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Vers le rattachement à l'Angleterre |
| Aperçu | Gallois contre Anglo-saxons et Normands | Vers le rattachement à l'Angleterre |
| A la mort d'Owen
(vers 1170), Iorwerth, seul fils qu'il
eut eu de sa première femme, fut écarté du trône
au profit d'Howell, fils de sa deuxième femme, Pyfg. Ce jeune prince,
guerrier et poète, ne régna que deux ans. Il fut vaincu et
tué par son demi-frère révolté, Dafydd, fils
aîné d'une troisième femme d'Owen. Le Nord se trouva
alors morcelé entre les nombreux enfants d'Owen (il avait eu quatorze
fils et trois filles). Le Sud devenait de plus en plus dépendant
de l'Angleterre Dafydd ab Owen, le roi de Gwynedd, après s'être montré l'ennemi acharné des Anglais, devint aussi soumis que Rhys quand il eut épousé Emma, soeur de Henri II. Celle-ci introduisit dans le Nord les moeurs et les coutumes normandes. Dafydd, Rhys et les trois petits princes du Powys allèrent à Oxford en 1175 faire hommage de leurs terres à Henri Il et les recevoir de lui en fief. Dafydd fournit des troupes à Henri Il pour ses guerres du continent et il renonça à l'espèce de suzeraineté que les rois de Gwynedd exerçaient sur le Powys et le Deheubarth. Les principautés situées dans ces deux dernières contrées relevèrent désormais directement du roi d'Angleterre. En 1188, la croisade fut prêchée dans le pays de Galles par Baudouin, archevêque de Canterbury, Rainulf, grand justicier d'Angleterre, Pierre, évêque de Saint-David et Giraud de Barri. Celui-ci nous a laissé sous le titre d'Itinerarium Kambriae le récit de leur tournée, si précieux pour la géographie et l'histoire. Au Nord, Dafydd vit former contre lui une
conspiration. Un adolescent, Llewelyn, fils de Iorwerth (Llywelyn ab Iorwerth),
fut choisi comme prétendant au trône de Gwynedd par les princes
de Powys, ses parents du côté maternel, et les fils de Cynan,
ses cousins. Dafydd fut vaincu à Aberconway (Aberconwy) et
remplacé en 1194 par Llewelyn.
Ce fut, dès sa jeunesse, un prince actif, intelligent et énergique.
En quelques années il détruisit les châteaux
normands bâtis sur ses terres, tenta de faire revivre la suprématie
du Gwynedd sur le Sud désorganisé après la mort de
Rhys ab Gruffydd (1197). Jean
sans Terre essaya de se le concilier en lui donnant en mariage une
de ses filles (1204). Ce fut en vain,
et le roi, à la tête des troupes normandes et des contingents
fournis par les Gallois du Sud, dut envahir le Gwynedd en personne pour
obtenir la soumission de Llewelyn (1211).
Les troubles qui agitèrent l'Angleterre sous le règne de
Jean fournirent au prince de Gwynedd l'occasion de prendre sa revanche.
Bien qu'il ne soit pas nommé parmi les barons qui arrachèrent
la Grande charte Tour à tour ami de Jean et des barons
révoltés, Llewelyn s'empare de Shrewsbury, envahit le Sud
de Galles et agit en souverain des Gallois. Cependant, en 1218,
il dut, comme le roi d'Ecosse Le 11 novembre 1233 ils surprirent pendant la nuit l'armée royale près de Hereford et la mirent en pleine déroute. Mais l'année suivante Llewelyn conclut une trêve avec l'Anglais. Il se sentit envahi par la paralysie et, de plus, son fils aîné, Gruffudd, s'était révolté pour la troisième fois. Aussi Llewelyn assembla les princes vassaux et leur fit rendre hommage à un autre fils, Dafydd, comme héritier du trône de Gwynedd. Dafydd était né de son mariage avec Jeanne, fille naturelle du roi Jean. Pour lui assurer la couronne, Llewelyn s'offrit même à reconnaître formellement la suzeraineté du roi Henri III (1238). Llewelyn ab lorwerth, surnommé le Grand, mourut deux ans plus tard. Les dissentiments de ses fils et des infirmités prématurées l'empêchèrent seuls de faire valoir jusqu'au bout ses prétentions à la souveraineté entière des Gallois. Ses fils n'avaient pas attendu sa mort pour s'entre-déchirer. En 1239, Gruffudd, qui comptait de nombreux partisans, fut attiré dans un guet-apens par Dafydd et fait prisonnier. L'évêque de Bangor lança l'excommunication contre Dafydd, et Henri III feignit d'embrasser la cause de Gruffudd. Mais, quand Dafydd lui eut remis son prisonnier et lui eut rendu hommage, l'Anglais jugea bon de garder Gruffudd et l'envoya à la Tour de Londres (1241). Le malheureux se tua (1244) en essayant de s'évader. Llywelyn ap Gruffydd.
