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Globe (géographie).
- Le globe est une sphère représentant la Terre ,
avec ses mers, ses continents, les divers accidents du sol, les villes
principales. (Certains globes peuvent aussi représenter d'autres
planètes
). Les méridiens y sont représentés
par de grands cercles perpendiculaires à l'équateur,
et les parallèles par des cercles dont les plans lui sont parallèles.
L'équateur est divisé de degré en degré ou
de dix degrés en dix degrés, suivant la grandeur du globe.
Lorsqu'il est divisé de degré en degré, on indique
le temps par les heures à partir de midi, suivant le méridien
pris comme méridien central. On trace, en outre, sur la sphère,
une ligne indiquant l'écliptique; comme
parallèles particuliers, les deux tropiques du Cancer et du Capricorne
et les deux cercles polaires arctique et antarctique. Ces globes sont en
général sphériques; dans quelques cas particuliers
on en construit avec la forme sphéroïdale indiquant l'aplatissement
des pôles, mais il faut alors des globes de
fort grandes dimensions.
C'est la seule image exacte de notre monde
et la seule qui donne la véritable position des lieux, puisque,
une sphère n'étant pas développable sur un plan, les
cartes
planes ne peuvent jamais offrir qu'une figure et des positions approximatives.
Pour reporter les indicattions des cartes sur un globe, il faut avoir recours
à une méthode approximative qui permette de recouvrir la
sphère avec les papiers sur lesquels ont été imprimées
l'orographie et l'hydrographie. Dans ce
but, on divise la surface en fuseaux délimités par des méridiens
et des parallèles, en ayant soin d'éliminer deux petits cercles
ayant pour centre les deux pôles de la Terre
et qui terminent tous les fuseaux réunis. Ces deux petits cercles
représentent en général les deux régions des
pôles. Ces fuseaux sont formés par deux méridiens successifs.
Classiquement, un globe terrestre se compose
de deux parties distinctes, le globe lui-même, et les différentes
pièces qui le supportent et l'entourent. Celles-ci sont, dans les
globes les plus simples, au nombre de quatre :
1° le pied qui porte tout
l'appareil;
2° un grand cercle de métal
appelé méridien général, sur lequel on marque
les degrés de latitude, et même, dans les grands globes, les
minutes et les secondes;
3° un second grand cercle de métal,
perpendiculaire au précédent, qu'il coupe en deux parties
égales; c'est l'horizon rationnel;
4° un quart de cercle, lame de cuivre
fixée su méridien général et à l'horizon,
divisée en 90 degrés, et tenant lieu de compas pour mesurer
les distances.
Le globe lui-même, ordinairement en
métal, tient au méridien général
par des poinçons fixés à ses deux pôles; mais
il est mobile sur un axe dont ces poinçons sont les extrémités,
et incliné de 66° 32' sur l'horizon.
Il porte toutes les mêmes lignes que les cartes,
équateur,
parallèles, tropiques, cercles polaires, méridiens, etc.,
et c'est après avoir tracé tous ces cercles que l'on dessine
sur le globe lui-même la figure de la Terre .
La construction des globes célestes est la même, avec cette
différence que les figures formées indiquent le plus souvent
les différentes constellations ;
deux lignes principales y sont généralement indiquées
: l'équateur céleste et
l'écliptique. Sur cette dernière
ligne sont marquées les constellations de l'écliptique.
La Voie lactée
est représentée sur tous les globes célestes.
Les
anciens globes.
Le plus ancien globe terrestre dont il
soit fait mention est le globe en argent que possédait Roger II,
roi des Deux-Siciles ,
et pour l'explication duquel Edrisi
composa sa Géographie en 1154. Mais ce globe a disparu, et
le plus ancien que l'on ait conservé est celui que Martin Behaim
construisit en 1492, et que l'on conserve à la Bibliothèque
de Nuremberg
: il offre les découvertes des Portugais sur les côtes d'Afrique
jusqu'au cap Negro, où aborda en 1485 Diego Cam ,
que Behaim accompagnait; le cap de Bonne-Espérance, découvert
par Bartolomeo Diaz
en 1486, y est marqué, mais non pas à sa véritable
place, et tout près, au contraire, du cap Negro. Un autre globe
de la même époque, mais dont l'auteur est inconnu, a été
récemment trouvé à Laon : d'Avezac en a donné
la description et le fac-simile dans le Bulletin de la Société
de Géographie (novembre - décembre 1880). Il porte au sud
de l'Afrique la date de 1493; mais le point auquel elle s'applique n'est
autre que le cap Negro, comme dans le globe de Behaim.
