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Le patinage

Le mot « patin », qui vient du mot grec patein, veut dire marcher. L'étymologie de ce mot est donc parfaite, puisque dans les pays approchant le pôle, le patinage y remplace la marche. L'origine du patin se perd dans la nuit des temps. Il est bien probable qu'il a existé de tout temps. Le patin primitif n'était autre chose qu'une chaussure munie d'un morceau de bois durcie au feu; on remplaça ensuite le bois par un os de mâchoire de vache ou de cheval; ce patin était encore en usage au XIe siècle; puis on fixa sous la sandale de bois une lame de métal. D'après certains auteurs, les divinités anciennes lapones et norvégiennes étaient chaussées de patins. En tant que sport, le patinage aurait été inventé en Hollande et importé en Angleterre sous le règne de Charles II en 1660. 

Le patinage n'aurait été introduit en France qu'au XVIIIe siècle. Sous Louis XVI, parmi les patineurs connus sous le surnom de Gilets Rouges, il est juste de nommer Saint-Georges. Ce fut lui, dit-on, qui, dans une fête donnée sur les bassins du parc de Versailles, traça sur la glace, en présence de Marie-Antoinette, le mot « Gefahr », prévenant ainsi la malheureuse reine du danger qui menaçait son royal époux et elle-même; puis ce fut ensuite le peintre Isabey, Goethe, qui eut une vraie passion pour le patin, le baron de Brinken, ancien page de Jérôme, roi de Westphalie, Horace Vernet, Lamartine, qui a peint en d'adorables vers les sensations indéfinissables qu'il ressentait en patinant, et enfin Napoléon III lui-même, qui adorait ce sport dans lequel il était passé maître.

Sous le second Empire, justement, pendant l'hiver de 1860-1861, qui fut très rigoureux, de splendides fêtes de nuit furent données sous les auspices impériaux, sur le lac de Longchamp, derrière les tribunes actuelles de l'hippodrome. Paris  connut, dans les années qui suivirent, la grande vogue du patinage. Ce fut lors de la création des premiers établissements à glace artificielle, le Pôle Nord et le Palais de Glace. Ce ne fut pas une vogue, ce fut le fol engouement, et puis, peu à peu, comme tout ce qui est mode, le goût s'atténua, et les établissements de glace, changés en succursales du Moulin-Rouge, où des femmes peintes racolaient des jeunes gens pâles, commencèrent à être désertés, et bientôt fermés. Les patins en honheur à cette époque étaient pourvus de courroies, et n'est seulement en 1849 que parut à Angers le patin de forme actuel tenu au pied par un système de vis.

Le premier ouvrage français traitant de ce sujet fut édité en 1813 par Garcin, qui inventa le patin à roulettes auquel il voulut donner le nom de cingar, anagramme de son nom. L'usage refusa cette satisfaction à l'inventeur, et d'ailleurs la mode du patin à roulettes ne se maintint durablement qu'aux Etats-Unis, d'où il est revenu d'ailleurs, plus d'un siècle et demi plus tard, après avoir été transformé en roller (ou roller skate). 

Le patinage est un sport charmant, élégant, même s'il demande, avant qu'on y prenne plaisir, un certain temps d'apprentissage. Un débutant ne manquera pas de prendre quelques « pelles », tant l'équilibre est instable sur la glace polie; en peu de leçons il apprendra à faire les « pas en dedans » et les « pas en dehors », plus difficiles; pour s'arrêter, il faut lever la pointe des pieds et appuyer les talons sur la glace, en courbant le corps en avant, ou bien, méthode plus délicate, mettre les pieds en équerre en rapprochant les talons.

Des concours et championnats se disputent régulièrement. Certains concurrents dansent et valsent sur la glace (danse sur glace); les autres y dessinent les figures les plus compliquées (patinage artistique); d'autres y luttent de vitesse, ayant chaussé le patin de course, beaucoup plus long, 0,60 m environ (patinage de vitesse). Tous y font assaut de grâce et de souplesse. Enfin on joue au hockey sur la glace; les règles sont les mêmes que sur la pelouse; les joueurs qui doivent être d'une très grande dextérité poussent, au lieu de balle, un palet en bois; notons que ce jeu était autrefois connu des Français, qui, notamment en Auvergne, s'adonnaient, sans patin toutefois, à la « crosse » sur les étangs glacés. (GE).

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