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Les bronches

On donne le nom de bronches aux conduits fibro-cartilagineux qui vont de l'extrémité inférieure de la trachée, simples d'abord, puis extrêmement ramifiés, porter dans toutes les parties des poumons l'air qui est nécessaire à l'oxygénation du sang.

Embryogénie.
De Baer, en 1828, a vu, chez le poulet, l'oesophage former deux bourgeons (3e jour de l'incubation) à origine commune. Ces deux bourgeons sont les futurs poumons; les pédicules sont les futures bronches; la partie commune à ces deux pédicules est l'ébauche de la trachée. D'après les recherches ultérieures, il faudrait ajouter que la formation de cet appareil procède de la façon que voici : il se ferait d'abord un bourgeon unique, qui se dédoublerait ensuite. Ce bourgeon, probablement plein au début, se creuse bientôt; il naît de la paroi antérieure du pharynx. Les divisions bronchiques se forment par la production de branches, de bourgeons secondaires sur les primaires. Ces bourgeons ne représentent, à vrai dire, que la paroi interne des bronches, car muscles, vaisseaux, nerfs, cartilages, tissu conjonctif sont par la suite fournis par le mésoderme. His, qui a pu sur différents embryons humains très jeunes suivre la formation de l'arbre pulmonaire, note que chaque stammbronchus (bronche principale, support de chacun des deux petits bourgeons) se ramifie en donnant des bourgeons latéraux : un supérieur, qui manque au poumon gauche et qui formera la bronche épartérielle selon les termes d'Aeby (bronche située au-dessus de l'artère) un moyen, un inférieur, donnant les bronches hyparterielles (au-dessous de l'artère). Il y a donc trois divisions principales à droite, et deux à gauche (fig. 1). Ces divisions se ramifient ensuite, et le conduit simple qui donne naissance aux bronches primitives s'isole du pharynx pour constituer la trachée. Les ramifications se produisent vers la cinquième semaine, chez le foetus humain. Puis il se forme un épithélium cylindrique; les fibres musculaires se développent, etc.; ces dernières, aux dépens du mésoblaste.
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Les bronches.
1. - Le larynx, la trachée, les bronches
et leurs subdivisions principales, d'après Dalton.

Anatomie.
Arrivé à l'état parfait, l'appareil bronchique présente à considérer les grosses bronches, ou bronches proprement dites, et les divisions bronchiques. Les bronches sont au nombre de deux, l'une droite, l'une gauche. Elles s'écartent à angle droit ou obtus, et sont de longueur inégale: 15 ou 18 mm, selon Sappey; 25 mm selon Marc Sée, à droite; 30 ou 35 mm (ou 55 selon Sée) pour la gauche. Le chiffre de 5 cm est très exceptionnel d'après Sappey; mais il y a des différences et des variations. En tous cas, toujours la gauche est sensiblement plus longue que la droite. Leur forme est celle de cylindres à face postérieure aplatie, comme la trachée; elle est déterminée par la présence de cerceaux cartilagineux dont il sera question plus loin. Ces conduits sont constamment béants, grâce à ces cerceaux. Le calibre en est différent. Il varie de 12 à 14 mm à droite; de 7 à 13 mm à gauche d'après Marc Sée, pour qui le calibre des deux bronches réunies égale celui de la trachée, alors que pour Sappey, il lui est «-très supérieur ». Sée reconnaît cependant qu'à l'état de maladie (des voies respiratoires), il peut y avoir prédominance de l'un ou de l'autre, mais à l'état de santé, il doit y avoir égalité entre le calibre de la trachée et la somme des calibres des deux bronches. Les rapports anatomiques des bronches sont les suivants : la droite est embrassée par la veine-azygos, et la gauche par l'aorte : elle croise l'oesophage en arrière; toutes deux sont en rapport avec les artères et veines pulmonaires; la droite croise la veine cave supérieure. Parvenues au poumon, les bronches se subdivisent, à gauche, en deux, à droite en trois branches.

La structure des bronches rappelle absolument celle de la trachée. Elles comprennent : des cerceaux cartilagineux (6 ou 8 à droite, 9 ou 12 à gauche) formant les 3/4 environ d'anneaux complets; ce sont des lames aplaties et recourbées comme des bagues incomplètes que l'on aurait martelées de façon à leur donner plus de surface, ayant de 2 à 4 mm de hauteur, et distantes les uns des autres, de 1 ou 2 mm. Ces cerceaux sont formés de cartilage hyalin, et sont entièrement élastiques, sauf chez les personnes âgées où ils s'ossifient parfois et deviennent cassants. Ces cartilages ont pour effet de maintenir les bronches ouvertes, et d'empêcher les parois de se rapprocher, ce qui empêcherait la respiration. Ils sont maintenus en place, et dans leurs rapports réciproques par une gaine fibreuse, de même forme que les bronches, et dans l'épaisseur de laquelle ils se sont formés. Cette gaine complète donc le conduit bronchique partout où il n'y a pas de cerceaux, c.-à-d. dans les intervalles de ceux-ci, et sur la face postérieure des bronches où ces cerceaux s'interrompent. Ce conduit fibreux est formé de fibres élastiques et conjonctives : c'est lui qui constitue la charpente des bronches.

