| . |
| |||||||
|
|
| Les
Gazelles constituent un genre d'Antilopes (mammifères ruminants),
comprenant des formes légères et gracieuses, à hautes
pattes fines, à grands yeux, à cornés arquées
en lyre.
Ces animaux habitent
les steppes et les déserts de l'ancien monde, le nord de l'Afrique,
l'Asie centrale et occidentale jusqu'à la Sibérie; l'Arabie
et la Syrie sont leur aire de distribution géographique. Les Gazelles
s'apprivoisent très facilement et vivent dans les maisons. A l'état
sauvage, les Gazelles vont par troupes. Leur robe claire, isabelle ou fauve
en dessus, blanche en dessous, s'harmonise avec l'apparence des terrains
désertiques. On en connaît une quarantaine d'espèces,
vivantes ou fossiles. La plus connue est la Gazella Dorcas, répandue
du Sahara algérien à la Nubie; au
Une gazelle dans
le désert est une apparition ravissante, poétique; aussi
n'est-,il pas étonnant que depuis les temps les plus reculés
les poètes d'Orient les aient chantées avec amour. L'étranger,
l'habitant des froides contrées du Nord, comprend, en voyant une
gazelle en liberté, pourquoi elle est chérie des Arabes;
il ressent, lui aussi, une atteinte de ce ravissement qui excite leurs
poètes. L'oeil qui le charme est comparé par-le fils du désert
à celui de la gazelle; le cou svelte et élancé auquel
il enlace ses bras, il ne peut le louer qu'en l'appelant cou de gazelle;
l'homme pieux lui-même trouve dans cette gracieuse habitante du désert
une image représentant son coeur qui soupire vers Dieu. La gazelle
a disparu aux yeux, son image reste dans le coeur. Elle exerce son charme
sur chacun, elle montre quel est le pouvoir de la beauté.
Les poètes arabes de tout temps ne trouvent-. pas assez de termes pour célébrer la gazelle. Les auteurs les plus anciens l'exaltent, et aujourd'hui. éncore les improvisateurs des rues chantent sa beauté. Caractères.
La gazelle dorcas. Caractères.
Le pelage de la Gazelle est des plus élégants. La couleur fondamentale est le jaune couleur de sable; le dos et les membres passent plus ou moins au brun roux foncé; une bande plus foncée encore court le long des flancs, et sépare la teinte du dos de celle du ventre, qui est d'un blanc éclatant. La tête est plus claire que le dos; le museau, en dessus, la gorge, les lèvres, le tour de l'oeil et une bande qui longe le museau de chaque côté sont d'un blanc jaune; une raie brune descend de l'angle de l'oeil à la lèvre supérieure. Les oreilles sont gris jaune, bordées de noir, et portent trois rangées longitudinales de poils assez serrés. La queue est d'un brun foncé à la racine et noire dans sa moitié terminale. Il existe des variétés qui ont la robe plus grise, et qui ressemblent à la Gazelle d'Iran, dont certains naturalistes ont fait une espèce à part. Distribution
géographique.
Moeurs,
habitudes et régime.
Les petites familles sont d'ordinaire composées d'un mâle, d'une femelle, et de leur petit, qui reste avec eux jusqu'à la saison du rut prochain. On rencontre aussi des troupes formées exclusivement de mâles, chassés par des rivaux plus forts. Ils demeurent fidèlement ensemble jusqu'à la saison du rut. Tout voyageur, qui traverse le désert peut être certain de voir avant peu une gazelle. Pendant la grande chaleur seulement, de midi à quatre heures, l'animal rumine tranquillement à l'ombre d'un mimosa; le reste du temps, il est continuellement en mouvement. Il est cependant moins facile de l'apercevoir qu'on ne le croit; la conformité de couleur qui existe entre sa robe et le sol lui permet d'échapper aux regards. Il disparaît à la faible vue d'un Européen à 1 kilomètre de distance l'oeil perçant de l'Arabe le distingue parfois à 8 kilomètres. D'ordinaire, le troupeau se tient auprès d'un buisson de mimosées, dont les cimes étendues en forme de parasol le protègent contre les rayons du soleil. La sentinelle est en train de paître; les autres sont couchées et ruminent. La première seule est visible; les autres ressemblent à des amas de pierres, et l'oeil exercé du chasseur s'y trompe souvent. Tout est-il tranquille, le troupeau erre un peu çà et là, sans abandonner le lieu qu'il occupe; mais, au moindre danger, il quitte la place. Il en est de même, si le vent change. Les Gazelles se tiennent sous le vent, de préférence sur le versant d'une colline, de façon à dominer la plaine qui s'étend devant elles, et à être averties par le vent du danger qui pourrait leur venir du côté opposé. A la première alarme, elles gagnent le sommet de la colline, et examinent attentivement la contrée pour voir quels sont les points qui leur offriront le meilleur abri. Aucun autre Antilopidé n'est plus actif que la Gazelle; elle est vive, toujours gracieuse. Sa course est facile. Un troupeau en fuite est un spectacle charmant; même quand le danger les menace, les gazelles semblent encore se jouer. Elles font des bonds de 1 mètre et demi à 2 mètres de haut, et franchissent, comme pour s'amuser, des buissons, des fragments de roches. Tous leurs sens, l'ouïe, la vue et l'odorat, sont très développés. La Gazelle dorcas est prudente, rusée même; elle a une mémoire excellente et sait mettre l'expérience à profit. Ses moeurs sont charmantes. Elle est inoffensive et craintive, mais a cependant plus de courage qu'on ne le croit. Dans le sein du troupeau, les luttes sont fréquentes; les mâles surtout combattent en l'honneur de leurs compagnes vis-à-vis desquelles ils se montrent, par contre, toujours aimables et tendres. La Gazelle vit en paix avec tous les autres animaux; on en rencontre souvent dans des troupeaux d'autres espèces d'antilopidés. On ne petit dire que la gazelle dorcas soit timide; elle est plutôt prudente, et évite tout ce qui pourrait lui être dangereux. Le temps du rut varie suivant les conditions climatiques. Dans le nord de l'Afrique, il a lieu au mois d'août, au mois d'octobre; sous les tropiques, de la fin d'octobre à la fin de décembre. Les mâles s'excitent au combat par leurs bêlements; ils se précipitent l'un sur l'autre et avec tant d'énergie qu'ils se brisent fréquemment les cornes; j'en ai souvent chassé, qui avaient une corne cassée à la racine. Les femelles ne font entendre qu'un doux gémissement. Le mâle le plus fort est le préféré; lorsqu'il a écarté tous ses rivaux, la femelle s'approche de lui, et reçoit ses caresses avec plaisir. Le mâle la suit pas à pas, la flaire, frotte sa tête contre son cou, lui lèche la face, cherche à lui témoigner son amour de toutes les façons. Dans le Nord, la femelle met bas à la fin de février ou au commencement de mars; dans le Sud, de mars à mai; elle n'a qu'un petit par portée, et la durée de la gestation est de cinq à six mois. Le petit est très faible pendant les premiers jours de sa vie. Plus il est faible, plus sa mère a soin de lui. Elle chasse à coups de pied le renard qui s'avance méchamment, et le mâle vient à son aide. Néanmoins, les jeunes Gazelles, avant de pouvoir courir aussi rapidement que leurs parents, sont exposées à bien des dangers. La moitié, sans exagération, devient la proie des nombreux carnassiers de cette région. Il est vrai que sans ces carnassiers, chargés de maintenir l'équilibre dans le règne animal, les Gazelles se multiplieraient tellement, qu'elles détruiraient complètement toute végétation. (A.E. Brehm). |
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||