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Assyrie,
en assyrien Assur ou mat il Asur, le pays du dieu Asur, en
perse Athura, en grec Assuria, était le nom antique
de la partie Nord de la Mésopotamie, de ce qui sera plus tard le
pachalik de Mossoul ,
et le Sud du Kurdistan ,
comprenant une surface d'à peu près 160.000 km². Au
Sud de l'Assyrie se trouva la Babylonie, qui néanmoins n'est séparée
d'elle par aucune frontière naturelle. Les Anciens entendaient quelquefois,
sous le nom d'Assyrie, toute la contrée entre le Kurdistan et le
golfe Persique Hérodote (I, 178), y comprend la Babylonie, et originairement
les Grecs étendaient à ce nom presque tout le littoral de
l'Eupbrate, jusqu'à ce qu'on distinguât de l'Assyrie la Syrie
proprement dite qui en tire même le nom par abréviation. Mais,
dans l'antiquité assyrienne, on sépara complètement
le pays d'Assur, l'Assyrie, du pays babylonien, ou Akkad. Dans le Nord,
les monts Niphates forment une frontière bien tranchée, dans
l'Est, le mont Zagros et le Choatras. Le fleuve principal de l'Assyrie
est le Tigre qui, dans la Genèse (2,14), passe même pour en
former la frontière à l'occident.
De nombreux cours
d'eau venant des montagnes arméniennes sillonnent le pays; parmi
ces affluents, presque tous s'embouchent dans la rive orientale; les deux
Zab, le Lycus et le Physcon, sont les rivières les plus importantes;
en dehors de ce dernier, il y a le Gyndes (Divaleh d'aujourd'hui), formé
de la réunion du Holvan et du Chirvan. Un autre affluent est le
Chabur oriental. Le climat, et par conséquent les produits, sont
assez différents les uns des autres dans cette contrée, à
cause de la considérable différence d'altitude provenant
de rabaissement graduel et ondulé, s'étendant à partir
des montagnes du Kurdistan et de l'Iran occidental vers le golfe Persique.
Strabon cite comme composant de son temps le territoire ninivite, les contrées
de la Dolomène, Chazène, Chalachène et Adiabène
qui plus tard fut l'expression proprement appliquée à la
région de Ninive dans le sens le plus étroit. Les grandes
villes furent Calach, Resen, Ninive et Arbèles, sans compter Elassar,
le Kileh Chergat d'aujourd'hui, Opis et quelques cités moins considérables
sur les bords de Tigre : une grande quantité de localités
peu importantes sont mentionnées dans les textes cunéiformes.
Les Anciens remarquaient
déjà le manque de pluie et la pénurie en arbres qui
distinguent l'Assyrie; néanmoins, le pays était fertile en
blé; et sur les versants des montagnes, on récoltait une
quantité de fruits, tels que figues, grenades, pommes, pêches;
cependant, dans l'Assyrie propre, les dattiers ne produisent pas de fruits.
La faune était représentée, dans l'Antiquité,
par certaines espèces qui aujourd'hui ont disparu; les récits
des chasses royales parlent non seulement de sangliers et de buffles, de
gazelles, d'antilopes, de cerfs, elles citent encore des ours, des léopards
et des lions, et peut-être même des éléphants.
Les montagnes du Nord et de l'Est donnaient des minéraux utiles
pour l'architecture et la sculpture, le marbre, l'albâtre, le basalte,
le grès; surtout la province de Balad semble
avoir été exploitée pour ses carrières. On
trouvait dans les mines aussi du fer, du plomb et du cuivre; quant à
l'or et à l'argent, il semble manquer à cette région
qui se le procurait par les conquêtes des pays orientaux et septentrionaux.
D'autres minéraux utiles, tels que l'asphalte, le naphte, le sel,
étaient fournis par les régions attenant à la Babylonie.
L'Assyrie, par sa
situation géographique, était la contrée où
se touchaient les populations différentes de l'Asie occidentale.
Déjà Bérose, d'après le récit d'Eusèbe,
caractérisait la Babylonie surtout comme le théâtre
où se rencontraient les peuples les plus divers. Non seulement les
Indo-Européens venus de l'Orient touchaient les Sémites immigrés
du midi, mais les peuples septentrionaux de la souche ouralo-altaïque
envoyèrent jusqu'ici leurs postes les plus avancés. Nous
ne savons pas qui étaient les premiers habitants de l'Assyrie, ils
peuvent avoir été alliés aux peuplades de l'antique
Caucase.
Le chemin de Babylone
à Ninive fut choisi plus tard par les Sémites, qui s'implantèrent
en Assyrie : la Bible (Genèse, X) dit expressément qu'Assur,
fils de Sem, sortit de la Chaldée, du même pays où
le peuple Ninrod avait établi sa puissance. On a voulu voir ici
une références aux peuples d'Akkad et de Sumer. Ces deux
nations, d'une origine absolument différente, se fondirent plus
tard ensemble. Aucun texte biblique ne parle cependant de ce nom de Sumer,
qui également est inconnu, au moins aux débris des historiens
grecs parvenus jusqu'à nous, en dehors du nom du pays de Sennaar,
qui - certains en on fait l'hypothèse sans grande preuve -, n'est
qu'une altération de Sumer. Les traces nombreuses de cet ancien
et mystérieux idiome sont arrivées jusqu'à nous à
travers l'intermédiaire des Assyriens et des langues sémitiques.
Sans citer des mots de la Bible, nous ferons remarquer que notre mot drogman
et truchement tire son origine de l'idiome de Sumer. |
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