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Les langues bantoues, autrefois
connues sous le nom de langues cafres, sont des langues
africaines parlées dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne,
du Bénin à l'Afrique du Sud; on recense près d'un
millier de ces langues. Les différences qu'elles offrent entre elles
sont telles qu'on doit seulement les rencontrer entre les populations qui
se servent, dans des régions éloignées les unes des
autres, d'une même langue non écrite. Cette famille
linguistique est ainsi une des plus exactement définies; l'usage
des préfixes et de l'allitération lui impriment un caractère
tout particulier et difficile à méconnaître. Les mots
arabes qu'on y trouve s'y sont probablement introduits lors des expéditions
qu'entreprirent les trafiquants arabes sur la côte orientale de l'Afrique.
La douceur, la sonorité, l'harmonie de ces langues, les distinguent
de la langue hottentote, aussi bien que la richesse des voyelles simples
et ouvertes, l'absence de diphtongues, d'articulations nasales ou gutturales,
et de ces claquements de langue si difficiles à imiter, la netteté
de la prononciation, et l'habitude d'accentuer la syllabe pénultième
de chaque mot. Les mots y sont généralement courts; on trouve
peu d'expressions pour rendre les idées abstraites : mais les métaphores
sont fréquentes, ce qui donne à la langue un caractère
éminemment poétique.
Pour la commodité de l'exposition,
et de façon assez arbitraire, on divisera ici la famille des langues
bantoues en trois branches, subdivisées chacune en trois groupes
de moindre compréhension : la branche orientale, la branche centrale
et la branche occidentale.
1°La branche orientale comprend
:
a) le groupe cafre proprement
dit avec les langues, zoulou et xhosa ( =
cafre);
b) le groupe du Zambèze et du Nyassa
avec le tété, le marimba, le machinga;
c) le groupe de Zanzibar renfermant le
swahili, le mika, le kimba, le legoua et des langues qui servent de transition
avec les langues d'Afrique occidentale : le kinyoro et le kiganda.
2° La branche centrale comprend :
a) le groupe tswana
( = sichuana) au Sud, dont le noyau est basouto (sotho);
b) le groupe tékéza, du Nord
de l'ancien Zoulouland au Zambèze, dont le tonga est un spécimen;
c) le groupe des lacs du plateau austral
auxquels nous rattacherons le rona, le lounda (langue de l'ancien royaume
du Mouata-Yanvo), le rotsé, le chona, etc.
3° La branche occidentale comprend :
a) le groupe bounda où
nous placerons le héréro, otii-héréro et ova-héréro
ou langue des Damaras, le soko, le mbandjérou, etc.;
b) le groupe du Congo dont la langue type,
le kimbounda, parlé en Angola (anciens Benguéla et Loanda),
est parent immédiat de l'héréro et de la langue des
Damaras.
c) on peut ajouter le fiod (Loango) qui
se rattacherait aussi au groupe du Gabon où nous citerons le mpongoué,
l'okandé, la langue de l'île de Bioko (baobi ou boubi), etc.
( Schreuder,
Grammaire
de la langue des Cafres, publiée par Holmboe, en allem., Christiania,
1850, in-8°). (B. / GE). |
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