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On appelle étoiles
symbiotiques des systèmes binaires
relativement écartées, constitués d'une géante
rouge ordinaire (le plus souvent de type M et
parfois des types G ou K) ou d'une Mira, et d'une étoile plus chaude
(généralement une naine blanche, mais
parfois aussi une étoile massive de la séquence
principale, voire une étoile à neutrons),
et dans lequel il existe un transfert de matière
de la première à la seconde composante, par suite du vent
stellaire. Les plus connus de ces astres sont Z Andromedae,
R Aquarii et CH Cygni.
On les classe en deux catégories,
selon la nature de la géante. S'il s'agit d'une géante rouge
ordinaire (80% des cas), on parle d'étoiles symbiotiques de type
S (S= stellar), s'il s'agit d'une Mira (les 20 % restants), on parle
de Miras symbiotiques ou d'étoiles symbiotiques de classe D (D,
pour dusty, ou poussiéreux, pour signifier la présence
d'une coquille de
grains circumstellaires formés
à partir de la matière expulsée).
Outre le spectre particulier
de ces objets, deux faits les caractérisent : le matériau
expulsé par la géante est ionisé par le rayonnement
de l'étoile chaude et forme autour du système une nébuleuse
brillante, rappelant à s'y tromper celle des nébuleuses planétaires;
d'autre part, ces astres sont éminemment variables. Ils présentent
des fluctuations d'éclat très courtes (de quelques secondes
à quelques minutes), mais sont également le siège
d'instabilités à l'origine d'un comportement éruptif
pouvant s'exprimer lors de crises espacées de quelques mois ou de
quelques années et davantage.
Le comportement
des étoiles symbiotiques rappelle celui des novae
et des binaires X, dont certaines sont d'ailleurs
des étoiles symbiotiques à part entière : T CrB (Couronne
Boréale), par exemple, qui est une nova récurrente, et
GX 1+4, qui est une binaire X.
Évolution
de la luminosité de Z Andromedae entre 1911 et 1924.
(D'après
Harlow Shapley, 1924).
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Le piège des apparences
Les
certaines nébuleuses planétaires proprement
dites et les nébuleuses qui entourent les étoiles symbiotiques
se ressemblent tellement qu'il n'est pas rare qu'un objet ordinairement
rangé dans la première classe se révèle appartenir
en réalité à la seconde. Dans les deux cas, on a bien
perte de masse par une étoile vieillissante.
Mais la source de l'illumination est différente. Dans les nébuleuses
planétaires, le gaz éjecté trouve l'origine de son
rayonnement dans le rayonnement UV émis par l'astre dont il est
originaire, et qui est en train de devenir une naine blanche. Dans les
étoiles symbiotiques, le gaz provient de l'une des étoiles
du couple, alors le rayonnement UV trouve son origine dans l'autre.
M
2-9.
Faire
la différence est difficile, car les nébuleuses planétaires
sont souvent elles aussi binaires, et conduisent elles aussi à une
morphologie bipolaire pour la nébuleuse, et ce critère ne
peut donc suffire. S. Schmeja et S. Kimeswenger (astro-ph/0108331,
mars 2001) ont cependant établi établi une méthode
spectroscopique, basée sur les données recueillies dans l'infrarouge
proche, dans le cadre du programme DENIS, et qui permet de distinguer les
deux familles. C'est ainsi, que M 2-9 (Ophiuchus)
et Mz 3 (Règle), notamment,
anciennement classées parmi les nébuleuses planétaires
rejoignent maintenant les rangs des Miras symbiotiques. |
Des obscurcissements temporaires occasionnés
par la poussière peuvent également avoir lieu. Et à
ces variations erratiques s'ajoutent des modulations périodiques
de l'ordre de 10 à 50 ans, en relation avec le mouvement de révolution
du système. Certaines, parce qu'on a affaire à des binaires
à éclipses (voir tableau ci-dessous). Dans plusieurs
cas, la géante rouge peut s'avérer suffisamment déformée
en forme d'oeuf par l'attraction de sa voisine pour qu'on ait affaire à
une variable ellipsoïdale. C'est ce qui se
produit avec T CrB, CI Cyg,
EG And et BF Cyg, notamment.
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Collection |
Les astronomes connaissent
plus de 150 étoiles symbiotiques. Voici (d'après Joanna Mikolajewska,
2002) une sélection de ces objets dont la masse des composantes
a pu être déterminée. Notez qu'il s'agit souvent de
binaires à éclipses (signalées par l'astérisque
*), ce qui simplifie la détermination des éléments
orbitaux nécessaires au calcul.
-
| Étoile |
Constellation |
Période
(jours) |
Masse
(Soleil
=1) |
| Et.
géante |
Et.
chaude |
|
EG And
|
Andromède
|
481*
|
1,5
|
0,4
|
|
Ax Per
|
Persée
|
680,8*
|
0,9
|
0,37
|
|
BX Mon
|
Licorne
|
1401*
|
3,0
|
0,45
|
|
SY Mus
|
Mouche
|
625*
|
1,3
|
0,43
|
|
RW Hya
|
Hydre
|
370,2*
|
1,6
|
0,48
|
|
T Crb
|
Couronne
Boréale
|
227,57
|
0,7
|
1,2
|
|
KX TrA
|
Triangle
Austral
|
1350
|
1,0
|
0,41
|
|
AE Ara
|
Autel
|
812
|
2,0
|
0,51
|
|
RS Oph
|
Ophiuchus
|
455,7
|
1,7
|
> 1,1
|
|
FG Ser
|
Serpent
|
650*
|
2,5
|
0,6
|
|
AR Pav
|
Paon
|
604,5*
|
2,0
|
1,0
|
|
FN Sgr
|
Sagittaire
|
568,3*
|
1,4
|
0,66
|
|
BF Cyg
|
Cygne
|
757,2*
|
1,8
|
0,51
|
|
CI Cyg
|
Cygne
|
855,3*
|
1,3
|
0,43
|
|
V 1329
|
Cygne
|
956,5*
|
2,1
|
0,74
|
|
AG Per
|
Persée
|
816,5
|
> 1,8
|
0,46
|
|
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