 |
Idéal.
- L'idée exprimée par ce mot est celle
d'un modèle parfait, d'un type de beauté qui n'existe pas
dans la réalité, et que l'artiste
imite en cherchant à l'égaler sans jamais y parvenir. Cicéron
nous montre Phidias copiant un modèle
intérieur pour faire son Athéna
ou son Zeus
Olympien.
C'est sur la théorie platonicienne
des idées que repose la doctrine de l'idéal. Selon Platon,
l'esprit s'élève graduellement et par abstraction
jusqu'aux idées unes, modèles parfaits, types éternels
comme Dieu en qui ils résident. La beauté
réalisée par l'artiste n'est qu'une imparfaite image de cette
beauté parfaite, exempte de tout alliage. A cette théorie,
qui repose sur le dogme de la réminiscence,
on en oppose une autre, consistant pour l'esprit à prendre dans
les objets de même nature les parties qui paraissent les plus belles,
afin d'en former un tout, qui devient ainsi le modèle idéal
de l'artiste.
Dans les deux cas, ce modèle n'est
toujours qu'une idée à laquelle l'art cherche à donner
une réalité; mais le second procédé est empirique;
le premier relève surtout de la raison,
le second de l'imagination, et il peut conduire
à confondre la action avec l'idéal. Toutefois celui-ci, quelle
que soit l'origine qu'on lui attribue, est le rationalisme
dans l'art; il est opposé à cette doctrine qui ne donne d'autre
mission à l'artiste que de copier grossièrement la nature,
et qui est aujourd'hui le réalisme.
(R.). |
|