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Jalousie.
- La jalousie et l'envie sont deux passions voisines,
deux sentiments presque également douloureux
et malveillants, qui ont ceci de commun, de nous faire souffrir des avantages
d'autrui. Au fond de l'un et de l'autre est l'esprit de rivalité,
le désir de primer, désir alarmé
par la crainte ou meurtri par la conscience
d'une infériorité apparente. A en croire Buffon,
la mimique est analogue dans les deux cas :
«
Les sourcils descendent et se froncent, les paupières s'élèvent
et s'abaissent. »
Il y a pourtant une
différence capitale :
«
La jalousie, dit La Rochefoucauld, est
en quelque manière juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à
conserver un bien qui nous appartient; au lieu que l'envie est une fureur
qui ne peut souffrir le bien des autres. »
En effet, la jalousie,
au sens étroit, c'est la crainte de nous voir ravir l'amour
d'une personne que nous aimons, et c'est la douleur que nous avons quand
cet amour nous est ravi; sentiment toujours touchant, et légitime
dans la mesure où nous avons droit à l'affection qui nous
échappe. L'envie, au contraire, est un mouvement de haine et de
chagrin que nous cause le mérite ou le succès des autres,
comme si nous perdions tout ce qu'ils gagnent : sentiment
essentiellement injuste et mauvais conseiller, dont la bassesse n'a d'égale
que l'amertume, qui inspire à tout le monde un profond mépris
et qui en inspirerait encore davantage si le mal qu'il fait à ceux
qui en sont l'objet n'était expié en partie par la torture
de ceux qui l'éprouvent. (H. M.). |
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