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Astre. -
Tout objet céleste indépendamment de sa nature (planète,
étoile,
nuage
interstellaire,
galaxie, etc.). Ce nom se donne
indistinctement à tous ceux de ces corps qu'on peut apercevoir dans
le ciel par un temps serein, à l'oeil nu ou à l'aide du télescope,
et aussi à tous ceux qui, par leur éloignement ou leur petitesse,
échappent à nos regards. Un examen attentif a fait remarquer
dès les premiers temps que l'immense majorité des astres
ne changent pas de place les uns par rapport aux autres. C'est ce qui les
a fait nommer étoiles fixes, ou simplement étoiles. D'autres,
au contraire, en très petit nombre, sont évidemment doués
d'un mouvement propre qui fait changer
leur position relativement aux étoiles fixes. On les a nommés,
pour ce fait, astres errants ou planètes. Quelques-uns, encore mains
nombreux, ne font dans le ciel que de rares apparitions, pour disparaître
et reparaître su bout d'un laps de temps, plus ou moins long; ce
sont les comètes.
"Des
milliers de globes lumineux, placés à des distances immenses
sont les bases qui servent de fondement à l'édifice du monde.
Des millions de globes opaques, circulant autour des premiers, en composent
l'ordre et l'architecture mouvante. Deux forces primitives agitent ces
grandes masses, les roulent, les transportent et les animent. Chacune agit
il tout instant, et toutes deux, combinant leurs efforts, tracent les zones
des sphères célestes, établissent dans le milieu du
vide des lieux fixes et des routes déterminées, et c'est
du sein même du mouvement que naît l'équilibre des mondes
et le repos de l'univers.
La
première de ces forces est également répartie; la
deuxième a été distribuée en mesures inégales.
Chaque atome de matière a une même quantité de force
d'attraction; chaque globe a une quantité différente de force
d'impulsion. Aussi est-il des astres fixes et des astres errants, des globes
qui ne semblent être faits que pour attirer, et d'autres pour pousser
ou pour être poussés; des sphères qui ont reçu
une impulsion commune dans le même sens, et d'autres une impulsion
particulière; des astres solitaires et d'autres accompagnés
de satellites; des corps de lumière et des masses de ténèbres;
des planètes dont les différentes parties ne jouissent que
successivement d'une lumière empruntée; des comètes
qui se perdent dans l'obscurité des profondeurs de l'espace, et
reviennent après des siècles se parer de nouveaux feux; des
soleils qui paraissent et semblent alternativement se rallumer et s'éteindre,
d'autres qui se montrent une fois et s'évanouissent enfin pour jamais.
Le
ciel est le pays des grands événements, mais à peine
l'oeil humain peut-il les saisir. Un soleil qui périt, et qui cause
la catastrophe d'un monde ou d'un système de mondes, ne fait d'autre
effet à nos yeux que celui d'un feu follet
qui brille et qui s'éteint. L'homme, borné à l'atome
terrestre sur lequel il végète, voit cet atome comme un monde,
et ne voit les mondes que comme des atomes." (Buffon ,
c. 1750).
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