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| Civilisation | ||
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| L'apparent monolithisme de l'histoire
égyptienne pendant près de trois millénaires,
la singularité de cette civilisation, que la géographie a
confiné sur un fin ruban de terres irriguables entourées
par d'immenses déserts, inciteraient à croire volontiers
que que ce monde là est né, a grandi et à prospéré
dans le plus superbe isolement pendant la plus grande partie de son existence.
Il n'en est rien. L'ouverture de l'Egypte au monde grec sous le règne
de Psammétique Ier
(Basse époque) est certainement
un tournant dans l'histoire du pays, mais celui-ci n'avait pas attendu
jusque là pour lier et entretenir des échanges commerciaux
avec le monde extérieur. Les témoignages historiques
abondent pour nous prouver que, bien auparavant et à diverses reprises,
les alternatives des événements et la puissance des intérêts
en jeu avaient mis l'Égypte en relations régulières
avec ses voisins.
Les Egyptiens ont
eu un commerce aussi développé relativement que celui d'un
pays moderne; ils échangeaient leurs produits manufacturés
contre les matières premières des contrées voisines,
moins civilisées; le tissage et la teinture des étoffes de
lin, de coton et de laine, souvent fort belles (il y a de merveilleuses
mousselines égyptiennes), l'industrie métallurgique, surtout
celle du bronze, la fabrication des bijoux, la verrerie qui imitait les
pierres précieuses, la fabrication des poteries enrichissaient l'Égypte,
dont les produits très appréciés s'exportaient au
loin; elle prenait en échange les matières premières
importées d'Asie et d'Afrique; ce commerce actif et considérable
se faisait par voie de troc, on employait les métaux en lingots
d'après leur valeur en poids.
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| L'ancienneté
des échanges
Les tombeaux des premiers rois contiennent,
en grand nombre, des objets qui n'étannt pas de provenance égyptienne,
furent nécessairement introduits par la voie du commerce : les Égyptiens
avaient certainement dès les premiers âges, des rapports directs
ou indirects avec les populations de la Nubie Ce n'est pas tout : les annales nous parlent
aussi de voyages lointains accomplis par des explorateur d'Egypte. Sous
le Pharaon Assa, de la cinquième dynastie (Ancien
Empire), c'est-à-dire à l'époque de vingt et quelques
siècles antérieure à nous, un général
farneux, Urdudu avait pénétré dans le pays de Punt
(Pount), dont il ramena un nain, dans lequel on pense pouvoir reconnaître
aujourd'hui un Pygmée (
Défilé d'ambassadeurs amenant des animaux inconnus en Egypte et présentant les tributs : lingots et sacs de poudre d'or, plumes d'autruches, etc. A l'intérieur
la navigation fluviale était très considérable; il
y avait une caste des mariniers non seulement le Nil, mais les nombreux
canaux servaient aux transports. Le commerce maritime était délaissé
ou plutôt abandonné aux Phéniciens. Le commerce extérieur
se faisait par leur intermédiaire ou par voie de terre. Les grandes
exploitations minières du Sinaï dépendaient de l'Égypte.
Vers l'Asie les routes étaient celles de la Syrie et de l'Arabie;
nous les décrirons lorsqu'il sera question du commerce de l'Asie
antérieure. En Afrique, le commerce se faisait dans plusieurs directions
: vers les cotes de la mer Rouge et de là vers le Yémen;
vers le haut Nil et la région éthiopienne Tout ce commerce
par caravanes devait fonctionner à peu près comme cela était
encore le cas à l'aube du XXe siècle.
