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Le ciel au fil des mois
Le ciel en juillet
aux latitudes boréales moyennes

 

On a pu vérifier, au cours des mois précédents quel immense cadran est notre ciel du Nord. La latitude moyenne choisie pour observer le mouvement de la sphère céleste fait que la projection du pôle terrestre dans le ciel se trouve à peu pris à égale distance de notre zénith et de notre horizon. Plus on avancerait vers le nord, plus le pôle monterait vers le zénith; plus on reculerait vers le sud, plus le pôle descendrait vers l'horizon. A la latitude de 45° N au contraire, il est au milieu de la partie visible du cadran, qui tourne autour de lui, c'est-à-dire de notre ciel du Nord; et la constellation qui s'y rattache par une de ses extrémités, et dont l'autre extrémité s'en éloigne, je veux dire la Petite Ourse, en figure parfaitement l'aiguille, comme nous l'avons déjà l'ait remarquer. Nous avons constaté quelle tourne en sens inverse des aiguilles d'une montre, c'est-à-dire de bas en haut vers la droite, et en juin, nous l'avons vue approcher du méridien par en haut, comme la petite aiguille d'une montre approche du midi. Aujourd'hui, jetons les yeux sur elle à l'heure que nous avons choisie pour nos observations, 21 h 30, le commencement de la nuit : nous voyons que l'extrémité de cette constellation à franchi le méridien. Elle indique que nous sommes entrés dans la seconde moitié de l'année, connue l'aiguille qui a passé midi la seconde moitié de la journée.

En dehors de cette remarque, nous aurons peu observer désormais dans le ciel du Nord, toujours composé à peu près de la même manière, et qui ne fait guère que tourner sur lui-même. Nous indiquerons seulement la place des constellations : A gauche, c'est-à-dire à l'Ouest de la Petite Ourse, la Grande Ourse, qui la précède toujours dans le mouvement giratoire, plonge tête baissée vers le nord, où Capella brille sur l'horizon et où le reste de la constellation du Cocher a déjà en grande partie disparu.
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Constellations de juillet (Nord).
Le ciel en juillet au début de la nuit, en direction du Nord; latitude 45° N.

A la gauche du Cocher, encore sur l'horizon, mais au nord-ouest, dans la lueur crépusculaire, à l'endroit où le Soleil s'est englouti, les Gémeaux, avec ses deux étoiles les plus brillantes,  Castor et Pollux, dont les pieds sont depuis longtemps enfoncés, font encore émerger leurs têtes. Ils sont à la partie la plus septentrionale que le Soleil ait atteinte dans le ciel et que le zodiaque ait alteinte avec lui. lls vont aller passer à leur tous, derrière le Soleil, comme toutes les constellations zodiacales qui les ont précédés. Dorénavant, et jusqu'au solstice d'hiver, nous allons voir le Soleil et le zodiaque, descendre vers l'Ouest puis vers le Sud-Ouest, continuant ainsi à nous montrer que, par suite du grand voyage circulaire de la Terre dans le plan de l'écliptique, le Soleil se projette successivement sur les douze constellations de ce grand cercle. 

Toujours dans le zodiaque, le Cancer suit les Gémeaux, et le Lion, à sa suite, descend lentement vers l'Ouest. Entre la Grande et la Petite Ourse, nous retrouvons le Dragon, qui se recourbe autour de la Petite et redresse maintenant la tête vers le zénith, emportant dans ses replis, près de l'étoile Oméga, cette nébuleuse planétaire de l'Oeil de Chat (NGC 6543), qui marque le pôle de l'écliptique, à l'extrémité de la perpendiculaire élevée sur le plan du zodiaque, laquelle monte de plus en plus vers notre zénith, au fur et à mesure que la nuit nous amène les constellations les plus australes de ce zodiaque, c'est-à-dire la partie au delà de l'équateur et qui rase notre horizon Sud.

Partant de l'horizon nord, la Voie Lactée monte à l'Est vers le zénith, portant dans ses voiles de bas en haut et de gauche à droite les constellations de Persée, de Cassiopée, dont le W se redresse vers la droite, de Céphée, du Lézard et du Cygne, lequel, les ailes étendues et la queue tournée vers le nord, arrive à la limite de notre ciel du nord et va bientôt pénétrer dans celui du midi, où Véga l'a précédé et où sa tête plonge déjà.

Ce que le ciel du Nord nous offre de nouveau se trouve toujours, à l'horizon Nord-Est. C'est cette fois Andromède et Pégase, que nous avions perdus de vue depuis plusieurs mois; ce dernier surtout, et que nous retrouvons l'une allongée sur l'horizon la tête (Alpha) à droite, l'autre cabré à sa droite, mais non encore sorti tout entier.

