. » (couv.).


Vauban

Luc Mary, Vauban, le Maître des Forteresses, L'Archipel, 2007. 
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Salué comme l'un des plus grands ingénieurs militaires d'Europe, Sébastien Le Prestre de Vauban s'intéressa aussi aux impôts, à la navigation, la philosophie, l'urbanisme, la politique, tous ces domaines contribuant à sa nature de fin stratège. 300 ans après sa mort, son travail est encore gravé dans la pierre de ses citadelles. S'il servit fidèlement le roi jusqu'à devenir maréchal de France, Vauban sut aussi s'élever contre son absolutisme : son opposition à la révocation de l'édit de Nantes, sa suggestion d'imposer équitablement tous les sujets du royaume en sont des exemples emblématiques. Vauban fut-il un "royaliste révolutionnaire" ou un simple réformateur ? (couv.).



Daniel Halévy, Vauban, Fallois, 2007.
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Toutes ses villes frontières, Vauban les a armées, et si fortement ceinturées qu'elles restent prises dans les limites qu'il leur a données : le tumulte moderne se resserre et se range un instant pour passer sous ses portes sévères. Vauban a fortifié les Pyrénées, les Alpes ; la Catalogne et le Dauphiné portent toujours sa marque ; ses plans ont achevé le canal des Deux-Mers. Son oeuvre, après deux siècles, reste debout. Ses bastions surveillent la plaine flamande, la Méditerranée les reflète. Il en a été touché lui-même, il l'a aimé, cherché; comme le médecin le plus attentif, il en a écouté les palpitations, et le cherchant ainsi, il a trouvé la voie secrète de l'amour. Demandez à un écolier qu'il vous écrive les noms des dix meilleurs serviteurs de l'ancienne France ; parmi ces dix noms il mettra celui de Vauban. Napoléon, en 1808, fit prendre, à l'église de Bazoches en Morvan, le coeur de Vauban et le plaça aux Invalides ; il avait compris la légende française. Cet homme au nom si populaire, que savons-nous de lui ? Quel fut son style, et l'accent de sa voix ? Nous l'ignorons. Vauban est un symbole dont l'être nous échappe. Dans ce siècle qui s'est raconté, qui s'est montré avec génie, Vauban passe, on le voit à peine. Mme de Sévigné ne semble pas l'avoir connu. La cour intéresse; Vauban n'en est pas. S'il vient à Versailles, c'est pour affaire pressante, et son séjour est bref. Il y est aussi gauche que Jean Bart glissant avec ses clous sur le parquet de la galerie des Glaces; comme le marin sent la marée, Vauban le maçon sent le plâtre et la terre. Il est toujours au loin, dans la neige, dans la boue; s'il ne combat pas, il construit, voyage et lève des plans. Vauban s'est dévoué à son oeuvre, il y a disparu. (couv.)

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