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Mars 2005
En vitrine

Vassili Axionov , A la Voltaire, Actes Sud (Roman à l'ancienne), 2005.
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A la Voltaire repose sur un canevas historique : Catherine II, tsarine libérale, amie des lumières, a subi l'influence de Voltaire et a entretenu avec lui une correspondance qui a duré, après son accession au trône, jusqu'à la mort de l'écrivain. De cette situation, Vassili Axionov a tiré une oeuvre fantasmagorique où la correspondance assidue débouche sur une rencontre entre les deux prestigieux interlocuteurs, et nous convie à un vrai feu d'artifice dont Voltaire est l'astre central. 

Dans ce roman picaresque, très XVIIIe siècle, on apprend tout des amours malheureuses du grand homme, la vérité sur l'affaire Calas, l'importance des pigeons voyageurs en temps de guerre, l'acuité des réflexions sur le servage en Russie dans les plus hautes sphères du pouvoir, etc. Sans oublier les deux jeunes godelureaux, agents secrets de la Souveraine (La Russie au XVIIIe s.), suivis depuis les premières pages et qu'on retrouve à la fin, "pleins d'usage et raison", retirés sur leurs terres comme le père du prince André, héros d'un des romans-monuments de la littérature russe.

A travers cette mascarade court un fil conducteur grave, toujours présent, jamais pesant, un infini respect pour l'idée voltairienne de la tolérance et avec elle le refus des idées toutes faites, de la superstition, de toutes les contraintes, où se rejoignent la foi en la nature humaine de Voltaire et la recherche de "l'Homme Bon" axionovien. S'il faut en croire la critique unanime et le Booker Prize du meilleur roman russe 2004 décerné à l'auteur, Voltaire n'aurait pas tout à fait quitté la Russie. Déjà, en 1812, à Moscou avec Napoléon, Stendhal s'étonnait et se réjouissait de trouver les oeuvres complètes du grand écrivain dans tant de belles demeures... promises aux flammes. (couv.).


Marquis De Custine, La Russie en 1839, Actes Sud (Thésaurus), 2005.
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La Russie en 1839 est un extraordinaire journal de voyage au "Royaume des façades", prémonitoire et visionnaire. Dans la réédition de Custine parue aux éditions Solin, en 1990, Hélène Carrère d'Encausse écrivait dans sa préface : "Custine (...) témoigne de la difficile rencontre entre la Russie tendue vers l'Europe et l'Europe qui ne sut jamais comment traiter et comprendre la Russie." On en est toujours là. Et les derniers événements en Ukraine en sont la parfaite démonstration.

La destinée de ce livre reste singulière. Publié en 1843, et bien qu'il décrive la réalité russe de son époque, l'ouvrage de Custine a traversé presque deux siècles comme s'il était le miroir du moment. Pertinent au temps du tsarisme, il l'est resté sous le communisme et retrouve son actualité sous Poutine.

Bien entendu, le livre fut interdit par le Tsar, l'ambassade de Russie à Paris suscita des réfutations, on essaya même de stipendier Balzac pour ce faire et on alla jusqu'à mettre en avant l'homosexualité de l'auteur pour expliquer sa hargne contre le régime tsariste. C'est vrai que Custine n'y allait pas de main morte en fustigeant les travers du régime de Nicolas Ier : "En Russie, le gouvernement domine et ne vivifie rien. Dans cet immense empire, le peuple, s'il n'est tranquille, est muet; la mort y plane sur toutes les têtes et les frappe capricieusement ; c'est à faire douter de la suprême justice; là l'homme a deux cercueils : le berceau et la tombe.

Les mères y doivent pleurer la naissance plus que la mort de leurs enfants." On voit bien le ton, le style, et tout le livre est à l'avenant, celui d'un grand écrivain assurément!

Custine, s'il n'est resté que peu de temps en Russie, était parfaitement renseigné par des amis polonais (la "question polonaise", la mise au pas par la Russie de la Pologne qui, beaucoup plus que la Tchétchénie aujourd'hui, avait suscité l'indignation des Français), des opposants dont des amis de Pouchkine. (couv.).

M. Le Bris, O. Grunewald, Vue sur l'Ouest américain, territoire sauvage, Le Chêne, 2005.
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L'ouvrage joue véritablement le pari du format panoramique, laissant toute leur place aux paysages, ouvrant les perspectives pour donner aux espaces leur vraie respiration. Grâce à une étroite adéquation entre les éblouissantes photos d'Olivier Grunewald et le texte documenté, épique et historique de Michel le Bris, il donne à découvrir des aspects inattendus, originaux de l'Ouest mythique. L'accent est mis sur les matières, les couleurs, les ciels et les espaces, mais aussi sur des détails significatifs (faune, flore). Quelques documents anciens (Indiens, chercheurs d'or, etc.) appuient le propos de l'auteur. (couv).



