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L'histoire du Pays de Galles
Jusqu'en 1920
Aperçu Gallois contre Anglo-Saxons et Normands Vers le rattachement à l'Angleterre
Quand les Romains envahirent la Bretagne, en 43 ap. J.-C., le territoire qui correspond  aujourd'hui au Pays de Galles (Wales en anglais), était habité par un peuple d'origine celtique, divisé en trois tribus, les Ordovices au Nord, les Demètes et les Silures au Sud. Ces derniers étaient les plus nombreux et les plus puissants. Les Romains firent de vains efforts pour les soumettre. Suetonius Paulinus occupa un instant le nord de la contrée; mais les Silures attaquèrent les Romains, et, sous la conduite de Caractacus, ils résistèrent courageusement aux efforts d'Agricola. L'héroïsme de Caractacus toucha les conquérants eux-mêmes, et a été immortalisé. 

Après que Romains aient quitté la Grande-Bretagne (411), les habitants des Galles formèrent une sorte de monarchie fédérative, qui se concentrait aux jours du danger aux mains d'un chef appelé pendragon, et revêtu momentanément d'un pouvoir dictatorial. Pendant neuf siècles cette organisation subsista, et l'histoire du pays de Galles fut remplie par une suite de guerres sanglantes entre les chefs des diverses populations, entre celles-ci et leurs voisins. Ils repoussèrent successivement les Pictes, les Scots, les Merciens, les Saxons, les Danois et les Vikings, même après la conquête de Guillaume. C'est une longue période d'obscurité profonde dans laquelle la légende a voulu faire briller comme un éclair Arthur, fils d'Uther. 

Leurs petits royaumes furent réunis au IXe siècle sous Rhodri Mawr (843-877), qui les divisa en trois principautés pour ses trois fils. Vers 930, Athelstan, roi d'Angleterre, réduisit le pays et l'obligea de payer un tribut annuel. Cela n'empêcha pas une période de redressement pendant laquelle on retiendra l'oeuvre législative de Dyfnwall et de Howell Dda (907-948), et les poésies de quelques bardes célèbres (La littérature galloise). Les Gallois refusèrent le tribut à Guillaume le Conquérant, qui les soumit. A partir de ce moment les rois anglais réclamèrent la Galles comme faisant partie de leur royaume; mais leurs prétentions furent constamment repoussées. Les Gallois, qui avaient résisté aux Saxons firent dès lors une guerre continuelle aux lords Marchers, chargés de les maintenir moyennant concession de terres. 

En 1267, Llewellyn ap Gryffyth fut reconnu par Henri III comme prince de Galles; mais sous son succésseur, Édouard Ier, la situation changea. Édouard, qui était un guerrier habile et un profond politique, voulut mettre fin une fois pour toutes à cette indépendance du Pays de Galles, qui écornait la puissance des rois d'Angleterre. Il fit déclarer félon par le parlement Lewellyn, qui régnait alors sur les Gallois, et il marcha contre lui.

Lewellyn fut obfigé d'accepter un traité par lequel il perdit toute sa principauté à l'exception de l'île d'Anglesey, qui encore dut revenir à Édouard, dans le cas où Lewellyn mourrait sans postérité mâle. Le prince gallois s'engagea en outre à payer 50.000 livres sterling, somme énorme en ce temps-là. Bientôt Lewellyn se reprocha d'avoir sacrifié son pays. Tout le poussait à la révolte, son peuple mécontent, son frère David (Dafydd), les anciens chants des bardes, dans lesquels on n'eut pas de peine à trouver des prédictions relatives à Lewellyn. Il se révolta donc, et bientôt l'armée d'Edouard pénétra dans l'île d'Anglesey. Elle fut vaillamment repoussée par les Gallois, conduits par Lewellyn et son frère; mais quelque temps après le noble chef fut tué par trahison : on lui coupa la tête et on l'envoya au roi Édouard, qui la fit placer sur la tour de Londres, où chacun la vit dérisoirement couronnée d'une guirlande de saule.
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L'origine du nom Wales (Galles)

Les peuples germaniques donnèrent le nom de Walah (Welches) à toutes les populations celtiques ou romaines avec lesquels ils se trouvèrent en contact. Cette expression est très probablement empruntée an mot Volcœ, nom d'un peuple gaulois qui résida longtemps dans le Sud de la Germanie, et avec lesquels les Germains se trouvèrent en contact pendant plusieurs siècles.

