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Février 2006
En vitrine

Michel Onfray, Contre-histoire de la philosophie (t. 1, l'archipel pré-chérien), Grasset et Fasquelle, 2006.
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Dans cette Contre Histoire de la philosophie, Michel Onfray se propose d'examiner en six volumes vingt-cinq siècles de philosophie oubliée. Les manuels, les histoires, les encyclopédies, les travaux universitaires, les programmes scolaires, les colloques, les éditions, les traductions évitent soigneusement cet immense continent de la philosophie. Voilà pourquoi nous ne connaissons de cette discipline que ses protagonistes les plus austères et les moins drôles. Pour quelles raisons? Parce que l'histoire de la philosophie est écrite par les vainqueurs d'un combat qui, en gros, opposa idéalistes et matérialistes

Avec le christianisme, les premiers accèdent au pouvoir intellectuel pour vingt siècles. Dès lors, ils favorisent les penseurs qui travaillent dans leur sens et effacent consciencieusement toute trace de philosophie alternative. D'où une occultation des matérialistes, des cyniques, des cyrénaïques, des épicuriens, des gnostiques licencieux, des frères et soeurs du Libre Esprit, des libertins baroques, des ultras des Lumières, des utilitaristes anglo-saxons, des socialistes dionysiens, des nietzschéens de gauche et autres continents peuplés de furieux personnages. 

Cette Contre histoire en raconte l'aventure. Le point commun de tous ces individus? Leur goût d'une sagesse praticable, d'un vocabulaire clair, d'un exposé limpide, d'une théorie à même de produire une vie philosophique. A la manière des sages antiques, tous tournent le dos au langage obscur, à la philosophie pour philosophes, aux discussions de spécialistes, aux sujets professionnels pour faire de la philosophie un art de vivre - de bien vivre, de mieux vivre. 

Ces six volumes ramassent sept années du travail effectué par Michel Onfray pour nourrir son séminaire de philosophie hédoniste à l'Université Populaire de Caen créée par ses soins en 2002. Ces textes servent de support à ses improvisions effectuées chaque mardi soir devant plus de cinq cents personnes. Ses cours sont diffusés par France Culture depuis trois années et édités en coffrets de douze CD audio par Frémeaux, avec France Culture et Grasset. Les trois coffrets parus (sur douze prévus) ont déjà permis en moins de deux ans la vente de plus de 150.000 disques. (couv.).


Thierry Leterre, Alain, Stock, 2006.
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Le philosophe Émile Chartier, plus connu sous le pseudonyme d'Alain (1868-1951), a traversé la IIIe République dans son entier : il y a imposé une certaine image du philosophe, longtemps restée symbole du style français par excellence. Toute sa vie, il s'est identifié à son rôle de professeur de khâgne, puisqu'il a toujours refusé de rejoindre l'université même lorsque sa célébrité le lui aurait permis. Mais Alain est aussi connu pour avoir inventé un genre particulier : le journalisme philosophique. Pendant plusieurs décennies, il a publié quotidiennement dans différents journaux ses fameux Propos, qui feront davantage pour sa légende que ses livres de philosophie pure. Enfin, il a incarné dans l'entre-deux guerres le pacifisme résolu, lui qui s'était porté volontaire pendant la Grande Guerre. Sa conviction laïque et républicaine, son pacifisme acharné ont fait de lui le chantre de la culture radicale des années 1920-1930. À travers lui, ce sont les milieux de l'enseignement, de la politique sous la IIIe République et du journalisme en Province et à Paris que l'on voit défiler. (couv.).

Vita Sackville-West Une aristocrate en Asie, Payot, 2006.
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La romancière anglaise Vita Sackville-West (1892-1962) inspira à Virginia Woolf le personnage androgyne d'Orlando.

Mais elle eut aussi un mari écrivain et diplomate, Harold Nicolson, et c'est avec lui qu'au milieu des années 1920 elle décida de suivre, au sud-ouest d'Ispahan, une ancienne piste de montagne fréquentée par les caravanes et empruntée jadis par Alexandre le Grand pour gagner l'Inde. 

A dos d'âne et en voiture, le truculent périple du couple sera émaillé de scènes de ménage, Harold ne perdant pas une occasion d'accabler de reproches cette épouse qui l'a emmené se perdre au milieu des nomades... (couv.).


