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Les Babiroussas
Le genre Babyrousa
Les Babiroussas  (du malais babi = cochon, et roussa = cerf) sont un genre de Mammifères artiodactyles suiformes, de la famille des Suidés, dans lequel on distingue quatre espèces : le Babiroussa commun, Babiroussa oriental ou Babiroussa des Moluques (Babyrousa babyrussa), le Babiroussa des îles Togian ou Babiroussa de Malenge (Babyrousa togeanensis), le Babiroussa des Célèbes (Babyrousa celebensis) et le Babiroussa Bola Batu (Babyrousa bolabatuensis ou Babyrousa merkusi), forme naine du Babiroussa des îles Togian, et que l'on soupçonne d'avoir disparu récemment.

Le Babiroussa est un animal plus élancé, plus haut sur jambes  que les autres espèces de la famille, et dont les canines supérieures se recourbent chez le mâle comme deux cornes. Ces dents, en effet, croissent tellement, et les supérieures se recourbent d'une façon si extraordinaire, qu'on peut les comparer à des cornes. Cette forme des dents distingue le Babiroussa de tous les autres Suidés et explique que l'on en ait fait un genre à part.
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Babiroussa.
Un Babiroussa (Babyrousa babyrussa) du zoo de Chester (Angleterre).
Photo : Dunnock_D; licence : Creative Commons.

Le Babiroussa commun 

Le Babiroussa commun (Babyrousa babyrussa) est un animal d'assez grande taille. On en a vu qui avaient les dimensions d'un petit Âne. En moyenne, un Babiroussa adulte a 1 mètre de long et 80 cm de haut; la queue mesure 25 cm.

Cet animal , comme les autres Suidés, a le corps allongé, rond, gros, un peu comprimé latéralement, le dos faiblement bombé, le cou court et gros, la tête allongée, relativement petite, le front faiblement bombé, le groin mobile, obtus comme chez les Sangliers, terminé par une partie cornée, à bord calleux et débordant beaucoup la lèvre inférieure. Les jambes sont fortes, droites, toutes terminées par quatre doigts; les doigts antérieurs sont plus écartés que chez les autres suidés. Les yeux sont petits, dénués de cils; les oreilles, de moyenne longueur, minces, étroites, pointues et droites.

Mais ce que l'animal a de plus remarquable, ce sont les canines de la mâchoire supérieure. Minces, pointues, dirigées en haut et en arrière, ces dents, deviennent si longues que, chez les vieux animaux, elles pénètrent parfois dans la peau du front, vers lequel elles se recourbent en demi-cercle; leur face antérieure est arrondie; leurs faces latérales sont aplaties et inclinées en arrière; leur bord postérieur est tranchant; les canines de la mâchoire inférieure sont plus courtes, plus droites, et dirigées en haut. Ces dents ont beaucoup moins de longueur chez la femelle que chez le mâle.

Le corps du Babiroussa est couvert de poils assez courts et épars, plus abondants, le long de l'épine dorsale, entre les plis de la peau, et au bout de la queue, où ils forment une petite touffe. La peau est dure, épaisse, rugueuse, avec des plis profonds à la face, autour des oreilles et au cou. 

Le dos et la partie externe des membres sont d'un gris cendré sale, la face interne des membres est rouge rouille. Les pointes des soies forment sur la ligne médiane une ligne claire, d'un jaune brun. Les oreilles sont noires.

Distribution géographique. 
L'île de Sulawesi (ex-Célèbes) doit être regardé comme le véritable berceau de cet animal : il y est très commun. On le trouve encore dans les petites îles de Bourou et de Malado, dans quelques-unes des Xourilles, notamment à Xoulli; Mangli et Bangahi; il semble manquer dans les Moluques, les grandes îles de l'ouest de l'archipel de la Sonde, et sur le continent asiatique : Il serait possible qu'il habitât aussi la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Irlande.
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Babiroussa.
Un Babiroussa sur une ancienne gravure.

Comportement.
Il semble que le Babiroussa ait été connu des Anciens; du moins les linguistes se sont-ils efforcés de lui rapporter plusieurs noms incompréhensibles. On possédait en Europe, depuis plusieurs siècles, des crânes de Babiroussas; mais on ne connaissait pas la peau et l'on ne pouvait se faire une idée juste de l'animal par les dessins ou plutôt les caricatures qu'en avaient faites les premiers observaleurs. D'un autre côté, son histoire n'était qu'un ramassis de récits extraordinaires, qui ont été en partie rectifiés depuis que l'on a amené des Babiroussas vivants en Europe, et qu'on a pu les y étudier. Néanmoins, il y a certainement encore des fables dans ce que l'on raconte de la vie de l'espèce à l'état de liberté.

Le Babiroussa a les habitudes des autres Suidés, et recherche peut-être encore plus le voisinage de l'eau. Il se tient dans les forêts marécageuses, les roseaux, les ravins, les bords des lacs, les lieux où croissent beaucoup de plantes aquatiques. C'est au milieu de pareilles conditions que les Babiroussas se réunissent en troupeaux plus ou moins nombreux, dormant le jour, rôdant la nuit, mangeant tout ce qu'ils trouvent. Leur marche est un trot rapide; ils sont plus agiles à la course que le Sanglier, sans qu'on puisse cependant, comme on l'a fait, les comparer au Cerf sous ce rapport.

Le Babiroussa est un parfait nageur; non seulement il traverse les fleuves, mais encore il franchit les bras de mer à la nage, et passe ainsi d'une île à l'autre.

L'ouïe et l'odorat sont les plus développés de ses sens. Sa voix consiste en un grognement faible et prolongé. 

Le Babiroussa évite l'Humain; mais, quand il en est serré de près, il se défend avec courage, et ses canines inférieures sont des armes faites pour inspirer des craintes au plus courageux. 

La femelle met bas en février un ou deux marcassins, longs de 16 à 22 cm, les soigne, et les défend avec autant de tendresse et de courage que le font les autres Cochons. (AE Brehm).

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