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Les élasmobranches
Requins et Raies
Les Elasmobranches ou Plagiostomes, est le premier des deux ordres de la classe des Chondrichtyens, comprennent les Requins (près de 400 espèces réparties dans une trentaine de familles) et les Raies, des poissons dont la forme génerale est des plus variables. Chez les Requins, en effet, le corps est allongé, fusiforme, tandis que chez les Raies, etc., il est déprimé et aplati. Tous sont caractérisés par un squelette cartilagineux. Les types à corps fusiforme sont construits pour une natation rapide; ceux à corps aplati, au contraire, nagent avec une lenteur et une difficulté relatives. La forme, le nombre, la dimension des dents varient considérablement suivant les groupes. Chez les Requins elles sont grandes, plates, en forme de lances, parfois dentelées sur les bords. Chez les Raies, elles sont placées les unes à côté des autres, en forme de pavés. 

La structure et la disposition des branchies constituent un des caractères distinctifs des Elasmobranches. Là elles sont réunies deux à deux et forment des cavités indépendantes qui ont chacune une issue extérieure sous forme de fente. Le nombre de ces fentes est, en général, de cinq; elles sont placées latéralement chez les Requins, et en dessous chez les Raies. Ce sont des animaux ovovivipares, c.-à-d. que, dans la majorité des cas, l'oeuf se développe dans le corps de la mère. Souvent le petit contracte des connexions avec l'utérus maternel. Les oeufs sont enveloppés dans une coque dure, subcornée, de formes des plus variables, souvent en spirales, en cornets ou en coussins quadrangulaires avec cornes aux quatre angles, comme chez les Raies, ou portant de longs filaments propres à les tenir accrochés aux Algues et autres productions marines chez les genres non vivipares. 

Les Elasmobranches sont éminemment marins, cependant plusieurs habitent les grands fleuves (Sénégal, par exemple). Tous sont carnivores. Les uns, comme les grands Squales, doivent être considérés comme cosmopolites, d'autres sont cantonnés dans les mers chaudes; un certain groupe des plus remarquables habite spécialement une fosse profonde, au large de Setubal en Portugal. Les Raies sont plus localisées en raison de leur mode même de natation.

Systématique
 
Requins
Pleurotrèmes ou Squales
 
 
 
Galéomorphes (requins évolués) :
Hétérodontiformes : requins dormeurs, requins à cornes.
Orectolobiformes : requins-carpettes, requins-tapis, requins-nourrices, requin-baleine, requin-zèbre.
Lamniformes : requin-taureau, renards de mer, requin pélerin, grand requin blanc, requin taupe bleu.
Cacharhiniformes : roussettes, émissoles, milandres, requin-tigre, requin du Gange, requins-marteaux.
Squalomorphes (requins primitifs)
Hexanchimorphes : requin à colerette, requin-lézard, griset, perlon.
Squaliformes : squale bouclé, squale chagrin, laimargues, centrines, etc.
Pristiophoriformes : requin-scie.
Squatinomorphes : squantiniformes (Anges de mer)
Raies
Hypotrèmes ou Batoïdes
Rajiformes : raies, pochetaux, guitares de mer.
Pristiformes : poissons-scie.
Torpediniformes : torpilles.
Myliobatiformes : mantes, raies-papillon, mourines, pastenagues.

Le tableau précédent montre l'ordre de Elasmobranches divisé en deux sous-ordres, les Squalidés ou Requins, les Batoïdes ou Raies. D'autres modes de classification ont également été utilisés : on a ainsi, d'après la structure de la colonne vertébrale, divisé les Sélaciens - ceux-ci correspondant aux Elasmobranches -, en deux sous-ordres, celui des Asterospondyli et celui des Tectospondyli; ces derniers, à part les familles des Spinaudés et des Squatinidés qui rentrent dans le sous-ordre des Squalidés, renferment les Batodes ou Raies.

