 |
Cénesthésie.
- Ensemble des sensations vagues qui conduisent
à la notion de notre propre existence.
Cette notion est tirée de nos relations avec le monde ambiant, le
moi, c'est-à-dire la conscience ne
changeant pas, alors que les impressions que nous recevons se modifient
incessamment, d'où cette déduction que nous sommes distincts
des choses extérieures. Si les excitations périphériques
multiples (musculaires, viscérales, cutanées) qui sont l'origine
de cette limitation de notre moi, dont le champ est
uniquement celui de la synergie nerveuse, sont normalement confuses en
arrivant aux centres, c'est probablement qu'elles sont habituelles, constantes,
et perçues seulement sous cette forme
d'existence présente et distincte, bien qu'elles puissent devenir
douloureuses quand elles s'exaspèrent. Aussi, comme le remarque
Ch. Richet, est-il absolument impossible de localiser nettement le siège
précis de notre propre existence, ou de notre moi. Dans une telle
hypothèse,
la suppression de toute impression ou excitation devrait conduire, ainsi
que l'a soutenu Strumpell, à l'acénesthésie
(du grec a privatif., et de cénesthésie). Il n'en
est rien en réalité, car, par suite de l'éducation
et de l'expérience antérieures, nous avons conscience, même
dans l'immobilité, le silence et la nuit, de la limitation de notre
synergie nerveuse et, par conséquent, de notre existence indépendante
et distincte de celle du monde extérieur. |
|