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| La langue mandchoue |
| La langue mandchoue, langue
de la famille toungouse ( Le manchou a été l'objet de bien des
opinions diverses quant à son origine et sa composition. Siebold,
dans son Mémoire sur l'origine des Japonais, trouvait une assez
grande analogie entre le japonais et
le mandchou; un écrivain mongol Dans ses Recherches sur les langues tartares, Abel Rémusat, reconnaissait trois catégories étymologiques de mots dans le mandchou : La première, écrivait-il, comprend les mots qui lui sont communs avec les autres langues toungouses : ils constituent le fond de la langue. On y trouve beaucoup d'onomatopées, peu de termes génériques, mais des termes spécifiques exprimant une foule de nuances d'idées : les animaux, par exemple, sont désignés par des noms différents, selon leur couleur, leur taille, leur âge, leurs qualités bonnes ou mauvaises; il y a, pour nommer le cheval, autant de substantifs qu'il peut prendre d'allures, etc. La nomenclature des adjectifs et des adverbes est d'autant plus restreinte que celle des substantifs et des verbes est plus étendue.Les mots étrangers au mandchou forment à peu près la cinquième partie du vocabulaire de cette langue. L'empereur Kien-Long, voulant le ramener à sa supposée pureté primitive, fit composer, pour remplacer les mots d'origine étrangère, des mots nouveaux formés de racines mandchoues : on en créa ainsi 5 000, dont les employés du gouvernement furent tenus de se servir. - L'écriture mandchoue. La langue mandchoue ne connaît ni l'article défini, ni les genres grammaticaux; mais il a des signes pour distinguer les nombres, et désigne les cas à l'aide de particules affixes ou isolées. La conjugaison, très simple, rappelle celle du mongol. Dans les verbes, l'impératif est le thème ou radical à l'état pur : des affixes syllabiques, placés à la suite de ce thème, servent à marquer les temps, les modes et les voix. Il y a des voix active, passive négative, réciproque, inchoative, fréquentative, etc. Au lieu de prépositions, le mandchou a des postpositions. L'ordre inverse domine dans la construction : le sujet de la proposition s'exprime en premier lieu, l'adjectif précède le substantif, le complément direct ne vient qu'après la complément indirect, et le verbe termine la phrase. Cet ordre est rigoureusement suivi. La prononciation du mandchou est, en général douce et harmonieuse. Les Mandchous ne possédèrent pas d'écriture jusqu'au XVIIe siècle de notre ère, et, par conséquent, pas de livres : un de leurs savants, Takhai, composa, par ordre de l'empereur Tai-Tsoung, une écriture imitée de celle des Mongols, et dont les groupes syllabiques, très nombreux, se réduisent à 24 caractères primitifs, dont 6 voyelles et 18 consonnes. C'est avec cette écriture que l'on a traduit en mandchou la plupart des livres chinois. |
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