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Le toulousain ou agenais est
un des dialectes occitans issus de la langue d'oc.
et que l'on range parmi les dialectes gascons.
C'est un des plus gracieux, des plus abondants, des plus harmonieux. A
cet égard, il le cède à peine à l'italien.
L'étendue de la vallée de la Garonne détermine à
peu près les limites géographiques du pays où est
parlée cette langue. Ces limites embrassent non seulement
toute la contrée de Toulouse et d'Agen, mais atteignent aussi Bordeaux
en s'avançant, au Nord jusqu'à la rive droite de la Dordogne.
La langue de Bordeaux, trop mélangée de français,
ne peut être considérée comme faisant partie de l'occitan,
et doit être classée à part. Mais, que les dialectes
de Toulouse
et d'Agen
soient identiques, c'est ce dont on peut se convaincre en comparant l'élégie
de Goudouli (1610) sur l'assassinat de Henri IV avec les poésies
de Jasmin.
Quoique parfaitement entendu dans l'Armagnac
et le Béarn ,
comme le prouvent les séances littéraires très applaudies
qu'a tenues autrefois Jasmin à Auch
et à Pau ,
le toulousain se distingue des autres dialectes
gascons par certains détails philologiques assez remarquables.
Ainsi, par exemple, les mots qui commencent par un f dans le toulousain,
sont invariablement remplacés par l'h aspiré, dans la Gers,
les Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Atlantiques
: au lieu de foun (on latin fons) fontaine, fen (faenum ) foin, fenno (femina)
femme, fe (focus) feu, etc., on dira houn, hen, henno, huec; ce qui rapproche
de l'espagnol la langue de ces départements, et en fait un idiome
plus dur et plus guttural que la belle et harmonieuse langue de Jasmin.
A mesure, en effet, que l'on se rapproche du pied des Pyrénées,
la différence entre l'espagnol et la langue du midi de la France
devient de moins en moins sensible. Tous les mots que nous venons d'indiquer
prennent également l'h aspiré, sinon toujours dans l'espagnol
moderne, au moins dans l'espagnol ancien.
Une autre particularité du dialecte
toulousain, c'est que, de toutes les langues d'oc,
il est peut-être celui qui renferme le plus de mots grecs. On peut
expliquer l'infiltration de ces mots grecs dans cet idiome, soit par les
rapports commerciaux des Massiliens avec les Gaulois méridionaux,
soit par l'influence des écoles établies par les empereurs
romains, avec le concours des municipalités, dans les métropoles
d'Agen, Bordeaux, Toulouse, où le grec était enseigné.
(E. B.). |
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