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L'art de la Renaissance et des Temps modernes |
| Aperçu | Antiquité | Moyen âge | De la Renaissance à 1900 | L'art au XXe siècle |
| La
Renaissance
L'état social et moral qui avait
donné naissance à l'art déclinant de la fin du Moyen
âge C'est en Italie Partout la peinture De Donatello
à Vinci, et de Vinci à Michel-Ange;
de Quentin Matsys et Dürer à Rubens
et à Rembrandt, chaque grand artiste
crée un monde à l'image de son intime idéal. Les connaisseurs
et les délicats ne lui demanderont plus désormais de leur
fournir une représentation canonique et édifiante de telle
ou telle scène sacrée, ils iront chercher dans l'oeuvre d'art
une interprétation vivante et expressive, éloquente ou passionnée,
manifestant une façon personnelle et persuasive de voir ou de rêver
la vie. Le domaine de l'art Les Temps modernes Les artistes du Nord, et plus particulièrement
de la Hollande Après la chute de la monarchie, les bouleversements de Révolution et les guerres de l'empire, dans l'ébranlement des croyances officielles et la renouvellement de la société, les anciennes formes paraissent vides et froides aux générations remplies de vagues aspirations et de besoins nouveaux. Tandis que les uns essaient de remettre en honneur les fortes disciplines, les autres se lancent à l'aventure dans des voies non frayées, et, à mesure que la culture et l'éducation critique se développent, que l'érudition met à la portée de tous l'héritage de plus en plus chargé du passé, et que L'idéal collectif se morcelle, la part de la personnalité devient le plus en plus prépondérante. L'artiste, en effet, trouve de moins en moins dans la société au milieu de laquelle il vit, dans le public pour lequel il travaille, ces indications décisives, cet accord préalable de sentiments, d'idées et de goûts qui déterminèrent, aux grandes époques, la production des oeuvres d'art. La multitude infinie des formes créées jusqu'à lui, l'innombrable variété des goûts posent sur l'artiste jusqu'au seuil du XXe siècle et même jusqu'à nos jours; l'invention spontanée devient plus rare à mesure que les critiques et les théoriciens deviennent plus nombreux. C'est la rançon de notre culture; nous avons derrière nous trop de siècles et trop d'oeuvres. Au lieu de travailler pour ce public dont la collaboration silencieuse et efficace l'assistait autrefois, l'artiste se trouve jeté dans an monde divisé en coteries, souvent hostiles, d'amateurs, d'archéologues, d'esthètes et de curieux - ou bien sollicité par les commandes de spéculateurs ou de parvenus enrichis dont le mauvais goût spécial encourage tous les genres les plus faciles. De là des divergences douloureuses
ou un éclectisme banal et stérilisant. C'est ainsi qu'on
a vu l'art du XIXe siècle, travaillé
par une sorte de curiosité inquiète, essayer tour à
tour la résurrection des formes anciennes, tenter d'acclimater de
nouveau, par une culture artificielle et de serre chaude, les espèces
autrefois florissantes, il a participé du dilettantisme universel;
il a été païen et mystique, classique et révolutionnaire,
réaliste et symbolique. Tandis que les uns prétendaient faire
vivre la beauté païenne ou la grandeur romaine, d'autres revenaient
comme en pèlerinage au mysticisme chrétien et communiaient
dans les chapelles du Moyen
âge Il est pourtant des aspirations qui, à travers tant d'imitations et d'emprunts du passé, ont trouvé dans l'art une expression nouvelle et vibrante. La peinture d'un Delacroix, par exemple, a traduit avec une éloquence émouvante et suggestive la fièvre de toute une génération; les paysagistes de l'école de Barbizon ont exprimé avec une sympathie plus pénétrante qu'en aucun temps le sentiment et l'amour de la nature, la vie profonde et sourde, l'aménité bienfaisante « des êtres qui ne pensent pas ». Dans les luttes acharnées qui ont divisé l'école française de peinture, quelques artistes se sont trempés, qui avaient rempli leur pensée et leur coeur des sentiments et des idées de leur temps et qui, longtemps méconnus, ont fini par s'imposent à l'admiration. Mais c'est beaucoup plus par la force et la valeur de leur propre personnalité que par la vertu de leurs doctrines d'art qu'ils ont conquis cette place éminente. Comme il n'est pas de système qui n'ait été tour à tour victorieux et vaincu, pas de principe qui n'ait été attaqué, pas d'école qui n'ait eu son déclin, l'oeuvre d'art ne saurait plus se réclamer désormais de sa fidélité à telle ou telle règle plus ou moins orthodoxe, à tel ou tel dogme plus ou moins officiel. Elle ne vaut que ce que vaut l'artiste qui l'a créée. On a dit que la vérité d'une doctrine se mesure au talent de ses défenseurs; cette pensée, contestable en morale et en philosophie, s'appliquerait fort bien aux oeuvres d'art : c'est la sincérité émue de l'artiste qui nous plaît en elles; c'est un écho de son coeur que nous y cherchons et qui en fait le prix rare à nos yeux. (André Michel). |
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