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| Les tournois |
| Les
tournois étaient des combat simulés pratiqués au Moyen
âge Le tournoi proprement
dit était un combat par masses ou à la foule, comme dans
une bataille véritable. Le cérémonial des tournois
ne fut pas d'abord compliqué. A l'origine, nobles et vilains pouvaient
indistinctement prendre part aux tournois. Les fêtes
de l'Epinette, à Lille
Bouclier et lance de joute. Au XIVe
siècle, il y eut aussi une reine du tournoi, choisie parmi les dames
nobles, qui décernait le prix au chevalier le plus méritant
ou mieux faisant de la journée. Ce prix était en général
un joyau, souvent aussi c'était une faveur, c.-à-d. une écharpe,
une coiffe ou une manche d'habillement de la dame elle-même. Très
souvent, le mariage de la reine, ou de ses demoiselles d'honneur, terminait
le tournoi. Chaque tournoyeur était accompagné de plusieurs
valets, à cheval et à pied, qui pouvaient l'assister même
pendant la mêlée. En Angleterre
Casque de tournoi (à gauche) et casque de joute. La joute (en ancien allemand tjost) était un combat entre deux adversaires seulement. L'arme employée principalement était la lance, mais on pouvait se servir aussi de l'épée. Au XIVe siècle, on inventa la joute à la barrière, dans laquelle les deux jouteurs couraient l'un contre l'autre de chaque côté d'une palissade recouverte de toiles, qui s'élevait à la hauteur de la selle des chevaux. C'est ce qu'on appela courir une lance. Les chevaliers qui offraient la joute à tout venant exposaient, près de leurs logements, leurs targes, plantées en terre ou accrochées, et ceux qui voulaient combattre venaient les toucher de leurs lances. Comme les tournois, les joutes comportaient généralement plusieurs jours d'exercices. Il y en avait qui duraient trente jours de suite, entre Français et Anglais (1390). A partir du XVe siècle, la joute fut souvent un exercice d'adresse où il s'agissait simplement de faire sauter en l'air des pièces mobiles de l'armure ou du casque ou le cimier de celui-ci. Quelquefois, les jouteurs habiles restaient la tête découverte. Le pas d'armes était une variété de la joute. Les jeunes chevaliers commençaient de très bonne heure ces exercices, comme en témoignent les nombreuses armures d'enfants qui ont été conservées. Les armes employées dans les tournois devinrent, au XVIe et au XVe siècle, très différentes des armes de guerre, mais, à l'origine, elles ne s'en distinguaient pas. Les armes étaient généralement peintes de couleurs voyantes. Les armes courtoises, qui apparaissent au XIIIe siècle, étaient la lance à fer carré et obtus, l'épée sans pointe ni taillant, la masse de bois dur sans aspérités. La plupart des perfectionnements apportés aux armes de tournoi eurent lieu vers 1380. Le casque de tournoi
était caractérisé par sa visière en forme de
grille , qui ne gênait pas la vue. Le casque de joute eut successivement
la forme du heaume, du bassinet, de la salade et de l'armet. Il était
solidement assujetti à la cuirasse par des pattes en fer, afin de
ne pas être enlevé par un coup de lance. Le timbre devint
très aplati, à partir de 1390 environ, et donna la forme
dite en tête de crapaud. La vue n'était plus formée
que par la suture des deux parties du heaume et la lance pouvait pénétrer
par ce défaut, comme cela arriva à Henri
Il. Le poids du casque atteignait quelquefois près de 10 kg.
Un cimier le surmontait, principalement en Allemagne
Armure de joute de Maximilien Ier (1493-1519). La cuirasse de tournoi
était percée de trous pour être plus légère.
La cuirasse de joute portait, sur le coté droit, le faucre terminé
par le contre-faucre, qui servait à arquebouter les bois de la lance.
Dans les joutes d'adresse, la cuirasse portait aussi des plaques mobiles
à ressort, qui se détachaient sous le choc de la lance. La
Cuirasse était recouverte par la cotte d'armes. Toute l'armure de
tournoi était fortement rembourrée.
Faucre et contre-faucre (arrêt de lance). Le bouclier était concave, très souvent échancré d'une ouverture pour laisser passer la lance. Le manteau d'armes tenait souvent lieu de bouclier. Le bouclier portait des armoiries, au développement desquelles les tournois contribuèrent beaucoup. Diverses parties du corps étaient protégées par des pièces complémentaires : gilettes aux épaules, brassards, gantelets et surtout garde-cuisses, qui emboîtaient les jambes et les fixaient contre la selle. Le cheval était aussi armé et revêtu d'une housse armoriée. Les armes offensives, dans le tournoi, étaient l'épée et la masse d'armes. Il était interdit de frapper de bas en haut et de donner des coups de pointe. La lance, dans la joute, était courte et se terminait par un rochet ou fer émoussé formé de plusieurs petits mamelons obtus. La garde ou rondelle de la lance atteignait de grandes dimensions. A la place où elle portait sur le contre-faucre, la lance était munie d'une aggrappe, formée d'entailles en forme de billettes, destinées à l'empêcher de glisser. Dans les joutes, il était interdit de frapper ailleurs que sur l'écu ou sur la bavière du heaume. Une lance n'était déclarée réellement rompue que lorsque l'éclat était complètement séparé du tronçon. Malgré les
prescriptions des hérauts et des juges d'armes, les accidents étaient
si fréquents que, parfois, il était d'usage de placer un
cercueil ouvert dans les lices, au début de la mêlée.
Les hérauts rédigeaient les proclamations et les comptes
rendus des tournois, qui furent souvent imprimés à partir
de la seconde moitié du XVe siècle,
par exemple pour ceux de Paris |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.