En 1263,
Llewelyn conclut une alliance avec le célèbre Simon
de Montfort, comte de Leiceister Le roi employa une fois de plus contre
les Welches les armes spirituelles. A son instigation le pape Clément
IV, par une bulle du 13 septembre 1265,
ordonnait à Llewelyn de restaurer les châteaux anglais et
de se soumettre entièrement au roi. Les deux parties, après
avoir longtemps cherché un accommodement conclurent une trêve
à Shrewsbury (25 septembre 1267).
Après la mort de Henri III (16 novembre 1272),
Llewelyn refusa pendant trois ans, sous toutes sortes de prétextes,
d'aller porter son hommage à Edouard
Ier, et
les relations redevinrent très tendues avec l'Angleterre. La fiancée
du prince gallois, Aliénor, résidait en France Par le traité d'Aberconway (10 novembre 1277), Llewelyn s'engageait à payer 50.000 livres sterling, à relâcher son frère Owen et les nobles gallois qu'il retenait prisonniers; enfin il reconnaissait la juridiction des justiciers des Marches. En revanche, Edouard admettait sa suzeraineté sur le Powys et le Deheubarth et lui rendait Anglesey, mais moyennant une rente annuelle de 1000 marcs. Un an après (13 octobre 1278), Llewelyn épousait Aliénor à Worcester en présence des rois d'Angleterre et d'Ecosse. Grâce peut-être à l'influence de cette jeune femme, les relations avec l'Angleterre furent amicales pendant quelques années. Mais elle mourut (24 juin 1281) et Dafydd, mécontent de se voir traiter par le roi en simple baron et non en prince, s'enfuit auprès de son frère. Il obtint son pardon et l'excita contre l'Anglais. Llewelyn, exaspéré déjà par les empiétements des justiciers royaux qui se mêlaient de juger selon les lois normandes ses propres sujets, ne demandait qu'à recommencer les hostilités. Le 22 mars 1282, Dafydd se jette sur le château de Hawarden, capture et tue le justicier Roger de Clifford, tandis que son frère attaque les forteresses de Flint et Rhuddlan. Les Marches et les possessions royales
sont mises à feu et à sac. Edouard
fut aussitôt inrrormé de la révolte. Dès le
28 mars, il écrivait à l'archevêque de Canterbury
d'excommunier les rebelles. Il rassemblades troupes de toutes parts et,
en juin, il était à Chester. Cette fois, il était
décidé à en finir coûte que coûte avec
les Gallois et il apporta dans l'exécution de son plan une ténacité,
une habileté et aussi une férocité extraordinaires.
Pendant que dans le Sud ses lieutenants infligeaient une défaite
sanglante aux Cymry à Llandeilo Fawr, lui-même reprenait Anglesey
et Rhuddlan où il établit son quartier général.
L'archevêque de Canterbury offrit ses bons offices en faveur de la
paix. Edouard offrit à Llewelyn une baronnie en Angleterre A la nouvelle de sa mort quelques chefs
proclamèrent son frère Dafydd. Il était inexpugnable
sur le Snowdon, mais ses sujets découragés et aigris le chassèrent.
Il erra six mois, avec sa femme et ses enfants, de montagne en montagne,
de forêt en forêt et fut livré en juin par un traître.
