Vidal-Lablache
ca.
1910 |
Les progrès
de la conquête romaine
furent, dans le principe, l'effet d'un enchaînement de circonstances.
La première guerre punique
avait donné à Rome la Sicile : après la seconde (201
avant J.-C.), il fallut pourvoir à la domination de la Corse ,
de la Sardaigne et d'une partie de l'Espagne ,
afin d'y empêcher le retour d'un empire hostile sous quelque autre
Hannibal.
Cette domination de l'Occident fut affermie, au siècle suivant,
par une série de mesures : soumission définitive de la Gaule
Cisalpine (186); prise de Carthage
(146); prise de Numance
(133); conquête de la Narbonnaise
(125-105). Mais déjà les incidents de la deuxième
guerre punique avaient engagé Rome dans les affaires de Macédoine
et de Grèce
et derrière Philippe, roi
de Macédoine, elle ne tarda pas à rencontrer Antiochus,
roi de Syrie. Les uns et les autres furent vaincus; la Macédoine,
au prix de quatre guerres. En 149 celle-ci fut réduite en province
romaine; en 131, la Lydie, la Carie ,
la Mysie
et la Phrygie devinrent la province d'Asie.
Dès lors la conquête de la
Méditerranée n'était plus qu'une question de temps.
Il fallut encore lutter, en Asie, contre Mithridate,
roi de Pont; en Afrique [Numidie ],
contre Jugurtha. La défaite de Mithridate,
achevée par Pompée, rendit les Romains maîtres de l'Orient
(64). Il ne resta plus en Afrique que des princes de Maurétanie ,
clients de Rome ,
et la monarchie dégénérée des Ptolémées,
que la bataille d'Actium
livra à Octave (31).
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Carte
des conquêtes romaines.
Cependant, dès la fin du second
siècle, les succès de l'invasion des Cimbres et des Teutons,
repoussés seulement en 101 par Marius,
avaient ouvert les yeux sur les dangers du Nord. César,
Dar la conquête de la Gaule
(58-51), refoula les Germains au delà du Rhin. Drusus
(12-9 avant J.-C.) conquit même la Germanie jusqu'à l'Elbe.
Mais la défaite de Varus (9 après
J.-C.) ramena les Romains
en arrière. Désormais Auguste considéra
le Rhin et le Danube comme les vraies limites de l'empire. Il soumit la
Dalmatie
et les Alpes.
Le programme d'Auguste
resta celui de ses successeurs, Pendant un siècle on n'a d'autre
conquête à constater que celle de la Bretagne
par Agricola (84 après J.-C.). L'occupation
des Champs décumates
(ainsi nommés à cause de la dîme payée par les
colons), fortifia la position de l'empire sur le Rhin et le Danube; comme
le fit, sur l'Euphrate, l'annexion des royaumes clients de Cappadoce
et de Commagène .
Une autre politique prévalut avec
Trajan
(98-117). Avec ce prince, les frontières romaines
dépassèrent à la fois l'Euphrate et le Danube. La
Dacie ,
où il appela des colons de toutes les parties du monde romain, ne
resta guère plus de 150 ans à l'empire; mais le germe de
nationalité déposé par Rome ne devait plus y périr.
Les conquêtes orientales de Trajan furent abandonnées par
son successeur; et l'Empire fut absorbé désormais par le
soin de sa défense. (V.-L.). |
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