Retournons-nous maintenant vers le ciel du Sud: c'est là que les changements sont constants et que notre vol dans l'espace nous donne toujours du nouveau. Pour l'aborder, sachant qu'à cette saison il renferme le Bouvier et la Vierge, nous emploierons le procédé que nous avons déjà indiqué plusieurs fois : nous prolongeons la courbe indiquée par la queue de la Grande Ourse et nous arrivons à Arcturus. Nous prolongeons encore d'une quantité égale et nous touchons l'Epi (l'étoile Spica).
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Constellations de juillet (Sud).
Le ciel en juillet au début de la nuit, en direction du Sud; latitude 45° N.

On voit par la que le Bouvier confine en ce moment à notre zénith. Les cinq étoiles principales qui le composent, en dehors et au Nord d'Arcturus, constituent aussi une sorte de pentagone convexe, rappelant celui formé par le Cocher qui, au mois de février, occupait à peu prés la même place. Le tout vient de passer le méridien, que la Couronne Boréale, le Serpent et le Scorpion franchissent à leur tour. Arcturus, qui occupe l'avant de la constellation, appuie déjà plus vers l'Ouest.

La Vierge s'y allonge encore plus bas, près de cette région occidentale du ciel où descendent avant elle le Lion, dont l'étoile Denebola est encore haute, et au-dessous la Coupe (ou Cratère), le Corbeau, l'Hydre cet plus au sud le Centaure. A droite de l'Epi, que nous avons trouvé de la manière rappelée ci-dessus, nous reconnaissons cet angle presque droit formé par cinq étoiles, et qui semble un fléau prêt à battre l'Epi. Nous savons que le côté horizontal de cet angle suit sensiblement l'équateur et qu'un peu à droite de l'étoile du milieu de ce côté, Eta, a lieu l'intersection de ce plan avec celui de l'écliptique ou du zodiaque.

A mesure que ce point d'intersection s'éloigne vers l'Ouest, les constellations australes du zodiaque, c'est-à-dire celles qui sont au delà de l'équateur et rasent notre horizon Sud, se présentent de mieux en mieux à notre vue.

Ce sont successivement, à la gauche de l'Epi, la Balance, formée d'un quadrilatère d'étoiles; plus à gauche et plus bas, c'est-a-dire au méridien vers le sud, le Scorpion, composé d'un arc de trois étoiles très belles, au centre duquel Antarès brille d'un éclat très supérieur, escorté de deux étoiles moindres; plus à gauche encore et toujours plus bas à l'horizon sud-sud-est, Sagittaire, dont les belles étoiles viennent de se lever, et enfin, à l'horizon est-sud-est, le Capricorne, dont quelques petites étoiles apparaissent seulement. C'est dans ces constellations que passera le Soleil pendant les mois d'hiver, décembre et janvier, et c'est pourquoi il s'élèvera si peu dans le ciel et ne se montrera que quelques heures par jour.

Si, de cette bande du zodiaque, actuellement si basse, nous relevons les yeux vers le milieu du ciel, nous retrouvons une ligne droite d'étoiles qui traverse de biais le méridien, presque parallèlement au groupe du Scorpion et de la Balance, en se dirigeant du Sagittaire au Bouvier. C'est le Serpent dans les mains du Serpentaire (Ophiuchus). On reconnaît dans cet alignement un couple d'étoiles très voisines, qui appartient au Serpentaire, dont le reste s'étend vers la gauche. L'alignement se termine au Nord par un S de 7 étoiles, dont cinq forment le haut du Serpent et les deux dernières se rattachent à Hercule; celui-ci s'approche en effet du zénith, au-dessus d'Ophiuchus, et, à la même hauteur vers l'Est, brille l'éclatante Véga, de la Lyre.

Au-dessous d'Ophiuchus, au contraire, s'alignent le long de la Voie Lactée qui, partant de l'horizon nord et s'élevant vers l'est, comme nous l'avons dit ci-dessus, vient aboutir à l'horizon Sud, au Sagittaire et au Scorpion, une série de petites étoiles de peu d'éclat que figurent le queue du Serpent.

La Voie Lactée s'étend entre cette ligne et la constellation du Capricorne. Une étoile magnifique y brille du plus vif éclat : c'est Altaïr, dont deux étoiles moindres semblent indiquer les ailes étendues comme celles d'un oiseau qui plane. Ces étoiles et celles qui les avoisinent forment, en effet, la constellation de l'Aigle. C'est d'ailleurs une des régions les plus lumineuses de la Voie Lactée. Là, dans un degré carré, les étoiles se comptent par centaines de milliers. De 23 heures à minuit, une bonne jumelle pointée vers la Voie lactée, dans les mines stellifères du Cygne et de l'Aigle, transportera le contemplateur dans les régions de l'infini. (G Armelin).

Principaux objets célestes en évidence pour l'observation en juillet

La Couronne Boréale renferme plusieurs étoiles doubles : Dzêta est un beau couple; Sigma est un système orbital rapide, de même que Eta. T, près d'Epsilon, est une nova récurrente.