On connaît, de la première
moitié du XVIe siècle, cinq
globes importants pour l'histoire des découvertes en Amérique
: le plus ancien, conservé à la Bibliothèque de Nuremberg,
fut exécuté par Jean Schoener à Bamberg
en 1520; un autre, de la même époque environ, sans date ni
nom d'auteur, se trouve à Francfort-sur-le-Mein; des trois autres,
postérieurs à 1524, puisqu'ils représentent, sous
la nom de Terra Francesca, les découvertes que fit Verazzano
en Amérique par les ordres de François Ier, ,
l'un est à la Bibliothèque nationale
de Paris, l'autre à celle de Nancy ,
et le dernier, construit à Rouen ,
sans doute par quelque navigateur rouennais ou dieppois resté inconnu
comme les auteurs des deux précédents, se distingue par la
conjecture hardie du détroit (découvert 200 ans plus tard
par Béring) qui sépare l'Amérique de l'Asie. Ces globes
sont en métal, la plupart en cuivre doré, et gravés
en creux. Cependant, dès le commencement du siècle, existait
l'art, attribué à Albrecht Dürer ,
de dessiner et de graver des fuseaux destinés à être
collés sur une boule; ainsi était composé le globe
qui accompagnait, en 1530, la Cosmographie de Gemma Frison .
Parmi les plus célèbres globes
depuis le XVIe siècle on mentionnera
encore : les deux globes en cuivre construits par l'Hôte en 1618,
placés aujourd'hui à la bibliothèque de l'Institut ,
et remarquables par la beauté de l'exécution; le globe dit
de Gottorp, oeuvre d'Oléarius, en 1664, et qui se trouve actuellement
à Saint-Petersbourg .
Celui de Cambridge
qui a 6 m de diamètre; enfin les deux beaux globes manuscrits de
Poirson, dessinés sur la boule même avec une grande exactitude;
l'un, construit pour l'éducation du roi de Rome, a 1,07 m de diamètre;
l'autre, de 0,65 m, orne, au Louvre ,
la galerie du Musée de marine.
Louis XIII
et Louis XIV
avaient à leur service des peintres et des ciseleurs chargés
de tracer et de ciseler les globes à montures de cuivre destinés
à la cour. Cette fabrication était très active à
Paris ,
à Londres ,
en Hollande et dans les villes hanséatiques. Les pièces les
plus importantes que l'on connaisse en ce genre sont les deux sphères
terrestre et céleste offertes à Louis XIV par le cardinal
d'Estrées et qui avaient été exécutées
par le Vénitien Coronelli ,
savant géographe jouissant alors d'une grande réputation.
Montées en cuivre et reposant sur de superbes pieds sculptés,
ces sphères, qui mesurent 4 m de diamètre, furent d'abord
placées dans un des pavillons de Marly
et transportées en 1782 à la bibliothèque royale (future
Bibliothèque nationale ).
On a relégué ces globes en 1915 dans des caisses entreposées
à l'Orangerie du Château de Versailles .
Il ont de nouveau été exposés au public en 1980 au
Centre George Pompidou à Paris, puis, oubliés semble-t-il
dans une partie désaffectée de la Cité des Sciences
et de l'Industrie, d'où on les a ressortis pendant quelques jours
pour les exposer en septembre 2005 au Grand Palais. Le roi Louis XVI ,
qui étudiait les sciences de la géographie et de la mécanique,
possédait également des globes remarquables. Le plus important
d'entre eux, enrichi d'une monture et d'une base en cuivre d'un beau travail,
a été attribué, sous la Révolution, à
la bibliothèque Mazarine .
On a vu, à l'Exposition universelle de 1889, une sphère colossale
occupant la hauteur de plusieurs étages. (C. P.). |
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