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La lettre K
La lettre K de l'alphabet latin n'est autre que le K (kappa) grec que les documents les plus anciens nous montrent retourné (), comme du reste tous les autres caractères de l'écriture grecque; c'est la forme cadméenne, très semblable encore au caractère de l'alphabet phénicien nommé kaf, c.-à-d. paume (de la main). On a cherché une dérivation de cette lettre du caractère hiératique égyptien correspondant, mais elle est peu convaincante; aussi a-t-on pu soutenir, non sans vraisemblance, que le K phénicien devait dériver plutôt du guimel, caractère correspondant au G, auquel se serait ajouté un second trait oblique formant angle avec le premier.

Origine et dérivations du K latin
Origine et dérivations du K latin.

Quoi qu'il en soit, la forme du K, telle qu'on la trouve dans l'alphabet monumental latin, n'a guère varié au cours des âges, même dans les écritures cursives et minuscules. Il est en somme peu de lettres qui soient toujours et partout restées aussi constamment semblables à elles-mêmes. De très bonne heure et déjà même dans l'écriture épigraphique latine, pour former d'un seul trait les deux barres obliques de droite, on a remplacé l'angle aigu qu'elles forment par une-courbe, et ces deux barres ont pris l'apparence d'un C. Souvent ce trait arrondi n'est pas immédiatement juxtaposé
à la barre verticale à laquelle il est réuni dans ce cas par une barre horizontale, analogue à celle de l'H de l'écriture  capitale, ce qui parfois fait prendre ce caractère pour les deux lettres l c ou h c, erreur de lecture assez commune. 
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Lettres historiées et ornées.
1. Manuscrit franc du VIIe siècle. Lettres de saint Augustin. 
2. Ms. franc du VIIe siècle.
3. Ms. franc du VIIIe siècle. Sacramentaire de Gellone. 
4. Ms. wisigothique du VIIIe siècle. Ancien Sacramentaire.
5. Ms. wisigothique du VIIIe s. Anciens traités de médecine. 
6. Ms. lombard du XIe siècle. Ms. du Mt-Cassin.
7. Ms. italien du XIIe siècle. Bibl. du Mont-Cassin.
8. Ms. anglais du XIIIe siècle. British Museum.
9. Ms. de l'lle-de-France, XIVe siècle. Bibliothèque de Laon.
10. Ms. de l'IIe-de-France, XIVe siècle. Bibl. de Soissons. 
11. Gothique de choeur, XVIe siècle. Bibl. du Mont-Cassin. 
12. Gothique de cheour, XVIe siècle. Bibl. du Mont-Cassin.

Dans les écritures cursives et minuscules, la barre verticale de gauche est devenue une haste dépassant souvent de beaucoup les autres lettres. Dans les écritures onciales et semi-onciales, la lettre K est généralement formée d'une barre verticale reliée par une barre horizontale à une courbe, mais souvent, et dès le VIe siècle, les deux traits obliques se sont recourbés en sens inverse, c. -à-d. du côté de la barre verticale, prenant ainsi l'apparence de panses ou de boucles plus ou moins ouvertes et rapprochant le K du B. Parfois, tandis que le trait supérieur s'incurve du côté de la haste, et forme une panse, presque fermée au XIIe siècle, le trait inférieur s'arrondit dans l'autre sens. D'autres fois, enfin, l'aspect de la lettre est celle d'un h, onciale ou minuscule, et le trait supérieur est réduit à un court appendice qui différencie les deux lettres.

                  Ecritures de la première période du Moyen âge
Lettre K : écritures de la première période du Moyen âge.

L'emploi relativement rare de la lettre K dans les anciens manuscrits, où elle a été remplacée la plupart du temps par son homophone le C dur, a été cause qu'on ne peut suivre l'évolution du K avec la même précision que celle des autres caractères de l'alphabet latin. D'une part, en effet, la forme primitive s'est toujours conservée, et, d'autre part, les scribes qui n'avaient que rarement l'occasion de la tracer en faisaient souvent en quelque sorte un caractère de fantaisie. 

Ecritures gothiques
Lettre K : écritures gothiques.

Il suffit de jeter les yeux sur les tableaux de cette page pour constater que, à part l'ancienne forme capitale, aucune de celles qui en sont dérivées n'est particulière à une espèce d'écriture, à un pays on à une époque. 

Ecritures modernes
Lettre K : écritures modernes.

On retrouve dans les diverses écritures dites nationales, dans celles de la première partie du Moyen âge, dans les écritures de la période gothique et même dans les écritures modernes, toutes les variétés de forme que nous avons signalées. La lettre K n'est donc pas de celles qui sont caractéristiques pour dater ou localiser l'écriture d'un document. C'est surtout dans les majuscules et dans les lettres ornées initiales que la fantaisie des scribes s'est donné carrière; là encore, toutefois, la rareté de l'emploi de ce caractère fait qu'il n'est pas possible de trouver des specimens aussi typiques que pour la plupart des autres lettres de l'alphabet. (GE).

                               Ecritures dites nationales
Lettre K : écritures nationales.

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