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Les conjonctions
Le mot conjonction signifie liaison : il est formé du préfixe latin cum, avec, et du nom français jonction. La conjonction est un mot invariable qui sert à unir soit les parties élémentaires d'un terme composé, soit des propositions. C'est une sorte d'adverbe
Ex. : La terre et l'eau.
On constate que les volcans sont sur le bord de la mer.
Dans leur forme, les conjonction sont simples (donc) ou composées (parce que). Suivant la nature des propositions ou parties qu'elles unissent, les conjonctions se divisent en Conjonctions de coordination et Conjonctions de subordination. Celles-ci marquent le rapport qui unit une proposition dépendante à une proposition principale; les premières expriment le rapport qui unit entre elles les propositions dépendantes ou indépendantes, ou les parties élémentaires d'un terme composé. 
• Les conjonctions de coordination sont : et, ou, ni, mais, or, car, donc.

• Les principales conjonctions de subordination sont : que, si, comme, lorsque, quand, quoique, puisque, afin que, de sorte que, pendant que, parce que, dès que, tandis que, après que, avant que, de peur que, etc.

Suivant la nature du rapport qu'elles signifient, elles ont été réparties en plusieurs autres catégories, dont le nombre et les dénominations ont varié suivant le caprice des grammairiens. 

Les conjonctions se placent immédiatement devant le terme ou la proposition dont elles indiquent la coordination ou la subordination; quelques-unes se placent après le terme ou après le premier mot de la proposition; l'usage les fait connaître.

En général, on ne lie par les conjonctions de coordination que des expressions de même espèce, c.-à-d. des mêmes parties du discours, et des propositions de même nature; quelquefois cependant, ce sont des termes d'espèce différente, mais ayant une signification identique ou analogue. 

Les conjonctions de subordination se construisent avec certains temps ou modes qui concourent avec elles à exprimer le rapport voulu, par exemple le subjonctif en français et en latin, le subjonctif et l'optatif en grec; les règles de cette construction dépendent de la théorie des modes dans les propositions subordonnées et de la concordance des temps. 

En français, on supprime très souvent les conjonctions de coordination; moins souvent en latin; en grec, au contraire, il était de règle de lier entra elles les propositions indépendantes, et la suppression des conjonctions était une figure que l'on appelait asundeton, asyndète.

Remarques.
• Ne confondez pas , adverbe, qui prend un accent grave : allez-vous? avec ou, conjonction, qui ne prend pas d'accent et qui équivaut à ou bien : Vaincre ou mourir.

Que est pronom relatif, adverbe ou conjonction. 

+ Que est pronom relatif lorsqu'il a un antécédent : Voici la fleur que je préfère. 

+ Que est adverbe lorsqu'il signifie combien : Que la vertu est aimable! 

+ Que est conjonction lorsqu'il unit deux propositions : Je désire qu'il vienne.

Si est tantôt adverbe et tantôt conjonction. 
+ Si est adverbe lorsqu'il signifie tellement, aussi : Il a plu si fort, que la rivière a débordé. Il n'est pas si grand que moi. 

+ Si est conjonction lorsqu'il exprime une condition et qu'il unit deux propositions : je viendrai si vous le désirez.

Remarques sur certaines conjonctions.

Et.
Quand la conjonction et sert à unir les parties semblables d'une même proposition, on ne l'exprime que devant la dernière partie.