Les trafiquants, obligés d'emmener une nombreuse escorte, beaucoup
d'aides pour soigner les chameaux, les charger, étaient les principaux
personnages des régions à qu'ils traversaient. Il est possible
que dès ces temps reculés les marchés les plus importants
aient été en même temps des établissements de
confréries religieuses. Les rapports de l'Éthiopie
Bateau sur le Nil. (Source : bigfoto.com). Commerce et isolationnisme Mais jusqu'où s'étendaient exactement les échanges? Quelle connaissance avaient les Egyptiens des contrées les plus lointaines? On a parfois dit que le nom de «-Terres Sacrées » appliqué par les Egyptiens aux contrées situées au delà du golfe Arabo-Persique, pourrait être interprété comme donnant une idée nébuleuse de l'Inde, mais aucun texte ne favorise cette hypothèse. On sait seulement que, vingt-cinq siècles avant nous, une flotte égyptienne ayant pénétré dans les mers du Sud, on rapporta des singes, dont le nom kufu, rappelle l'appellation sanscrite de kapi... Encore convient-il de remarquer que des échanges commerciaux développés sur de très grandes distances ne signifiaient pas que les Egyptiens en aient été les seuls agents. Ils pouvaient acheminer ou faire venir des marchandises à « l'autre bout du monde », sans jamais y avoir mis les pieds ni n'en avoir eu aucune connaissance véritable. C'est à cela que servent les intermédiaires. Et de fait, beaucoup de facteurs contribuaient à un isolationnisme de la société égyptienne. C'est ainsi, que lorsque le pouvoir à la fois royal et divin des pharaons fut très solidement établi et que la masse de la population dut absolument se conformer à la volonté du maître, celui-ci ne manqua pas, suivant le mode de toutes les autorités jalouses et soupçonneuses, de chercher à faire le vide autour de ses peuples, pour les soustraire aux influences du dehors, les priver de toute alliance possible avec l'étranger, détruire en germe toute velléité de révolte. La nature géographique du pays se prêtait facilement à cette politique. L'Egypte, ramenée sur elle-même par la forme et le relief de son territoire que des solitudes ;sablonneuses ou marécageuses enveloppent de tous les côtés, devait tendre à se concentrer dans son existence continentale et à se détourner spontanément de la mer. Les rois-prêtres jouissaient aussi de la complicité du milieu pour tenir leurs sujets à l'abri des dangereux novateurs, porteurs d'idées et incitateurs de révolutions. Sous cette double influence, la mer avait fini par être maudite, exécrée, vouée aux dieux terribles, et les naufrages étaient représentés comme de justes punitions d'en haut. La mer Rouge, en particulier, s'éloigna, pour ainsi dire, dans la direction de l'Orient, et c'est seulement de la fin de la onzième dynastie (Moyen Empire), que date la première expédition officielle racontée par les annales comme ayant été dirigée vers ce golfe lointain. Lorsque un fonctionnaire et courtisan fut chargé de traverser la mer Arabique et de conduire des soldats vers le pays des Aromates pour rapporter au roi de ces gommes précieuses, l'expédition, que tant d'autres de même nature avaient précédée dans des âges inconnus, fut considérée comme un événement presque prodigieux. Le chef de l'expédition fit graver sur des rochers le récit de son exploit : Jamais, dit l'inscription. Jamais il ne s'était fait rien de pareil depuis qu'il y a des rois depuis les temps du SoleilAux longues époques d'oppression où les lois et, par suite de la routine, les moeurs elles-mêmes s'accordaient pour interdire aux Égyptiens la navigation maritime, d'autres la pratiquaient à leur place. Les villes de Phénicie ayant durant la plus grande partie de leur existence commerciale, avidement accepté la suzeraineté profitable des Pharaons, les bouches du Nil étaient ouvertes à leurs marins, et grâce à ceux-ci le mouvement des échanges avec l'extérieur se faisait en toute liberté. Heureux de leur vasselage, ou ayant su s'en accommmoder à leur profit, les Phéniciens possédaient le monopole du trafic entre l'Orient et l'Egypte et, d'autre part, ils pouvaient en pays lointain se réclamer du prestige d'une puissante monarchie; ils naviguaient, comme on dirait aujourd'hui, sous pavillon égyptien, et c'est sous le patronage d'un souverain d'Egyple, Neko (Nechao), que s'accomplit, vers 660 av. J.-C. (Basse époque), ce qui semble être la première circumnavigation autour de l'Afrique. Si elle a bien eu lieu, c'est le grand exploit géographique de l'Antiquité ( Au temps des Grecs Mais à cette époque, I'Egypte
n'était plus tout à fait l'Egypte; elle appartenait déjà
au monde oecuménique de la Méditerranée où
l'envahissante culture de la Grèce commençait à briller
comme un phare. Sous la pression de la civilisation extérieure,
la vallée du Nil était obligée de s'ouvrir. Au lieu
d'accueillir simplement en hôtes les étrangers, on était
même forcé d'avoir recours à eux, de leur demander
conseil et direction. Une ville complètemnt grecque, Naucratis A partir de ce moment,
dirigée par la dynastie des Lagides ( Malheureusement,
les navigateurs, astreints à ne jamais perdre de vue les côtes,
mettaient des années à faire le cercle des échelles
de la mer Rouge et de la mer des Indes, et le commerce par caravane était
encore plus rapide et plus actif que le commerce maritime. Ce fut seulement
à la fin de la dynastie lagide, sous le règne d'Aulète
(vers 72 av. J.-C)
qu'un marin du nom d'Hippalos constata l'existence de la mousson et comprit
l'importance du parti qu'on pouvait tirer de la périodicité
de ce vent soufflant la moitié de l'année de l'Ouest à
l'Est, et de l'Est à l'Ouest, l'autre moitié, pour naviguer
en pleine mer. Il va sans dire que cette colossale extension des relations
commerciales de l'Égypte se fit pour le plus grand profit des Grecs
qui y résidaient. Aussi bien avait-elle été leur oeuvre
exclusive. Toutefois, pour ce qui est du commerce avec les Indes, il faut
bien reconnaître qu'ils n'arrivèrent jamais a supplanter les
Arabes, mais ils prirent le sage parti de les accepter comme intermédiaires,
trop heureux de réserver le monopole des transactions entre la mer
Rouge et la Méditerranée. Ces transactions s'opéraient
alors sur un immense réseau comprenant la Troglodytique, l'Éthiopie |
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