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Le
Droit
divin est un principe suivant lequel, tout pouvoir est supposé venir
de Dieu ;
le dépositaire de la puissance devient dès lors sacré,
et n'a de compte à rendre de sa conduite qu'à Dieu même.
Les rois disent tenir leurs
droits de Dieu, et
voilà ce qui fait leur légitimité aux partisans de
la monarchie'
absolue.
Cette théorie politique a pour contraire celle de la souveraineté
du peuple. Ses conséquences rigoureuses sont l'obéissance
passive, la condamnation de toute espèce de révolte contre
l'autorité, l'impossibilité de restreindre le pouvoir souverain
sans le détruire : l'humain, politiquement parlant, n'a pas de droits,
il n'a que des devoirs. Les partisans du Droit divin trouvent que ce sont
là des inconvénients moindres que ceux qui sont attachés
aux autres formes de gouvernement.
La foi
au Droit divin de l'autorité n'a pas été pas propre
seulement aux sociétés où domine le christianisme
: dans les sociétés antiques, toute transmission du pouvoir
était consacrée par l'intervention de la religion,
et l'on ne pensait pas qu'un fait si considérable se pût accomplir
sans la volonté des dieux. Mais il est
très vrai que le christianisme a donné au principe du Droit
divin une force nouvelle :.
Il
n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, dit Saint
Paul; et les puissances qui subsistent. ont été établies
de Dieu. C'est pourquoi celui qui s'oppose à la puissance s'oppose
à l'ordre que Dieu a établi.
Est-ce à dire
qu'il faille, aux yeux de la religion, enlever aux humains le droit de
se gouverner eux-mêmes et favoriser le despotisme?
On a pu le prétendre pour en faire une objection contre le catholicisme
: mais, dans le langage de la théologie,
le Droit divin signifie tout simplement que le pouvoir, comme moyen d'ordre,
étant nécessaire à l'existence de la société,
est, dès lors, voulu de Dieu, ou d'institution divine, de la même
manière que la société elle-même.
(B.). |
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