 |
Garum, Garus.
- Les anciens Romains appelaient ainsi une espèce de saumure qui
constituait une sauce servant d'assaisonnement, et quelquefois de remède
contre plusieurs maladies. Pour le préparer on imbibait d'eau des
poissons
qu'on laissait sécher après les avoir saupoudrés de
sels, on les pilait et ils subissaient un commencement de putréfaction;
puis on recueillait le liquide corrompu qui en sortait. On y ajoutait du
thym, du laurier et d'autres aromates.
Cette liqueur était noire, d'un
aspect et d'une odeur peu attrayants, d'un goût très piquant
et propre à exciter l'appétit. Aussi servait-elle d'assaisonnement
aux mets dans les repas de luxe; et elle était si estimée
sous les premiers empereurs qu'elle se payait aussi cher que les parfums
les plus rares. Ou employait surtout pour faire le garum, l'anchois, le
maquereau; le picarel (Smaris de Cuvier ),
et il était d'autant plus estimé qu'on y avait laissé
les têtes, les intestins,
les ouïes.
Employé comme médicament,
il passait pour être détersif, antiseptique; on recommandait
de laver avec cette liqueur les ulcères atoniques, gangréneux.
II était aussi vanté contre la morsure des animaux enragés! |
|