Condamné par le parlement de Shrewsbury, il fut décapité
et sa tête alla rejoindre à la Tour celle de son frère
(septembre 1283). Tout le Pays de Galles
était soumis. Edouard le parcourut pendant trois ans en vainqueur
et maître absolu. Dès le 7 mars 1283,
par les statuts de Rhuddlan, il divisa le pays en comtés (Anglesey Même sous le règne d'Edouard tout sentiment d'indépendance ne périt pas avec Llewelyn et Dafydd. Rhys ab Maredudd, seigneur d'Ystrad Towy, avait rendu les plus grands services au roi anglais et en avait été richement récompensé. Il n'en fit pas moins une tentative de révolte. Après avoir été contraint à fuir en Irlande, il revint en Galles, fut vaincu, pris et exécuté (1292). Ce fut le dernier prince de la dynastie royale du Dinefawr. Les exactions financières des administrateurs anglo-normands avaient vite lassé la patience des Gallois. Le Nord se révolta sous la conduite de Madog ab Maredudd, et le Sud sous celle de Margan, prince de Morganwg. Le premier, après une victoire sur l'armée royale (15 novembre 1294), tomba aux mains de ses ennemis et fut envoyé à la Tour de Londres (août 1295). Le second fut pris et décapité. Edouard de Caernarvon, prince de Galles
et comte de Chester La conquête du Pays de Galles s'explique par la division des Gallois et celle-ci par leurs institutions. Le régime du clan et les partages des principautés entre tous les fils du chef défunt engendraient des rivalités et des querelles incessantes dont tout le profit revenait à l'étranger. Pour que le pays pût conserver son indépendance, il aurait fallu qu'il reconnût l'autorité d'un prince unique qui aurait transmis son pouvoir à un seul de ses fils. Tel est le plan qu'exposait très sagement Giraud de Barri dans les dernières années du XIIe siècle (à la fin de sa Descriptio Kambriae). Les moeurs furent les plus fortes et rendirent toute réforme absolument impossible. Cependant les Gallois subissaient une oppression
presque aussi dure que les Irlandais. Le plus petit emploi en leur propre
pays leur était refusé. Tous les fonctionnaires devaient
être Anglais ou originaires du continent. Le roi versait leur sang
dans ses guerres contre le roi de France Cent vingt ans après la mort de
Llewelyn, les Gallois n'avaient pas encore perdu tout souvenir de leur
indépendance et supportaient avec impatience le joug anglais. Une
dernière tentative d'insurrection se produisit au début du
XVe
siècle et elle dura seize ans (1400-1415).
Elle fut provoquée par une circonstance toute fortuite, et fut dirigée
par un petit seigneur gallois. Il se nommait Owen Glendwr et descendait
de Llewelyn par sa mère. Il avait étudié dans les
universités, avait été « barrister » à
Londres,
puis était devenu écuyer de Richard
II auquel il était fort attaché, Après la captivité
de relui-ci et l'usurpation de Henri de Lancaster,
Owen s'était retiré dans sa seigneurie de Glendwrdu. Il eut
une contestation pour les limites de ses possessions avec un Anglais, lord
Grey de Ruthyn. Celui-ci réussit à le faire convaincre de
haute trahison sous le prétexte mensonger qu'il avait refusé
d'accompagner le roi dans son expédition d'Ecosse Parmi les nobles qui y prirent part on cite Rhys et William ab Tewdwr, dont un descendant fonda plus tard la dynastie des Tudors. Henri IV qui avait à combattre l'hostilité d'une partie de l'aristocratie anglaise fut hors d'état de soumettre les Gallois. Owen Glendwr s'allia à ses ennemis, les deux Percy et Edmond Mortimer, mais ceux-ci furent défaits dans une bataille sanglante près de Shrewsbury (1403). L'année suivante, Owen concluait un traité d'alliance et d'amitié avec, le roi de France, et en 1405 une petite armée française débarquait à Milfort, s'emparait de Caermarthen et, traversant le pays de part en part, s'avançait jusque dans le comté de Hereford. Au mois d'août, elle se heurta non loin de Worcester à l'armée de Henri IV. Les deux partis s'observèrent huit jours; les intempéries et le manque d'approvisionnements les empéchèrent d'entamer une bataille sérieuse. Au printemps de 1406, les Français en proie à la famine et fatigués de cette expédition sans profits se rembarquèrent. L'année suivante (1407), Henri de Monmouth, le futur Henri V, battait les Gallois sur les bords de l'Usk. Néanmoins la guerre traîna encore plusieurs années et Owen Glendwr maintenait encore son indépendance quand il mourut le 21 septembre 1415. Son fils, Maredudd, accepta les offres de pardon de Henri et fit sa soumission (1416). C'en était fait et pour toujours de l'indépendance galloise. Il était réservé cependant
au Pays de Galles |
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