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Le Kâfiristân
ou Nouristan est une vaste région de l'Asie
centrale, au Nord-Est de l'Afghanistan
et débordant sur le Pakistan ,
au Nord de la passe de Khyber. Elles est située entre Peshawar et
Féizabad, dans les montagnes de l'Hindou-koush
et du Beloût-dâgh. Elle est bornée par le Kashgar au
Nord-Ouest, au Nord par Badakchân, au Sud par le Pendjâb et
à l'Est par le Cachemire ;
elle s'étend sur une superficie d'environ 13,000
km². Bien arrosée par le Chitral, affluent du Kaboul
et par l'Indus, les routes ne sont accessibles qu'aux piétons, souvent
interrompues par des ponts de bois ou des passerelles mobiles. Cette contrée
est âpre, aux hivers rigoureux, aux étés brûlants.
Les céréales, les fruits
et la vigne y croissent très rapidement pendant la saison chaude.
De magnifiques forêts revêtent les flancs des montagnes; de
riches pâturages et de belles prairies nourrissent de nombreux troupeaux
de chèvres. Sur les flancs des collines se dressent une foule de
villages, dont les maisons au rez-de-chaussée en pierres, surélevées
de 4 ou 5 m., n'ont qu'un seul étage en bois et sont disposées
de telle sorte quele toit de rune est le seul chemin pour parvenir, à
celle qui se trouve au-dessus.
Les vêtements traditionnels noirs
des habitants du Kafiristan, faits de peaux de chèvre ou de mouton,
arrangées en tunique serrée à la taille parune ceinture,
leur ont fait donner par les Iraniens le nom
de Sivâh-Poûch (les Noir Vêtus); en langue pouchtou,
ils s'appellent eux-mêmes Tôr-Kâfir (les Kâfir
noirs).
Leur gouvernement est rudimentaire. Ils
sont divisés en trois grandes tribus, correspondant aux trois vallées
principales du pays, les Ramgal, Vaïgal, Bachgal. Les Vaïgal
passent pour la plus forte tribu. Les Bachgal sont divisés en cinq
clans. Ils ont des chefs qu'ils choisissent parmi les plus vaillants, en
tenant compte des droits héréditaires. Ils occupent le pays
depuis un temps très reculé. Le Mahâbhârtâ
contient des traces de leurs ancêtres.
Leurs annales sont peu riches. Disons pourtant
qu'en 1308, Tamerlan les soumit et leur fit
promettre d'embrasser l'lslam. Mais ils massacrèrent
la garnison tatare que le conquérant leur avait imposée.
Tamerlan les attaqua de nouveau et fit, disent les chroniques orientales,
passer toute la population mâle au fil de l'épée. Ils
existent pourtant toujours. (A. Guy). |
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