Paléontologie

On trouve dans les couches siluriennes supérieures d'Europe des dents et quelques débris de poissons que l'on doit attribuer à des Sélaciens et vraisemblablement à des Squalidés. Parmi les huit familles dans lesquelles on peut ranger ces dernières, une seule, celle des Conchliodontidés, est éteinte ; les Poissons, que l'on groupe sous ce nom et qui s'éloignent de tous les Elasmobranches actuels, sont limités aux terrains carbonifères.

Voici la distribution géologique des autres familles: les Spinacidés, dont l'Aiguillat des mers tempérées est le type, vivent depuis les terrains Crétacés moyens; l'Ange, le seul représentant actuel de la famille des Squatinidés, était représenté dans les couches du jurassique supérieur et du crétacique; le type est peu connu des terrains tertiaires. Les Notidanidés ont même extension géologique, ainsi que les Scyllidés, ou Chiens de mer. La Famille des Carcharidés, dont le maximum est à l'époque tertiaire et à l'époque actuelle, a apparu à l'époque crétacique. Les Lamnidés, qui comprennent les plus grands Requins de nos mers vivent depuis les terrains jurassiques inférieurs ; leur maximum de développement a eu lieu aux époques crétacique et tertiaire. On connaît quatre espèces d'Hétérodon vivant sur les côtes d'Australie, d'Amboine, du Japon, de la Californie, des îles Galapagos; ce genre est la seul représentant à L'époque actuelle de la famille des Cestraciontidés, qui a été si largement représentée en genres et en espèces depuis le dévonien jusqu'à la fin de l'époque crétacique.

Les Pétalodontidés et les Psammodontidés peuvent être considérés comme les ancêtres paléontologiques des Raies ; les Psammodontidés sont limités au carbonifère. Sur neuf genres que comprennent les Pétalodontidés, sept sont du carbonifère, un Janassa, est connu du Carbonifère et du Permien, un Ctenoptychius, commence dans le Carbonifère et s'éteint dans la partie supérieure du Trias. Les autres familles de Batoïdes ont surtout leur maximum à l'époque actuelle; si cependant, à l'exemple de Smith Woodward, on fait rentrer le genre Ptychodus dans la famille des Myliobatidés ou Anges de mer, on verra que, par ce genre, le maximum de la famille en lieu au Crétacé; le type Myliobate lui-même était largement représenté à l'époque Tertiaire. Les Poissons-scies ou Pristidés, sont représentés à l'époque tertiaire par le genre Pristis de nos mers ; le plus ancien membre de la famille est le genre Sclerorhynchus, du tertiaire inférieur de Monte Bolea, en Italie. La famille des Pristiophoridés n'est représentée dans la nature actuelle que par le seul genre Pristiophore de l'océan Pacifique; on a rapporté à cette famille le genre Squaloraga, du Lias inférieur de Lyme Regis; ce genre est considéré par Smith Woodward, non comme un Elasmobranche, mais comme un Holocéphale devant prendre place dans l'ordre des Chiméroïdes. Aux trois genres qui forment, dans la nature actuelle, la famille des Rhinobatidés, se rattachent des formes du jurassique supérieur qui ont été désignées sous le nom de Spathobates et qui, d'après plusieurs paléontologistes, ne peuvent se séparer des Rhinobates de nos mers ; ce genre est d'ailleurs connu du tertiaire inférieur de Monte Bolea; deux genres sont limités au Jurassique supérieur : Belemnodates et Asterodermus. On rapporte à la famille des Raies, dont le maximum de développement se trouve à l'époque actuelle, des dents et quelques débris recueillis dans les terrains tertiaires, les Raies armées ou Trygonides ont leur plus ancien représentant dans le terrain Crétacé supérieur du mont Liban (genre Cyclobate). On connaît des couches éocènes de Monte Bolea une Torpille, représentant la famille des Torpedinidés, dont le maximum de développement est à l'époque actuelle. (Rocher /E. Sauvage).

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