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Champignons
Les Ascomycètes
La classe des Ascomycètes, dont le caractère principal est d'avoir des spores formées par division partielle à l'intérieur de cellules mères nommées asques, est l'une des plus importants de la division des Champignons. Elle renferme un nombre considérable d'espèces et est représenté dans toutes les régions du globe. La systématique en est très complexe et l'on ne trouvera sur le tableau ci-dessous qu'une classification très simplifiée, fondée pour l'essentiel sur la structure de l'appareil ascosporé mûr. Les deux principaux groupes sont ceux des Discomycètes et des Pyrénomycètes, auxquels on a ajouté ceux des Périsporiacées et des Protoascomycétidées, des divisions en fait assez artificielles, puisque se distribuent aussi dans les deux derniers groupes des Discomycètes et des Pyrénomycètes. Chez les Discomycètes, les asques sont situés à l'extérieur du périthèce (organe de fructification). Celui-ci prend généralement la forme d'une coupe ou d'un disque, dont la face supérieure est tapissée par l'hyménium. Chez les Périsporiacées les asques sont intérieurs. Le périthèce ne s'ouvre pas, il se détruit pour mettre les spores en liberté. Chez les Pyrénomycètes la dissémination des spores a lieu par ouverture du périthèce à son sommet.
Le petit monde des Ascomycètes

La description des principaux genres des différents groupes d'Ascomycètes ne saurait être faite à cette place. Nous ne ferons qu'indiquer sommairement ceux qui, à divers points de vue, attirent plus spécialement l'attention. C'est ainsi que nous nommerons parmi les Discomycètes des genres où le thalle devient volumineux et complexe comme la Pezize, la Morille et l'Helvelle (Discomycètes). Dans la famille des Pyrénomycètes, il faut signaler au premier rang le Claviceps purpurea qui se développe aux dépens de l'ovaire de plusieurs graminées, principalement du seigle, et y forme un sclérote auquel on donne le nom d'ergot et qui joue un rôle si important en thérapeutique par son action sur les fibres musculaires de l'utérus et des vaisseaux sanguins, d'où ses applications à l'obstétrique et au traitement des hémorragies. On ajoutera encore parmi les Pyrénomycètes des parasites tels que le Sphoerella Mori qui attaque les feuilles du mûrier, le Polystigma rubrum celles des pruniers. Parmi les Périsporiacées nous citerons principalement les Aspergillus, Sterigmatocystis et Pénicillium dont les espèces nombreuses constituent les moisissures vulgaires, les Onygena qui se développent sur les tissus cornés (ongles, cornes), les poils et les plumes, les Erysiphes parasites à la surface des feuilles et des tiges des plantes terrestres, les Tubérales (Truffes); quelques dermatophytes de l'humain et des animaux domestiques. Enfin, dans les Protoascomycétidées, on signalera la levure (Saccharomyces) et les Taphrinales qui sont des parasites de nombreuses plantes vasculaires.

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Discomycètes
Phacidiacées
Périthèce corné, d'abord clos, puis s'ouvrant en valves, en couvercle ou en fente : Phacidium, Rhytisma, Hysterium, Hypoderma, Lophodermium.
Hélotiacées
Périthèce gélatineux, d'abord clos, puis ouvert; asques proéminents placés le plus souvent au-dessus des paraphyses : Helothium, Vibrissea, Mitrula, Geoglossum, Ascophanus, Ryparobius, Bulgaria, Ascobolus (également rangé parmi les Pezizales).
Pézizales.
Périthèce ceracé ou charnu, en forme de coupe, de massue ou de chapeau rabattu, toujours ouvert; asques ne dépassant pas les paraphyses : Peziza, Morchella (morilles), Helvella. 
Autres : Calicales, Leotiales, etc.
Pyrénomycètes
Sphaeriales.
Agents de nombreuses maladies des chataîgniers, noyers, platanes, pommiers, pruniers, riz, tomates, ormes, etc. : Sphaerella Mori, Polystigma rubrum
Autres : Pleosporales (Pleospora, Dothidea), Dothoriales (Guignardia), Clavicipitales (Clavicita purpurea), Diatrypales  (Diatrype), etc..
Périsporiacées
[Groupe hétérogène comprenant des Discomycètes et des Pyrénomycètes].
Eurotiales.
[Pyrénomycètes] 
Agents de transformation des fromages, moisissures diverses, pénicilline : Aspergillus, Pénicillium.
Autres ordres: 

[Discomycètes] 
Elaphomycétales (Onygena), Tubérales (Truffes).

[Pyrénomycètes] 
Erysiphales (Uncinula necator / agent de l'oïdium),Ophiostomacées (Ophiostoma ulmi /agent de la maladie des ormes), etc.

Protoascomycétidées Taphrinales.
Cloques des feuilles des pêchers et des peupliers, balais de sorcière des cerisiers, etc. 
Endomycétales.
Agents de transformation des bières, vins, cidres, levures diverses :Saccharomyces, Candida, Endomyces, etc.

(Autre ordre : Laboulbéniales?).

Caractères généraux des Ascomycètes

Ce qui frappe tout d'abord dans l'étude de cette classe, c'est la richesse des formes et aussi la variété du mode de végétation du thalle et de la structure et du polymorphisme de l'appareil sporifère. 

