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Le malais est une langue
parlée en plusieurs dialectes dans les divers archipels de la Malaisie
et dans la presqu'île de Malacca, comprise même dans presque
toutes les régions de l'Océanie. C'est une langue austronésienne
( Langues
austriques), sur laquelle les langues
de l'Inde ont exercé une certaine influence. Le malais leur
doit, par exemple, la plupart de ses expressions ayant rapport aux idées
morales ou métaphysiques. Suivant Crawfurd (Histoire de l'Archipel
indien), sur 100 mots malais 50 appartiennent au fonds général
océanien, 27 sont particuliers à la Malaisie 16 sont indiens,
5 sont arabes, et 2 sont empruntés soit au télinga ou au
persan, soit aux langues des Européens (Portugais Anglais, Hollandais)
qui ont fréquenté ces parages.
L'articulation douce et facile des consonnes,
qui sont séparées entre elles par des voyelles nombreuses
et sonores, et l'usage où sont les Malais de placer, dans les mots
de plusieurs syllabes, l'accent sur la pénultième, donnent
à leur langue de la cadence et de l'harmonie. Quant au vocabulaire,
il est riche, en ce sens qu'il offre une grande abondance de mots pour
l'expression des nuances dans les idées familières; mais
il est pauvre en termes abstraits et généraux, et on a dû
les emprunter aux langues de l'Inde.
Le malais a une grande simplicité
de formes grammaticales et une grande clarté, de syntaxe. La forme
des pronoms personnels varie suivant le rang de la personne qui parle ou
de celle à qui l'on parle. Les rapports des noms sont exprimés
par des particules prépositives. Le verbe n'a pas de formes particulières
pour les personnes, les nombres, les temps ni les modes : les personnes
et les nombres sont indiqués par les pronoms, les temps et les modes
par des particules adverbiales. Une préfixe particulière
donne au verbe le sens passif.
On distingue en malais plusieurs styles
: le bhasa-dalam ou style de cour, employé traditionnellement dans
la rédaction des actes officiels et des lettres des souverains,
et caractérisé par une sorte de recherche élégante
et de purisme; le bhasa-dagang, style des relations familières et
commerciales, où l'on admet quelques mots étrangers; et le
bhasa-javi, langue des livres ou malais littéral.
Le malais s'écrit avec un alphabet
dérivé de l'alphabet arabe, tout impropre qu'est pour une
langue riche en voyelles un alphabet qui ne transcrit que les articulations
: n'ayant ni gutturales ni consonnes emphatiques, il n'a pris que 14 lettres
à l'arabe, et a formé 6 caracteres nouveaux par une modification
particulière des points diacritiques. |
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