Audouin Dollfus, La grande lunette de Meudon, les yeux de la découverte, CNRS, 2006. 
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La grande lunette de Meudon, qui fut la plus grande lunette d'Europe, a brillé sur l'astronomie presque tout le long du XXe siècle. Devenu mythique, l'instrument hors normes symbolise une manière de penser l'astronomie et de la pratiquer. 

Audouin Dollfus, astronome de renom, l'un des derniers témoins actifs des grandes années de la lunette, nous donne à voir ici toute l'histoire de ce magnifique instrument : depuis la naissance de l'idée qui poussa Jules Janssen, à la fin du XIXe siècle, à doter l'astronomie française d'une lunette astronomique hors pair, dont l'audace frisait la limite des ressources techniques, industrielles et artisanales alors en mutation, jusqu'en 2006, premiers pas vers une réouverture au public de l'instrument après sa restauration. 

Pour l'œil géant de Meudon, les planètes s'imposèrent d'abord en cibles privilégiées. C'est d'ailleurs la grande lunette qui permit de mettre définitivement fin au mythe tenace des canaux martiens. On rivalise à l'oculaire pour grossir, décrypter, reproduire et comprendre les événements qui se déroulent sur ces mondes. Des étoiles explosent dans le ciel et la grande lunette en décompose aussitôt les lumières. Le grand appareil sort péniblement de la Seconde Guerre mondiale, mais il repart pour un nouvel élan. 

Les étoiles doubles décrivent lentement leurs orbites surveillées par des regards attentifs armés du grand objectif. Les planètes reviennent dans le champ des préoccupations des astronomes et dans celui des oculaires. Vers la fin du XXe siècle, les télescopes au sol de plus en plus performants puis les sondes spatiales rénovent la manière de pratiquer la science, et la grande lunette quitte le devant de la scène.

A l'heure où la grande lunette prend un nouveau départ, cet ouvrage présente une aventure scientifique, technologique et humaine hors du commun. (couv).


Emmanuel Di Folco, Pourquoi le Terre tourne-t-elle?, Le Pommier, 2006.
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Pourquoi la Terre tourne-t-elle? Quels sont précisément les mouvements de notre planète? Sont-ils vraiment inaccessibles à nos sens? Quelles sont leurs conséquences? Quand et comment la Terre a-t-elle commencé de tourner? Tournera-t-elle toujours? (couv.).

Lucienne Strivay, Enfants sauvages, approches anthropologiques, Gallimard, 2006.

Pourquoi les enfants que l'on dit avoir été adoptés par des animaux, qui ont connu le traumatisme d'un isolement total dans la nature ou une claustration prolongée suscitent-ils tant de fascination? D'où vient, par exemple, que la presse d'aujourd'hui ait trop rapidement tendance à parler d'enfant sauvage à propos de cas de maltraitance ou de marginalisation d'un jeune, quand l'anthropologie ne semble plus s'en préoccuper ?

On n'a pas toujours ni partout parlé d'enfant sauvage. C'est surtout en Occident, pendant deux ou trois siècles (du XVIe au XVIIIe), qu'il est au cœur d'une recherche sur la nature de l'homme, sa sensorialité, sa stature, sa subsistance, la nécessité ou non de sa vie sociale, son esprit ou son langage.
Qu'est-ce donc qui a pu faire émerger comme un modèle, impliquant l'ensemble des connaissancesphilosophie, science politique, droit, histoire naturelle, médecine et psychologie –, ce qui n'était resté longtemps qu'une curiosité assez anecdotique et qui a fini par redevenir un fait divers? se demande l'anthropologue Lucienne Strivay. 

Sans refaire une histoire critique des témoignages, ni trancher l'alternative sommaire entre sauvagerie et déficience mentale, elle entreprend ici l'archéologie conceptuelle de cette figure essentielle.

Comment est-on passé de la fable, des mythes, des contes, des textes sacrés ou des hagiographies, ou encore des curiosités naturelles, au questionnement sur les origines : celles des langues, des sociétés, de la culture, de l'homme? Comment les enfants sauvages ont-ils été utilisés par la pensée occidentale comme un instrument de projection jusqu'à représenter la faille ou la caution des valeurs de la culture?  (couv.).



Stine Jensen, Les femmes préfèrent les singes (trad. Micheline Goche), Le Seuil, 2006.
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D'étranges liens se sont tissés, au cours des dernières décennies, entre les grands singes  - chimpanzés, gorilles, orangs-outans - et des femmes. Liens bien réels, qui ont révolutionné la science du comportement animal, avec Dian Fossey, Jane Goodall et d'autres primatologues, dont les travaux ont fait l'objet d'opérations de marketing médiatique à grande échelle. 

