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La Thiérache

La Thiérache est un ancien pays de France. La dénomination de Thiérache, qu'on retrouve dans un grand nombre de bourgades de l'arrondissement de Vervins (Aisne) : La Capelle-en-Thiérache, Chaourse-en-Thiérache, Origny-en-Thiérache, Saint-Michel-en-Thiérache, et de l'arrondissement d'Avesnes (Nord) Floyon-en-Thiérache, Tesnières-en-Thiérache, etc., s'applique plus exactement à une petite région naturelle, à un pays de plateaux de formation mésozoïque situés sur les confins septentrionaux du bassin parisien et adossés au massif schisteux d'Ardenne. Les plateaux thiérachiens, où dominent les marnes crayeuses recouvertes d'abondants dépôts cénozoïques, s'inclinent vers l'Ouest-Sud-Ouest et sont drainés par les sources de la Sambre, de l'Oise supérieure et de ses affluents, le Thon et la Serre; ils sont sillonnés dans tous les sens par des vallées profondes et généralement encaissées; les bois, les herbages, les vergers, qui laissent peu de place aux cultures, révèlent un sol humide, et donnent aux paysages de la Thiérache une variété d'aspect et une fraîcheur de végétation qui contrastent avec les amples ondulations crayeuses et monotones des pays voisins, le Porcien, le Vermandois et le Cambrésis, couvertes de champs de céréales et de betteraves. L'exploitation des bois, les industries laitières, la culture des arbres à cidre, la vannerie, caractérisent l'économie rurale de la Thiérache.

Dans les premiers siècles du Moyen âge, la Thiérache était connue par son immense forêt, la Tarascia ou Teorascia sylva, mentionnée au IXe siècle, qui recouvrait toute la contrée, depuis les sources de la Sambre jusqu'à la vallée de la Serre; ses massifs épais se rattachaient du côté de l'Est à l'Arduenna sylva citée par César, et, du côté du Nord, à la Carbonaria sylva mentionnée par Grégoire de Tours. La forêt était traversée par la grande voie romaine de Reims à Bavay par Minaticum (Nizy-le-Comte), Catusiacum (Chaourse) et Verbinum (Vervins); elle fut successivement défrichée par les moines de Saint-Denis, seigneurs de Chaourse, les bénédictins de Saint-Michel près d'Hirson, de Fesmy, les bernardins de Foigny, les prémontrés de Thenailles et de Clairefontaine, les chartreux du val Saint-Pierre, etc. Les plus importants lambeaux de cette antique forêt sont : la forêt de Nouvion et la haie d'Aubenton.

Le Theoraecensis pagus, mentionné au VIIe siècle, désignait un pays, au sens géographique du mot, sans limites précises, plutôt qu'une circonscription administrative fixe. On le retrouve dans l'archidiaconé de Thiérache, au diocèse de Laon, qui comprenait les doyennés d'Aubenton, Crécy, Guise, La Fère et Ribemont. A l'époque féodale, la Tiéraisse, mentionnée dans la Chanson de Raoul de Cambrai, comprenait le duché de Guise, les comtés de Marle et de Ribemont, la baronnie de Rozoy-sur-Serre, et une partie de celle de Pierrepont, dont l'ensemble ne présentait pas la moindre unité géographique. La Thiérache fit partie du gouvernement de Picardie; aujourd'hui, elle est morcelée en cantons qui sont partagés entre les trois départements de l'Aisne, des Ardennes et du Nord. (E. Chantriot).

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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