Carlo Mari, Lumière d'Afrique,  Le Chêne, 2005.
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« L'on peut voir pendant des mois le matin se lever sur la brousse, et cette neuve fraîcheur et cette neuve beauté sont des choses à quoi l'on ne peut pas entièrement s'accoutumer. On a beau savoir à quoi cela ressemble, chaque nouveau matin vous apporte pourtant le nouvel enchantement de la surprise et de l'émerveillement. » Vivienne de Watteville (Un thé chez les éléphants). Dans la même collection que le Fleuve des Sables, voici l'Afrique des grands parcs nationaux superbement mise en scène par le photographe milanais Carlo Mari. Cette Afrique-là possède encore ce que le reste du monde a perdu : de grands espaces, une nature intacte, des animaux libres... De l'aube à la chaleur du midi, de la fraîcheur montante du soir au coucher du soleil, le photographe a parcouru les parcs de Masai Mara, Amboseli ou Nakuru (Kenya), derniers refuges des lions, girafes, hippopotames, rhinocéros, impalas, diks-diks, guépards, léopards, gnous, éléphants, zèbres et autres espèces sauvages. Invitant à la découverte d'une nature sublime, magnifiée par la lumière, ses images s'accompagnent de récits de voyage de grands écrivains du monde entier, tous épris de nature tels Karen Blixen (1885-1962), Joseph Kessel (1898-1979), Vivienne de Watteville (1900-1957) ou encore Rudyard Kipling (1865-1936).  (couv.).



P. Sombardier, Du mont Aiguille à l'Obiou, Glénat, 2005.
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Situés à une heure de Grenoble ou de Gap, le mont Aiguille et l'Obiou figurent parmi les sommets les plus connus des Alpes. Mais la région qui s'étend à leur pied, blottie entre le Vercors et les Écrins, est restée à l'écart du tourisme de masse et de ses nuisances. Le Trièves et le Dévoluy constituent donc un paradis du wilderness pour les randonneurs et les alpinistes à la recherche de grands espaces vierges et de solitude.
Vous trouverez dans ce beau livre, qui est aussi un guide précis, de nombreuses informations inédites sur des itinéraires qui méritent d'être découverts ou redécouverts.
Dans un paysage plein de force baigné par la lumière des Alpes du Sud, les randonnées familiales côtoient des itinéraires audacieux, parfois à la limite de l'alpinisme. L'absence de références classiques et l'imprécision des cartes ont obligé Pascal Sombardier, l'auteur des Randonnées du vertige en Chartreuse et Vercors, à se livrer à une véritable exploration de ce pays authentique et tourmenté, sur des itinéraires qui témoignent d'une histoire étonnante. (couv.).



Autres titres

Simaan, L'image du monde depuis Newton, Vuibert, 2005.

Le Ru, Voltaire newtonien, Vuibert, 2005.

Aurélie Buron, Christophe Colomb, L'Ecole des Loisirs, 2005.

Aldous Huxley, Tour du monde d'un sceptique, Payot, 2005.

Umberto Eco, De la littérature, Livre de Poche, 2005.

P. Tierney , Au nom de la civilisation, Hachette Pluriel, 2005. 

Sylvie Paquerot, Eau douce, la nécessaire refondation du droit international, Presses de l'université de Québec, 2005.
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L'eau douce est une ressource vitale non seulement pour les êtres humains, mais aussi pour l'ensemble de la biosphère. Or, au nom de la "rareté", on nous propose de la considérer comme un "bien économique", susceptible d'être approprié et échangé selon les règles du marché. Mais ces règles, fondées sur la propriété et donc l'exclusion, ne peuvent garantir en ce domaine le respect de la dignité humaine. Peut-on transformer en marchandises tous les biens et services, matériels et immatériels, nécessaires à la vie et au "vivre ensemble" et laisser l'équilibre entre l'offre et la demande décider de leur allocation?

C'est en réaction à l'application de la logique marchande que l'auteure situe sa recherche d'un statut juridique pour l'eau qui soit adapté à son caractère non substituable et à sa nature vitale pour l'humanité. Après avoir conclu à l'incapacité actuelle du droit international à sauvegarder les ressources planétaires en eau douce et à en assurer la juste et équitable distribution, l'auteur démontre la nécessité d'échapper à la logique marchande et de considérer l'accès à l'eau en tant que droit humain universel. (couv.).


Hubert Reeves, Chroniques du ciel et de la vie, Le Seuil, 2005.
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Quel mauvais sort semble avoir été jeté sur l'espèce humaine? Pour quelles raisons son impact sur la nature est-il si profondément dévastateur et si difficile à transformer en action positive?

Mais "là où il y a danger, croît aussi ce qui sauve", écrivait le poète Hoelderlin. L'espoir naît aujourd'hui d'une conscience rapidement croissante de la gravité de la situation et des efforts vigoureux pour panser les blessures de la planète. Peut-être nous épargneraient-ils de figurer un jour sur la liste des espèces disparues.