Ex.: Les plaintes, les regrets et les pleurs sont perdus.
Cependant, on peut répéter et devant chacun des sujets, des attributs et des compléments partiels, pour ajouter au sens une idée d'accumulation.
Ex. : Il terrasse lui seul et Guibert et Grasset, 
Et Gorillon la basse, et Grandin le fausset, 
Et Gerbois l'agréable, et Guérin l'insipide.
Ni.
Ni équivaut à la conjonction et renforcée d'une négation. C'est donc une conjonction négative. On emploie ni :
1° Pour unir les parties semblables d'une proposition négative.
Ex. : Cet enfant ne craint pas ses parents ni ses maîtres.
Dans ce cas il est plus élégant de supprimer pas ou point et de répéter ni.
Ex. : Cet enfant ne craint ni ses parents ni ses maîtres. 
2° Pour unir deux propositions négatives d'égale importance et dont la seconde est elliptique.
Ex. : Le lion n'est pas fait pour tracer les sillons, 
Ni l'aigle pour voler dans les humbles vallons.
3° Pour unir deux propositions subordonnées dépendant l'une et l'autre d'une proposition principale négative.
Ex. : Je ne crois pas que vous réussissiez, ni que vous soyez tenté de recommencer.
Que. 
La conjonction que a un grand nombre d'usages. Nous n'énumérerons que les principaux.
Que unit une proposition subordonnée à une proposition principale à laquelle elle sert de complément.
Ex. : Je crois que vous vous trompez.
Que se place entre les deux termes d'une comparaison.
Ex. : Ciceron était plus éloquent que modeste.
3° Enfin, que forme, à l'aide de la préposition de, des gallicismes. Tels sont les suivants : 
C'est avoir profité que de savoir s'y plaire. 

Le plus faible ennemi ne laisse pas que de nous inquiéter, etc.

Que d'eau, que d'eau!


Quoique, quoi que.
Quoique, conjonction, s'écrit en un seul mot et signifie bien que.
Ex. : J'irai vous voir, quoique je sois malade.
Quoi que, composé de deux pronoms relatifs, s'écrit en deux mots et signifie quelle que soit la chose que.
Ex. Quoi que vous puissiez dire, vous ne me convaincrez pas.
Quand, quant à.
Quand, conjonction, s'écrit avec un d et signifie lorsque.
Ex. : Quand, à force de travail, vous aurez réussi, etc. 
Quant à, locution prépositive, s'écrit avec un t et signifie relativement à.
Ex. . Pratiquez la vertu : quant aux richesses, sachez vous en passer.
Parce que, par ce que.
Parce que, conjonction, s'écrit en deux mots et signifie attendu que, vu que.
Ex. : Écoutez vos maîtres, parce qu'ils ont plus d'expérience que vous.
Par ce que, composé de par, préposition, et des deux pronoms ce et que, s'écrit en trois mots et signifie par la chose que.
Ex. : Il ne faut pas juger un homme par ce qu'il ignore, mais par ce qu'il sait.
Malgré que.
Malgré que, locution conjonctive signifiant quoique, ne peut s'employer que devant le verbe avoir.
Ex. : Malgré que j'en aie, c'est-à-dire en dépit de moi. 
Devant tout autre verbe, il faut employer quoique.
Ex. : Quoique vous ayez agi étourdiment, on vous pardonne; et non : Malgré que vous ayez agi, etc.
À.
Dans l'évaluation approximative du nombre des choses il faut employer la préposition à-:
1° Entre deux nombres entiers non consécutifs. 
Ex. : Un paquebot traverse l'Océan Atlantique en huit à dix jours.
2° Entre deux nombres entiers consécutifs déterminant un objet qui peut être fractionné. 
Ex. : Cinq à six kilogrammes de pain.
Mais entre deux nombres entiers consécutifs déterminant un être indivisible, il faut se servir de la conjonction ou
Ex. : Cinq ou six personnes, et non : Cinq à six personnes.
Origine de quelques conjonctions.
• Car est une altération du latin quare, c'est pourquoi. 

• Et est identique au latin et, même sens. 

• Ou vient du latin aut, même sens. 

Ni, vieux français ne, vient du latin nec. Aujourd'hui ne conjonction est un archaïsme. Cependant on dit encore par badinage : ne plus ne moins

• Mais, latin magis, signifiant plus

• Or, du latin hora, heure. 

• Que, vieux français qued, du latin quod, même sens. 

• Si est identique au latin si

(M. Beaudouin /  L et F.)
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