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Le
gnomon était un instrument destiné à la détermination
des hauteurs du Soleil
et de la Lune au-dessus
de l'horizon. Le gnomon des anciens se composait d'une tige verticale de
longueur connue dressée sur un plan horizontal. On mesurait la longueur
de l'ombre projetée par la tige, et,
par une construction graphique, on déduisait la valeur de l'angle
formé par le rayon lumineux avec le plan de l'horizon. Il est bien
clair, d'ailleurs, que le rapport de la longueur du style à celle
de l'ombre donne la tangente de l'angle
cherché. Il convient de remarquer, tout d'abord, que le résultat
obtenu était entaché d'une erreur
égale au demi-diamètre de l'astre ,
car l'ombre mesurée se rapporte au bord supérieur de l'astre
et non pas à son centre.
La figure ci-dessous
montre cet inconvénient sans qu'il soit besoin d'entrer dans aucune
explication. Cette source d'erreur paraît
avoir été connue de bonne heure; aussi, dans le but d'y remédier,
donna-t-on au gnomon la forme d'un obélisque surmonté d'une
boule. La longueur de l'ombre, prise depuis le centre de l'ombre de la
boule jusqu'au pied de l'obélisque, se rapportait très sensiblement
au centre de l'astre. Donc, pas de rectification à opérer.
On trouve cette disposition
sur des médailles de l'époque de
Philippe
de Macédoine .
Enfin, le gnomon permettait de déterminer assez exactement la direction
de la ligne méridienne
et, par suite, de la tracer sur le sol à partir du pied du style.
Il suffisait pour cela de mesurer dans la même journée deux
ombres d'égale longueur, circonstance qui se produit lorsque le
Soleil occupe des positions symétriques par rapport au méridien .
Cette méthode est d'une application plus
rigoureuse, à l'époque des solstices ,
parce qu'à cet instant de l'année la variation de la déclinaison
du Soleil est très faible ( L'Année
et les saisons ).
Ayant ainsi repéré, une fois pour toutes, la direction de
la méridienne sur le sol, on pouvait prendre chaque jour la hauteur
du Soleil en mesurant la longueur de l'ombre au moment où la pointe
du style se projetait sur la ligne méridienne.
Ératosthène
construisit une sorte de gnomon connu sous le nom de scaphé,
composé d'un style vertical dressé au fond d'une calotte
sphérique creuse, de telle manière que la pointe coïncidait
avec le centre de la sphère.
L'ombre du style se projetait donc intérieurement sur la calotte
sphérique; un cercle divisé d'égal
diamètre
s'appliquait à l'intérieur et donnait immédiatement
l'angle formé par le rayon lumineux avec l'horizontale. On voit
que cet appareil, s'il était d'un usage plus commode, comportait
l'erreur d'un demi-diamètre signalée plus haut. La tradition
a conservé le souvenir de gnomons de grande dimension. L'un fut
établi à Rome à l'époque d'Auguste,
dans le Champ de Mars ,
en utilisant dans ce but un obélisque
de 105 pieds de hauteur rapporté d'Égypte; un autre de 165
pieds fut installé à Samarcande
vers 1430.
Les savants du XVIIe
et même du XVIIIe siècle remirent
les gnomons en honneur, en les perfectionnant toutefois. Ils ne cherchèrent
plus à mesurer l'ombre projetée par un style, mais, au contraire,
ils déduisaient la hauteur du Soleil de la position de son image
obtenue en laissant passer les rayons lumineux au travers d'une petite
ouverture circulaire percée dans un mur élevé, à
l'intérieur d'un édifice. Il est bien entendu que la distance
de l'image était comptée depuis la projection sur le sol
du centre de l'ouverture. On utilisait plus spécialement dans ce
but les églises. Citons parmi les plus célèbres :
le gnomon de l'église Santa Petrona à Bologne, installé
par Cassini en 1655, dans lequel l'ouverture
était située à 71 pieds au-dessus du sol; celui de
l'église des Chartreux
de Rome, réglé par Bianchini;
celui de l'église Saint-Sulpice
de Paris ,
organisé par Le Monnier; enfin, celui
installé à l'observatoire de Paris
en 1732, dans la grande salle du deuxième étage, par Cassini
Il. Les cadrans du XVIIe et du XVIIIe
siècle, bien que beaucoup plus précis que ceux des anciens,
puisqu'ils pouvaient donner à l'époque de leur installation
les hauteurs méridiennes avec une approximation de 20" d'arc et
les passages à 1 seconde de temps près, n'offrent guère
qu'un intérêt historique, car depuis bien longtemps les instruments
d'observation ont acquis une précision telle qu'il ne saurait être
question d'utiliser les observations gnomoniques toujours douteuses, par
suite des effets de tassement du sol ou des murs, postérieurs au
tracé de la méridienne.
Ce qui fait que le gnomon ne peut servir,
commodément au moins, à la détermination de l'heure,
c'est que la variation incessante de la déclinaison
du Soleil
a pour effet de changer chaque jour
la direction et la longueur de l'ombre du style sur le plan de l'horizon
lorsque le Soleil traverse les mêmes plans horaires, c.-à-d.
pour les mêmes intervalles de temps égaux avant ou après
le passage
au méridien
aux différents jours de l'année .
En effet, si z est la distance zénithale ( Le
repérage des astres )
à un instant donné, AH l'angle
horaire correspondant, A l'azimut
de l'astre, D sa distance polaire, L la colatitude, la formule fondamentale
(ci-dessous) montre que pour des valeurs égales à AH,
z varie si D varie :
cos z = cos D. cos
L + sin D . sin L. cos AH
Enfin, la formule
suivante fait également voir que pour des valeurs égales
de AH, A est différent si D n'est pas constant, comme il arrive
au cours de l'année : :
tg A = (sin D . sin
AH) / (-sin L. cos D + cos L . sin D. cos AH)
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