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Lucanie.
- Ancienne province de l'Italie
qui correspond à peu près à la Basilicate actuelle
et à une partie de la Calabre .
Elle s'étendait au Sud-Ouest de la péninsule, de la mer Tyrrhénienne
à la mer Ionienne, bornée au Nord-Ouest par le Silarus, au
Nord-Est par le Bradanus qui les séparaient de la Campanie
(pays des Picentins) et de l'Apulie, tandis qu'au Sud-Ouest les embouchures
du Crathis et du Laüs la séparaient du Bruttium .
C'est un pays extrêmement montagneux dont les principales villes
étaient les colonies grecques
de la côte : Paestum, Elée
ou Velia, Pyxus ou Buxentum, Scidrus, Blanda, Laüs, sur la côte
Nord-Ouest; - Thurii (Sybaris ),
Héraclée (Siris), Métaponte, sur la côte Sud-Est.
Les véritables villes lucaniennes étaient celles de l'intérieur
: Potentia (auj. Potenza), Atina, Volcentum (auj. Bucino); Eburi (auj.
Eboli), enclave au Nord du Silarus; Bantia (auj. Banzi), à la frontière
de l'Apulie; Grumentum (auj. Saponara); Nerulum (auj. la Rotonda) et Muranum
(auj. Morano); Consilinum (auj. Padula?).
Le nom de Lucanie est d'origine relativement
récente, car Thucydide n'en a pas connaissance.
C'est celui du peuple des Lucani qui conquit sur les colonies grecques
la région intérieure de l'ancienne Oenotrie occupée
par elles. Les Lucaniens étaient d'origine sabellienne et vinrent
dit Samnium vers l'an 400. Leur offensive dut suivre celle dirigée
sur la Campanie
(vers 420). Ils commencèrent par la conquête de Posidonie
(Paestum). Les cités de la Grande-Grèce ,
épuisées par leurs guerres intestines, ne purent résister,
d'autant que les Lucaniens s'allièrent d'abord à Denys
de Syracuse .
La victoire du Laüs (390) leur livra l'intérieur, et les Grecs
furent réduits à la côte. Vainement, Denys
le jeune tenta de refouler les envahisseurs. Ceux-ci furent un peu
affaiblis par la scission des Bruttiens qui
se rendirent indépendants dans l'extrémité Sud-Est
de la presqu'île. Puis s'engagea une lutte entre les Lucaniens et
Tarente, la grande cité de l'Italie
méridionale. Celle-ci appela successivement Archidamus,
roi de Sparte ,
qui fut vaincu et tué en 338; Alexandre, roi d'Epire ,
qui battit à Paestum Lucaniens et Samnites et s'enfonça jusque
dans le Bruttium où il périt à Pandosia (326).
Les Lucaniens étaient affaiblis.
Ils s'allièrent à Rome
contre les Samnites (326), puis à ceux-ci. En 317, les consuls romains
vinrent prendre Neralum. Revenus à l'alIiance romaine, les Lucaniens
y furent fidèles dans la troisième guerre du Samnium (à
partir de 298). Mais, en 286, une agression contre Thurii les brouilla
derechef avec les Romains. Fabricius les vainquit en 282. Ils prirent parti
pour Pyrrhus et après son départ furent soumis (272). En
225, on évaluait leur contingent à 30000 fantassins et 3000
cavaliers. Après la bataille de Cannes
ils se déclarèrent pour Hannibal
(216); leur pays fut alors le théâtre de la guerre. Gracchus
y fit trois campagnes jusqu'à sa mort (214-212). En 209, ils revinrent
au parti romain, livrant les garnisons carthaginoises ;
en 208, c'est en Lucanie qu'Hannibal combattit et tua les deux consuls;
mais l'année suivante il se retira dans le Bruttium .
La Lucanie ne se releva pas des ravages de la guerre punique .
Elle fut achevée par ceux de la guerre sociale (90-88). Elle y prit
une part très active et demeura hostile après la victoire
des Romains.
Les Lucaniens furent, comme les Samnites,
d'ardents marianistes, et comme eux l'objet des mesures d'extermination
de Sylla. Les survivants devinrent citoyens romains,
et, depuis cette époque, il n'est plus question du peuple lucanien.
La Lucanie, presque dépeuplée, se partagea entre les forêts,
où erraient les porcs à demi sauvages, et les vastes pâturages;
le paludisme envahit le littoral. Le Liber coloniarum ne compte
dans la province entière que huit villes, toutes du rang médiocre
de praefecturae. La Lucanie unie au Bruttium
forma la troisième région d'Auguste.
Le nom disparut à l'époque byzantine ,
à laquelle on signale un certain regain de vitalité.(A.-M.
B.). |
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