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Le coeur

Pris dans un sens figuré, le mot coeur a reçu de l'usage plusieurs acceptions. Dans ce vers de la Phèdre de Racine (acte IV, sc. 2)
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur, 
le coeur est employé pour l'âme elle-même, pour la conscience; et les croyants disent de même que Dieu voit le fond des coeurs. Souvent le coeur est considéré comme le siège des sentiments et des passions; en ce sens Vauvenargues a dit : " Les grandes pensées viennent du coeur; " et le chapitre de La Bruyère intitulé Du coeur traite principalement de l'amour et de l'amitié. On recommande à l'orateur qui veut émouvoir de parler le langage du coeur. Le coeur tressaille de joie; on a le coeur navré; on éprouve des peines de coeur; on a le coeur sur la main. Comme les sentiments et les passions déterminent fréquemment nos actes, le mot coeur est devenu encore synonyme de courage et de volonté : ainsi l'on dit un homme de coeur, un coeur faible, etc.; on fait contre fortune bon coeur; et la locution un homme sans coeur signifie tout à la fois un homme qui manque de sensibilité et un lâche. Quand La Rochefoucauld formule cette maxime : " L'esprit est toujours la dupe du coeur", il exprime l'influence que la partie sensible et affective de notre être exerce sur la partie intelligente et raisonnable. Dire qu'un homme a bon coeur et mauvaise tête, c'est localiser, en les distinguant, les affections et l'intelligence. (B.).
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Dictionnaire Idées et méthodes
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