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Il
est d'un usage à peu près général, dans les
grammaires, de considérer l'interjection comme une partie du discours;
cet usage vient des grammairiens latins,
qui avaient donné le nom d'interjectio à un certain nombre
d'exclamations que les Grecs considéraient
comme des sortes d'adverbes. En réalité,
l'interjection n'est pas une partie du discours, car ce n'est pas un mot
qui appartienne à une catégorie spéciale. Les mots
expriment des idées, et les interjections
ne signifient que des sentiments; elles sont
en dehors de la proposition, d'où
leur nom.
On peut diviser les
interjections en deux espèces ; les interjections proprement dites,
qui sont simplement des cris, comme ah! hé! oh! fi! et les
mots qui par leur nature rentrent dans d'autres parties du discours, et
sont, par exemple, des substantifs ou des formes
verbales, qui perdent leur sens propre et n'expriment plus que des
sentiments, comme ciel! tiens! et un grand nombre d'autres qui varient
suivant les langues. Il y a aussi des interjections
composées, comme holà! hélas! La majeure partie
des jurons rentrent dans cette dernière catégorie. Quant
aux adverbes qui semblent être des interjections,
comme bien! ferme! ils restent toujours dans leur rôle d'adverbes,
et modifient une proposition sous-entendue ou précédemment
exprimée.
Les interjections
sont plus nombreuses dans les langues modernes que dans les langues anciennes.
(M. Beaudouin). |
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