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- ![]() Le philosophe Émile Chartier, plus connu sous le pseudonyme d'Alain (1868-1951), a traversé la IIIe République dans son entier : il y a imposé une certaine image du philosophe, longtemps restée symbole du style français par excellence. Toute sa vie, il s'est identifié à son rôle de professeur de khâgne, puisqu'il a toujours refusé de rejoindre l'université même lorsque sa célébrité le lui aurait permis. Mais Alain est aussi connu pour avoir inventé un genre particulier : le journalisme philosophique. Pendant plusieurs décennies, il a publié quotidiennement dans différents journaux ses fameux Propos, qui feront davantage pour sa légende que ses livres de philosophie pure. Enfin, il a incarné dans l'entre-deux guerres le pacifisme résolu, lui qui s'était porté volontaire pendant la Grande Guerre. Sa conviction laïque et républicaine, son pacifisme acharné ont fait de lui le chantre de la culture radicale des années 1920-1930. À travers lui, ce sont les milieux de l'enseignement, de la politique sous la IIIe République et du journalisme en Province et à Paris que l'on voit défiler. (couv.). |
- ![]() La romancière anglaise Vita Sackville-West (1892-1962) inspira à Virginia Woolf le personnage androgyne d'Orlando. Mais elle eut aussi un mari écrivain et diplomate, Harold Nicolson, et c'est avec lui qu'au milieu des années 1920 elle décida de suivre, au sud-ouest d'Ispahan, une ancienne piste de montagne fréquentée par les caravanes et empruntée jadis par Alexandre le Grand pour gagner l'Inde. A dos
d'âne et en voiture, le truculent périple du couple sera émaillé
de scènes de ménage, Harold ne perdant pas une occasion d'accabler
de reproches cette épouse qui l'a emmené se perdre au milieu
des nomades... (couv.).
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Pourquoi les enfants que l'on dit avoir été adoptés par des animaux, qui ont connu le traumatisme d'un isolement total dans la nature ou une claustration prolongée suscitent-ils tant de fascination? D'où vient, par exemple, que la presse d'aujourd'hui ait trop rapidement tendance à parler d'enfant sauvage à propos de cas de maltraitance ou de marginalisation d'un jeune, quand l'anthropologie ne semble plus s'en préoccuper ? On
n'a pas toujours ni partout parlé d'enfant sauvage. C'est surtout
en Occident, pendant deux ou trois siècles (du XVIe au XVIIIe),
qu'il est au cœur d'une recherche sur la nature de l'homme, sa sensorialité,
sa stature, sa subsistance, la nécessité ou non de sa vie
sociale, son esprit ou son langage.
Sans refaire une histoire critique des témoignages, ni trancher l'alternative sommaire entre sauvagerie et déficience mentale, elle entreprend ici l'archéologie conceptuelle de cette figure essentielle. Comment est-on passé de la fable, des mythes, des contes, des textes sacrés ou des hagiographies, ou encore des curiosités naturelles, au questionnement sur les origines : celles des langues, des sociétés, de la culture, de l'homme? Comment les enfants sauvages ont-ils été utilisés par la pensée occidentale comme un instrument de projection jusqu'à représenter la faille ou la caution des valeurs de la culture? (couv.). |
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