Ce terme fut appliqué par ceux-ci sur le continent aux Gallo-Romains de Belgique (Wallons), aux Romains de Dacie (Valaques), aux populations romanes demeurées dans une partie de l'Helvétie, dans le pays dont Coire est la capitale (Kurwelsch) (d'Arbois de Jubainville, Introduction à l'étude de la littérature celtique; Paris, 1883, in-8, pp. 10-12).

Les Germains qui envahirent l'île de Bretagne l'appliquèrent aux indigènes (d'où l'anglais Welsh) et appelèrent leur territoire Wealas (angl. moderne Wales). C'est par ce mot que les Français désignèrent les Bretons insulaires quand ils conquirent l'Angleterre au XIe siècle. Ils les appelèrent Guallois, rendant, selon une règle bien connue, le W germanique initial par Gu, et en donnant au mot un suffixe roman.

Lewellyn avait été tué en 1282. Son frère David fut fait prisonnier quelque temps après. Il fut jugé par un parlement siégeant à Shrewsbury, et condamné, comme coupable de haute trahison, à être écartelé d'abord, puis décapité. A partir de ce moment les habitants du Pays de Galles furent complètement soumis, mais l'esprit de résistance persista comme en témoignent les chants des bardes, qui appelaient sans cesse la nation à reconquérir son indépendance. Edouard commença d'ailleurs contre ces poètes des persécutions qui furent continuées par les rois ses successeurs. Mais Édouard ne fut pas coupable du massacre en masse des bardes, dont le chargent plusieurs historiens.

Depuis la mort de Lewellyn la principauté de Galles n'eut plus d'existence politique. Elle fut réunie à l'Angleterre par le statut de Rhuddlen (12 Edouard ler, c. 5). 

Après le rattachement à l'Angleterre.
Soumise à la couronne d'Angleterre, la principauté  fut traitée en pays conquis, et subit toutes les exactions qu'entraîne cette condition. Des révoltes contre les Anglais, éclatèrent en 1287, en 1294 et en 1315, mais elles furent réprimées et leurs chefs furent exécutés. En 1400, les Gallois, conduits par Owain Glyndwr (Owen Glendower), firent un dernier effort pour recouvrer leur indépendance. Par la suite, de dures lois furent  promulguées qui réussirent à décourager les candidats à la révolte. Cette situation dura jusqu'à l'avénement des Tudor, où ce pays entra dans le droit commun de la Grande-Bretagne (1536).
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Pays de Galles : le château de Caernarfon.
Le château de Caernarfon, au Pays de Galles. Sa construction, initiée par Edouard I après la conquête de Gwynedd, remonte à 1283. La tradition d'investir l'héritier du trône de Grande-Bretagne avec le titre de Prince de Galles a été inaugurée en 1301 lorsque le roi Edouard Ier a investi  son fils aîné avec ce titre. L'actuel prince Charles est le dernier à avoir été investi dans ce ce lieu (1969).

La réunion du Wales à l'Angleterre ne devait pas supprimer le titre de prince de Galles, mais désormais les fils aînés des rois d'Angleterre (depuis Édouard VI, fils de Henri VIII et de Jane Seymour, né en 1537) possédèrent la principauté par droit de naissance sans avoir besoin d'en être investis. En réalité, ce ne fut plus qu'un vain titre. L'acte de 1536 avait séparé du Pays de Galles proprement dit le Monmouthshire et, par contre, augmenté de quatre les comtés créés par Édouard Ier; ce furent ceux de Radnor, Brecknock, Montgomery, Denbigh. Chacun de ces douze comtés envoyait un député au Parlement. En 1547 les comtés furent répartis entre les quatre doyennés (deaneries) de Bangor, Saint-Asaph, Saint-Davids, Llandaff sous l'autorité de quatre grands juges. Le même statut rétablit la cour des Marches, supprimée quelques années auparavant sous le titre de Court of the council of Wales. Elle siégeait à Ludlow et comprenait, outre les conseillers, le secrétaire, l'attorney, le solicitor, les quatre grands juges des comtés purement gallois. Le lord président qui était à la tête de cette cour était le maître véritable de la principauté et des comtés voisins (les Marches). Cette organisation ne disparut qu'en 1689. Tous ces fonctionnaires étaient nommés par le roi et par suite assurés à peu près de l'impunité. 