L'avenir de la vie sur Terre est éclairé par des connaissances que, grâce au travail des scientifiques depuis des siècles, nous avons accumulés sur notre monde. Les galaxies et les atomes nous permettent de mieux comprendre, et peut-être, de mieux maîtriser notre destin. (H. R.).


Simon Schwarzfuchs, Rachi de Troyes, Albin Michel, 2005.

« Et que dit Rachi ? » Cette question rituelle rythme aujourd'hui encore l'étude traditionnelle de la Bible et du Talmud. Rachi est l'acronyme de Rabbi Salomon ben Isaac de Troyes (1040-1105), maître champenois qui, le premier, écrivit un commentaire exhaustif sur l'ensemble des textes sacrés du judaïsme

Après lui, plus personne n'entreprit une telle tâche, tant son oeuvre semblait parfaite. Il fut le professeur direct ou indirect de presque tous les sages d'Europe du Nord et son génie fut même reconnu dans le monde chrétien. A ce jour, des centaines de commentaires ont été écrits sur son oeuvre et les linguistes trouvent chez lui un témoin précieux de l'ancien français. L'auteur nous expose ici la vie, l'oeuvre et l'influence de Rachi tout en dressant un portrait vivant de la vie juive dans la France du Moyen Âge. (couv.).


Pour les plus jeunes

J. Clutton-Brock, Petits et grands félins, Gallimard jeunesse, 2005. 

Bobbie Kalman, Arthropodes, Novalis, 2005. 

Antoine Sabbagh, Héros et rois du Moyen âge, Nathan, 2005. 

Jean-Benoit Durand, La Terre en colère, Nathan, 2005.

Robert Badinter (prés.), Le Livre des droits de l'homme, Gallimard, 2005.

Michel Sanchez-Cardenas, Voyage au centre de la Terre-mère - Jules Verne chez le psychanalyste, Albin Michel, 2005.
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Sous les apparences d'un récit d'aventures, Le Voyage au centre de la terre de Jules Verne constitue l'exemple même du récit initiatique : Axel, jeune orphelin timoré, s'en va braver mille dangers et, victorieux, il devient un adulte courageux, prêt à prendre femme. Mais c'est également un récit hautement métaphorique. 

Verne nous mène de la raison scientifique jusqu'aux hallucinations oniroïdes de l'inconscient le plus profond, nous entraînant ainsi dans un véritable Voyage au centre du psychisme. Lourd d'une symbolique sexuelle omniprésente, ce roman navigue en effet entre le désir inconscient d'une fusion incestueuse avec la terre, qui symbolise la mère morte du héros, et l'interdit oedipien.

Avec cette démonstration aussi captivante que divertissante Michel Sanchez-Cardenas nous offre aussi une riche et surprenante introduction à la psychanalyse. (couv).



Nabil Saleh, Outremer, L'Harmattan, 2005.
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Outremer est un roman de religion et d'hérésie, de loyauté et de complots, situé au Levant au XIIIe siècle. Aimeric, le fils d'un cathare ayant fuit la forteresse de Montségur pour échapper aux persécutions religieuses, est envoyé à Acre avec une mission de vengeance mais il découvre sa véritable identité quand il est assailli par les doutes et qu'un médecin le prend sous sa protection.

Le monde d'Outremer, les états croisés en Orient, est un monde d'intolérance, de fanatisme, de cruauté et de guerres perpétuelles. Aimeric et sa jeune famille cherchent la paix auprès de la communauté maronite de Gibelet près de la montagne libanaise, mais la encore, il est mêlé à toutes sortes de conflits, Chrétiens orientaux et occidentaux, Mamelouks et autres musulmans, juifs et druzes passent leur vie entre guerre et paix, compromis et affrontements, exactement comme leurs héritiers contemporains : comme si rien n'avait changé et qu'aucune leçon n'avait été tirée. (couv.).


Gwiazdzinski, La ville déshabillée par un géographe et un économiste, Organisation éditions, 2005.

Peut-on aimer sa vie en ville? Suivez ces deux fous des phénomènes urbains qui nous invitent à une surprenante visite guidée pour vous faire voir la ville autrement. Habitants, élus, touristes, entreprises, jeunes et moins jeunes... : ce lieu de vie apprivoisé par les Français depuis seulement un demi-siècle est l'objet de toutes les convoitises. (couv).


Annie Cohen-Solal, Jean-Paul Sartre, PUF (QSJ), 2005.
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Comment saisir une oeuvre aussi imposante que l'oeuvre sartrienne qui, en abordant tous les domaines d'écriture (roman, nouvelle, philosophie, théâtre, cinéma, critique, articles journalistiques, entre autres), s'adresse à tous les publics? 

Comment cerner l' « entreprise » sartrienne qui s'attacha à déchiffrer tous les aléas politiques et éthiques de son siècle, tout en expérimentant, en précurseur, les défis et les engagements de notre quotidien? Comment approcher «-Sartre tout entier », avec ses revirements, ses courages, ses outrances, ses enthousiasmes?
 

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