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Equivoque,
sophisme
qui consiste à employer le même mot dans des acceptions différentes.
C'est un artifice à l'usage de la chicane, de l'intérêt
ou de la passion. Rousseau use de l'équivoque
pour attaquer Molière :
On
pourrait dire qu'il a joué dans Alceste non la vertu mais
un véritable défaut, qui est la haine des hommes. A cela
je réponds qu'il n'est pas vrai qu'il ait donné cette haine
à son personnage : il ne faut pas que ce nom de Misanthrope en impose,
comme si celui qui le porte étaitennemi du genre humain. Une pareille
haine ne serait pas un défaut, mais une dépravation de la
nature et le plus grand de tous les vices. Le vrai Misanthrope est un monstre.
S'il pouvait exister, il ne ferait pas rire; il ferait horreur.
Dans la première
partie de ce passage, Rousseau comprend la misanthropie
d'Alceste comme tout le monde avec Molière; c'est un travers, et
rien de plus. Mais ensuite il prend le mot dans un sens absolu; la misanthropie
devient un vice, une monstruosité. L'équivoque est l'arme
des sophistes.
Platon, dans son Euthydème,
dévoile cet artifice, et en indique le remède, qui est de
définir et de préciser le sens des termes. (H.
D.). |
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