Il s'y joint sur la face postérieure des fibres musculaires, lisses, disposées transversalement, unissant l'un à l'autre les deux extrémités d'un même anneau cartilagineux, et tapissant aussi la lame fibreuse dans les intervalles qui séparent ceux-ci. Cette couche musculaire a de 1 à 2 mm d'épaisseur. D'après Sée, elle aurait pour effet d'empêcher, par sa contraction, une dilatation exagérée des bronches dans l'effort, ou d'autres circonstances. Elle a été l'objet de recherches physiologiques intéressantes. L'on pense assez généralement que la contraction spasmodique de ces petits muscles peut constituer un certain embarras pour la respiration, et l'on a dit que cette contraction joue quelque rôle dans certaines formes d'asthme. Mac Gillavray a pu constater expérimentalement que l'obstacle créé par cette contraction peut être l'équivalent d'une pression de 4 mm de mercure, ce qui est déjà une résistance appréciable. Après lui, Roy et G. Brown ont fait connaître des faits importants au sujet de la physiologie de ces muscles. Leur contraction est amenée par les excitations du nerf vague, un seul de ces nerfs suffisant à déterminer la contraction des muscles bronchiques des deux côtés; par contre, la section d'un de ces nerfs ne détermine de relâchement musculaire que dans la bronche correspondante, sans agir sur les muscles du côté opposé. La contraction peut être assez forte dans certains cas pour amener l'occlusion totale, ou presque totale des bronches. Contraction et relâchement s'effectuent tous deux par des filets des mêmes nerfs, les nerfs pneumogastriques, et il est à noter que les excitations sensitives parties de différents points du corps n'exercent qu'une très faible action sur l'état des muscles bronchiques.-

Fig. 2. -a. Glande en grappe, très composée; se rencontre surtout dans la trachée et les bronches principales;

b. Glandule formée de trois utricules; bronches moyennes;

c. Glandule uni-utriculaire; forme la plus simple des glandes bronchiques; se trouve dans les bronches de tout ordre et de toutes dimensions.

Les couches fibreuse et musculaire sont revêtues, à l'intérieur, d'une muqueuse mince, transparente, garnie d'un épithélium cylindrique vibratile, stratifié, et qui par ses nerfs est douée d'une vive sensibilité. Cette muqueuse renferme de nombreuses petites glandes en grappe, qui sécrètent le mucus bronchique (fig. 2). D'après Rossbach, qui a fait des expériences de section et d'excitation des nerfs sympathique et pneumogastrique, ces deux nerfs n'exercent aucune influence sur la sécrétion de ces glandes qui sont entièrement sous la dépendance de l'état de la circulation dans les bronches. Le curare et la pilocarpine augmentent cette sécrétion; l'application de glace à l'abdomen la diminue, mais ensuite la contraction des vaisseaux est suivie d'une dilatation et d'une sécrétion abondante. Dans certains cas d'asthme, cette sécrétion renferme des spirales particulières, et des cristaux signalés par Charcot.

Arrivées au hile des poumons, les bronches pénètrent dans ces organes en se bifurquant et donnant chacune deux divisions correspondant aux lobes supérieur et inférieur : du côté droit la division inférieure donne en outre une branche qui va au lobe moyen. Ces cinq branches principales (dont les supérieures ont un plus fort calibre) se subdivisent à leur tour, et cet ensemble porte le nom de ramifications bronchiques. Ces ramifications conservent tout d'abord la structure des grosses bronches, mais celle-ci se modifie bientôt. La forme en est complètement cylindrique, sans l'aplatissement qui se présente sur les grosses bronches ou la trachée; les parois en sont plus minces, et le diamètre toujours plus petit; les cerceaux cartilagineux deviennent irréguliers, ils se fragmentent en morceaux isolés, de forme variable, puis ils disparaissent totalement, et les parois sont simplement membraneuses, ou ne contiennent que de petits nodules durs; les dernières ramifications sont membraneuses. 

La couche musculaire, au lieu de ne tapisser qu'une partie des cylindres bronchiques, en revêt totalement les parois et forme un cylindre musculaire complet. On comprend qu'en l'absence de cerceaux cartilagineux, ces muscles puissent jouer un rôle considérable et beaucoup entraver la respiration s'ils viennent à se contracter, beaucoup plus que dans les grosses et moyennes bronches. Les couches fibreuse et muqueuse ne se modifient guère pourtant dans les dernières ramifications (4e, 5e ordre) les glandules font défaut. Les dernières divisions bronchiques portent le nom de bronches lobulaires, parce qu'elles aboutissent aux lobules pulmonaires (fig. 3) : ce sont de simples parois fibreuses revêtues d'épithélium pavimenteux, et non plus vibratile : les muscles ont disparu. Leur calibre est d'environ un demi-millimètre. Les bronches reçoivent leur sang des vaisseaux bronchiques. Les lymphatiques viennent des ganglions bronchiques; les nerfs viennent des plexus pulmonaires, du sympathique et du pneumogastrique. 
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Fig. 3. - a. Bronche intra-lobulaire portant différents lobules primitifs 
latéraux et terminaux; b. Groupe de lobules primitifs
vus à un fort grossissement et sectionnés, montrant
les cloisons des alvéoles pariétaux et terminaux.

Anatomie comparée.
Rien de spécial à signaler chez les mammifères. Chez les reptiles, les bronches perdent assez vite leur individualité dans les poumons, sauf cependant chez les Chéloniens et les Crocodiliens. Chez les oiseaux, elles traversent le poumon et vont communiquer avec les sacs respiratoires.

Physiologie.
Les bronches servent à amener l'air jusque dans les lobules pulmonaires, et à l'expulser ensuite au dehors. La sécrétion bronchique sert à empêcher le dessèchement des bronches par le continuel passage d'air qui s'y produit. (Dr H. de Varigny).

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