Le thalle est constitué par des filaments cloisonnés, ramifiés et souvent anastomosés. Ces filaments peuvent être libres; le thalle alors est homogène. On bien ils peuvent être groupés en massifs ou cordons de pseudo-parenchyme. Dès lors il faut décrire deux parties du thalle comme chez les Basidiomycètes; une partie filamenteuse primitive qui est le mycelium, une partie pseudo-parenchymateuse créée plus tard sur le mycélium, et qui est le stroma. Un mycélium secondaire peut être constitué par de nouveaux filaments libres poussant sur ce stroma. La variété de formes de ce stroma est considérable. Parfois il devient sclérote. Sa vie est alors latente. Les conditions de développement du thalle sont très variées. Il croît souvent sur les matières organiques en décomposition (moisissures vulgaires, Penicillium, Aspergillus Levure), sur la terre humide (Pezize, Morille, Helvelle), à l'intérieur du sol où a lieu la production de l'appareil sporifère (truffe). Il s'installe aussi en parasite sur un assez grand nombre de plantes vivantes chez lesquelles il détermine des maladies (Exoascus, Erysphe, Claviceps, Pleospora. Peziza). Enfin ce thalle fait alliance avec diverses Algues pour constituer des Lichens.

Les spores que produit la thalle peuvent naître des filaments libres s'il n'y a pas de stroma, ou du stroma et du sclérote s'il en existe. L'appareil sporifère, qui est constant et caractérise le groupe des Ascomycètes tout entier, consiste dans une cellule mère nommée asque. Cette cellule mère produit dans son intérieur un certain nombre de spores libres (souvent huit) par division partielle. Ces spores, aussitôt nées, grandissent, en se nourrissant de la portion non employée du protoplasme, et suivant la plus ou moins grande quantité de ce dernier elles tiennent plus ou moins de place dans la cavité de l'asque. Quand elles sont mûres, elles sont simples ou cloisonnées. Leur nombre peut se réduire à deux ou s'élever à plusieurs centaines (en demeurant toujours un multiple de huit). Leur membrane peut se diviser en deux couches, l'une externe ou exospore, cutinisée, souvent colorée, munie fréquemment d'un pôle germinatif, l'autre interne ou endospore, cellulosique et incolore. 

La mise en liberté des spores a lieu soit par dissolution totale de la membrane de l'asque, soit par la déhiscence des asques, soit enfin par une déchirure du sommet ou une fente à couvercle circulaire. Quand les asques ne sont pas isolés ou disséminés comme dans les genres Saccharomyces, Taphrina, etc., ils sont localisés sur le thalle et disposés en appareils spéciaux nommés périthèces à la surface ou à l'intérieur desquels ils se trouvent situés. Ce périthèce peut s'ouvrir ou être indéhiscent. La naissance du périthèce a lieu sur le thalle d'une façon variable, isolément par filaments libres ou par groupes sur le stroma ou sclérote. Quoi qu'il en soit, le périthèce naît d'une portion de filament par cloisonnement dans les trois directions, d'où production d'un petit tubercule homogène ou vrai parenchyme où les asques ne se différencient que plus tard. La ramification centrale, dont procéderont les asques et divers éléments du tubercule, est homogène ou hétérogène. Dans le premier cas, le tubercule dérive d'une seule branche pelotonnée sur elle-même ou de branches successives toutes semblables. Dans le second il y a différenciation dès l'origine et de deux façons distinctes. On constate ou bien une première branche plus grosse, droite et renflée au sommet si elle est très courte, courbée en arc si elle est plus longue, enroulée en spirale ou pelotonnée si elle est très allongée, ou bien deux premières branches jumelles plus grosses, droites si elles sont courtes ou enroulées en spirale, ou pelotonnées si elles sont longues. Ces deux premières branches sont, comme dans le cas de la branche unique, enveloppées dans toute leur longueur de filaments couvrants plus grêles. Les asques tirent leur origine ou à la fois des deux premières branches jumelles qui demeurent semblables, ou de l'une d'elles seulement, l'autre demeurant stérile et se différenciant, ou exclusivement des filaments couvrants, après résorption et disparition des deux premières branches.

Outre l'appareil ascosporé, contenant les spores de conservation qui ne manquent jamais, un grand nombre d'Ascomycètes produisent, dans d'autres conditions de milieu, des spores différentes insérées à l'extérieur des filaments, et auxquelles on a donné le nom de conidies. Ces conidies sont des spores de dissémination plus ou moins rapide selon les circonstances. Elles procèdent directement des filaments du thalle ou de parties spéciales (renflements du pseudo-parenchyme, cavités simples), ou à plusieurs loges ayant la forme d'une bouteille dont le sommet s'ouvre par un pore et dont l'intérieur est tapissé par les branches conidifères. Les conidies sont tantôt ovales ou sphériques, tantôt amincies en bâtonnets. Ces deux formes sont isolées ou associées; dès lors la transition se fait de l'une à l'autre d'une manière insensible. La dissémination des conidies grêles se fait d'une manière plus aisée que celle des conidies renflées; mais les premières réclament pour leur germination des conditions de milieu beaucoup plus favorables que les autres. Un certain nombre d'Ascomycètes produisent à tour de rôle et à peu près également des périthèces et des conidies. Mais les autres ne possèdent ordinairement que l'un ou l'autre des deux modes de fructification. (Henri Fournier).

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