On savait les grands singes génétiquement très proches de nous, on apprit que la plupart de nos comportements avaient des équivalents chez eux. Liens fantasmatiques aussi. Nombre de films et de livres mettent en scène des relations amoureuses entre une femme et un singe. 

De King Kong à Max, mon amour et de La Femme et le Singe de Peter Hoeg à Brazzaville Plage de William Boyd, l'auteur procède, sur l'incertaine frontière science, cinéma et littérature, à une analyse fine et juste d'un nouveau mythe contemporain - celui du singe comme modèle de l'homme de demain. (couv.).

Ingres

Parmi les livres qui accompagnent la rétrospective que le Louvre consacre à l'oeuvre d'Ingres, on signalera :

Collectif, Ingres, Gallimard, 2006.
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Sublime portraitiste, peintre d'histoire à la recherche de ruptures, provocateur poète du corps de la femme, esprit sensuel et voyeur sachant aussi rendre le hiératisme, le mysticisme et la pureté du fait religieux, immense dessinateur et subtil coloriste, Ingres ne peut aujourd'hui que nous étonner et nous séduire par la puissance et l'indépendance de sa pensée et de son esthétisme. À partir des recherches factuelles et contextuelles les plus récentes, le présent ouvrage, catalogue de la première rétrospective consacrée à Ingres en France depuis 1967, a l'ambition de faire redécouvrir un artiste passionné et excessif, profondément original et quasi marginal, un homme de contrastes capable d'être à la fois un révolté et un défenseur de la tradition, un classique et un destructeur d'idées reçues. Par la nouvelle approche de l'oeuvre du peintre que propose cet ouvrage, nous espérons que le lecteur pourra mieux comprendre la démarche esthétique d'un homme qui, en régénérant la tradition et en renouvelant les modèles classiques, consacra sa vie à une patiente réflexion sur la représentation picturale du corps humain, d'un artiste pour lequel les débats entre la ligne et la couleur importaient peu, puisqu'il avait quant à lui privilégié une vision synthétisant le réalisme et l'idéalisation de la description sensuelle, charnelle, du corps humain. 
(couv).



Vincent Pomarède, Stéphane Guégan et al.
Ingres (ce révolutionnaire-là), Gallimard, 2006.
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Ingres, adorateur de la Grèce antique et gardien des traditions; Ingres, membre influent de l'Institut et défenseur de la ligne en pleine tempête romantique ; Ingres durement critiqué, parfois haï, finalement admiré... En restituant avec brio soixante-dix années d'une époque mouvementée - de la Terreur au Second Empire -, Stéphane Guégan déconstruit l'image traditionnelle du peintre. Et montre combien il faut se méfier de son apparent classicisme, de sa vénération ostentatoire envers Raphaël, de son acharnement à triompher au Salon. La peinture d'Ingres - et pas seulement les nus voluptueux ou les portraits mordants -, déborde sans cesse les limites et les règles dont elle se réclame. Avec son sens aigu des détails et son modelé lisse, ses déformations anatomiques et ses teintes franches, avec ses corps érotisés à l'extrême, il est le peintre de l'excès plus que de la table rase. Par un travail obstiné - dès 1806, il voulut être pour les arts « ce révolutionnaire-là » -, Ingres a atteint une liberté de style unique, qui allait fasciner nombre d'artistes modernes. (couv.).



Jean-Pierre Cuzin, Ingres, regards croisés, Place des Victoires, 2006.

Autres nouveautés

Michel Serres, Récits d'humanisme, Le Pommier, 2006.

P.-M. Cayol, Apaches, le peuple de la femme peinte-en-blanc, Le Rocher, 2006.

Jacques Dalloz, Dictionnaire de la Guerre d'Indochine, Armand Colin, 2006.

Christian Comeliau, La croissance ou le progrès?, Le Seuil, 2006.

Erika Rosenberg, Emilie Schindler, une héroïne dans l'ombre, Lanore, 2006.

R Boure, Sciences et écritures, Presses Universitaires du Mirail, 2006.

Christian Schweiger et Clémens Zerling, Masques des Alpes, Désiris, 2006.

Issouf Ag Maha,  Touareg du XXe siècle, Grandvaux, 2006.

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