Le Pays de Galles aurait peut-être partagé le sort lamentable de l'Irlande s'il n'avait eu le bonheur d'embrasser la Réforme. A l'antipathie multiséculaire qui séparait Gallois et Anglais ne vint pas s'ajouter la haine religieuse. La Réforme empêcha aussi leur langue celtique de disparaître complètement comme leur langue littéraire. En qualité de protestants, les Gallois durent lire la Bible et la Bible traduite dans leur langue. C'est en 1588 que parut la traduction de William Morgan (le premier livre imprimé en gallois est une sorte de calendrier publié à Londres, en 1546, par William Salesbury). 

Le XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe furent une période de décadence profonde de la vie nationale. La langue galloise ne fut presque plus cultivée qu'au point de vue religieux. Le XVIIIe siècle fut marqué par une double renaissance, religieuse et littéraire. Les Gallois abandonnant l'Eglise anglicane, aristocratique, despotique, à demi papiste, se rallièrent en masse à la réforme des méthodistes. Les Gallois précédèrent même John Wesley dans cette voie. Dès 1735, Howell Harris, Daniel Rowlands, Howel Davies, prêchaient la réforme indépendamment l'un de l'autre. Ces trois courants parallèles qui s'ignoraient finirent par se réunir. En 1742, eut lieu la première conférence calviniste méthodiste à Waterford (Glamorganshire) sous la présidence de Whitefield. 

La première conférence de Wesley n'eut lieu en Angleterreque, dix-huit mois plus tard, et Wesley n'a pas eu grande action sur le méthodisme gallois. De 1791 date la deuxième période de celui-ci qui fut d'abord sous l'influence de Thomas Charles. Les méthodistes gallois prennent depuis lors le nom de Welsh presbyterians. La création d'écoles, le mouvement d'éducation développa non seulement la ferveur pieuse, mais l'instruction générale des Gallois et prépara ainsi d'une manière indirecte la renaissance littéraire. Cette dernière fut également suscitée par est éveil des études archéologiques qui se produisit alors tant en Angleterre que sur le continent. Dans les dernières années du XVIIIe siècle, une société remit en honneur les Eistedfoddau (sessions de poésie et d'éloquence) du Moyen âge dont le dernier paraît avoir eu lieu en 1567. A partir de 1819 ils ont  été tenu annuellement. La publication par Owen Jones, Edward Williams et William Owen (Pughe) d'un corpus de la littérature galloise sous le titre de Myfyrian Archaiology of Wales (Londres, 1804-1807, 3 vol. in-8 ; réimprimé en 1870 en 1 fol. in-4) contribua également à développer le goût de la littérature nationale.

Le XIXe siècle a été une époque de prospérité pour les Gallois. Associés indissolublement à l'Angleterre, ils ont partagé au dehors sa gloire et ses profits. Leur pays en lui-même s'est énormément enrichi, grâce à la découverte des splendides mines de houille du Sud. Le Wales n'était plus seulement une pauvre contrée agricole au sol pittoresque, mais ingrat. Il est devenu un pays de grande industrie et de commerce. Des hameaux, des bourgs, comme Merthyr Tedfil, Swansea et Cardiff, sont devenus de grandes villes. La population, qui était de 500.000 habitants au début du XIXe siècle (1804), a triplé en cent ans (et elle est de 3 millions d'abitants en 2010). 

A la fin du XIXe siècle, la vieille haine contre l'Angleterre a graduellement disparu. Mais, au point de vue politique, il subsiste un gros nuage noir, non pas précisément entre le Pays de Galles et l'Angleterre, mais entre le méthodisme presbytérien et l'Eglise anglicane. Celle-ci perçoit toujours les dîmes sur les Gallois comme si ceux-ci n'étaient pas depuis longtemps dissenters. Le conflit revient de temps à autre à l'état aigu. La séparation de l'Eglise et de l'Etat est devenue à l'époque la plate-forme électorale de la majorité des Gallois. Le parlement britannique finira par voter en 1914 le Welsh Church Act (entré en vigueur en 1920), qui reconnaîtra la séparation du Wales d'avec l'Eglise d'Angleterre. (G. / F. Lot).



Hervé Abalain, Histoire du pays de Galles, Jean-Paul Gisserot, 1993.

Sylvie Ferdinand, Au Royaume du dragon rouge : contes et légendes du Pays de Galles, Terre de brume, 2001

Edwige Camp-Pietrain, La devolution : Ecosse-pays de Galles, Atlande, 2006.

Didier Revest, Le Leurre de l'ethnicité et de ses doubles : Le cas du Pays de Galles et de l'Ecosse, Editions L'Harmattan, 2006.

Joseph Rogues de Fursac, Un mouvement mystique contemporain; le réveil  religieux du Pays de Galles, 1904-1905, BiblioBazaar, 2009.
 

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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