Dans la Grande Ourse, plusieurs étoiles doubles, à commencer par Mizar dédoublable avec un petit instrument et dont la proche voisine Alcor est perceptible à l'oeil nu. Autres binaires : Xi (Alula Australis), sytème orbital en mouvement rapide; Nu (Alula Borealis), jaune et bleue; Sigma, Iota (Talitha), très difficile. Plusieurs galaxies sont à remarquer : dans le Nord de la constellation, vers le Dragon, M 81 (la galaxie de Bode), M 82 et NGC 3077; près de la frontière avec le Bouvier un formant un triangle équilatéral avec Alkaïd et Mizar, M 101 (la galaxie du Fuseau); proche de Phecda se trouve M 109 et proche de Merak, M 108. C'est aussi à proximité de cette dernière galaxie que se trouve la nébuleuse du Hibou, M 97, une nébuleuse planétaire.

Coeur de Charles (Cor Caroli) dans les Chiens de Chasse. -  24 de la Chevelure de Bérénice.

Dans la Lyre : Véga, qui était l'étoile polaire il y a 14 000 ans et le redeviendra dans 12 000. C'est une étoile blanche très brillante; elle a un compagnon minuscule (double optique). Epsilon est un système multiple. Eta (Aladfar) est formé de deux étoiles bleuâtres (compagnon faible); Delta ressemble à Mizar, décomposable à l'oeil nu; R et Bêta (Sheliak) sont variables. On notera aussi dans cette constellation l'amas globulaire' M 56 et, surtout, la nébuleuse planétaire annulaire M 57, avec son étoile centrale.

Sagittaire : variables X et W; couples
écartés Xi, Nu.

36 A Ophiuchus : 70, 67, Rhô, 39; amas.

Alpha d'Hercule; Kappa, Rhô, 95, amas globulaire M 13.

Dans la Balance : Bêta (Zuben Elschemali) révèle une nuance verte rarissime; Alpha (Zuben Elgenubi) est un couple écarté  aux composantes jaunes (jumelles); Iota est triple et très difficile à séparer.

Dans la tête du Serpent  : Alpha (Unuk Elahia) est une géante rouge, Bêta et Delta sont doubles; amas globulaire M 5.

Nu du Scorpion; Omega, Bêta, Sigma, Xi; Antarès

Aigle : Gamma. - Voie lactée. - Dzêta de la Flèche

La première étoile à découvrir dans le Cygne est Bêta (Albiréo), jaune d'or et saphir, l'une des plus belles étoiles doubles de tout le ciel. Autres étoiles composées : Omicron (jaune et beues, système triple sont les composantes sont très écartées); Psi, couple assez serré;  61, la première étoile dont on ait mesuré la parallaxe; 52, orange (variable) et bleue. Cette région de la Voie lactée comprend aussi de nombreuses nébuleuses diffuses. Certaines sont associées à des amas ouverts : Nébuleuse North America (NGC 7000) et du Pélican (IC 5067-70), nébuleuse du Cocon (IC 5146); d'autres sont des rémanents de supernova, comme les Dentelles du Cygne (NGC 6960), ou résultent de l'expulsion de matière par des étoiles vieillissantes : Nébuleuse du Croissant (NGC 6888), nébuleuse Clignotante (NGC 6826). Plusieurs novae ont aussi éclaté dans cette constellation (1876, 1978).

Dauphin : Gamma. - Gamma, Delta du Petit Cheval. - Delta de Céphée; Bêta, Kappa, Xi, Mu.

Epsilon du Bouvier (un peu haut, comme la tête du Dragon).

Eta et Iota de Cassiopée. - Polaire. - 230 de la Girafe. - Gamma de la Vierge, une dernière fois.


Les nuits de juillets sont propices à l'observation d'étoiles filantes semblant provenir de toutes les directions du ciel. En y regardant de plus près, plusieurs essaims peuvent être distingués : 
• L'essaim des Draconides se manifeste les 1er et 2 juillet avec une activité très variable selon les années (regain tous les 7 ans); il est associé à la comète Giacobini-Zinner.

• Les Delta-Aquarides Sud, peu nombreuses, sont actives du 15 juillet au 20 août avec un maximum le 31 juillet .

• Les Capricornides, qui se manifestent en deux épisodes, du 9 au 16 juillet, puis vers le 26 juillet, semblent correspondre à deux essaims distincts, mais dont les radiants et les périodes d'activité sont proches. 

• Notons encore les les Nu-Géminides actives entre le 9 et le 18 juillet (avec un maximum le 12) et les Alpha-Orionides, émanant d'Orion, qui sont actives entre le 9 et le 15 juillet (maximum le 12), mais dans ces deux cas il s'agit d'essaims diurnes. (C. F.).



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