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La lettre I
La lettre I de notre alphabet provient, comme la plupart des autres lettres, de l'écriture égyptienne, par l'intermédiaire de la Grèce et de la Phénicie. Le hiérogramme égyptien, qui dérivait lui-même d'un hiéroglyphe représentant la main, devint le iod phénicien, dont le tracé, simplifié d'abord et bientôt réduit à une simple barre verticale, devint à son tour le iota des Grecs. La forme depuis lors n'a plus guère varié, du moins dans l'écriture capitale. Tel on le retrouve dans les inscriptions grecques, tel il est passé dans l'alphabet latin et tel il s'est conservé jusqu'à nous. Même dans les écritures cursives et minuscules, l'i n'a subi que peu de modifications.
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Origine et dérivation de l'i latin.

Parfois déjà dans les écritures antiques, par exemple dans les papyrus d'Herculanum, il dépasse au-dessus de la ligne le niveau des autres lettres. Il en est de même dans les écritures nationales, dans les cursives et aussi çà et là dans la minuscule jusqu'au XIe siècle. D'autres fois il s'allonge au-dessous de la ligne, par exemple dans les tablettes de cire, dans la cursive romaine, et dans l'onciale, particulièrement lorsqu'il est précédé d'un L. C'est souvent le cas également dans l'écriture minuscule lorsqu'il finit un mot et surtout pour le dernier i, si ce mot est terminé par deux i, ou encore lorsque les lettres sont employées à la notation des chiffres. Cela devient de plus en plus fréquent à partir du XIIIe siècle. 
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1. Ms. anglo-saxon du VIe siècle. 
2. Ms. irlandais du VIIe siècle. 
3. Ms. anglo-saxon du IXe siècle. 
4. Ms. anglo-saxon du Xe siècle.
5. Ms. anglo-saxon du XIe siècle. 
6. Ms. français du XIIIe siècle.
7. Ms. français du XIVe siècle.
8. Ms. italien du XIVe siècle.
9. Ms. français du XIVe siècle.
10. Ms. lombard. Gothique de choeur, XVe s. 
11. Gothique de chaeur, xvie siècle. 
12. Ms. allemand du XVIe siècle.

Dans la cursive et ses dérivées la lettre i est souvent adhérente à d'autres lettres dont souvent elle ne forme qu'un appendice. On sait que dans la minuscule il est souvent difficile de discerner les lettres formées de jambages semblables, telles que les m, les n, les u, les i. Pour distinguer cette dernière lettre, lorsqu'elle était placée à côté d'un u, on imagina au XIe siècle de la surmonter d'un petit trait en forme d'accent aigu; c'est l'origine du point qui est devenu caractéristique de l'i. Dès le XIIe siècle on rencontre des i accentués, alors même qu'ils ne sont pas précédés ou suivis d'une lettre à jambage, et il arriva même qu'alors on accentua les i d'anciens manuscrits. L'usage se généralisa bientôt, et au XIVe siècle l'accent commença à se transformer en un point.

A la fin du XVe siècle, la lettre i s'allongea de nouveau parfois d'une queue inférieure au commencement des mots c'est l'origine de la lettre j(GE).

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