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Les
Faïences de Nevers. - L'autorisation d'établir une faïencerie
à Nevers
fut accordée par Henri III, en 1578,
à Dominique de Conrade, gentilhomme d'Albissola, près de
Savone, et la fabrication se développa sous la production des Gonzague,
ducs de Nivernais. Les faïences furent une imitation presque servile
des majoliques italiennes : sur un fond bleu ondé se détachent
des dieux marins, avec des tons violets de manganèse et, au XVIIe
siècle, avec des tons jaunes tirant sur l'orangé. Dominique
de Conrade, son fils Antoine fit prospérer cette industrie; puis
un autre Dominique, fils d'Antoine, retourna en Italie
en 1651.
Mais la faïencerie
nivernaise n'en continua pas moins ses travaux, sous la direction de six
générations de Custode. Dans ce second âge, l'imitation
italienne disparut, et le goût persan éclata en bouquets de
fleurs et en oiseaux exotiques, points en jaune et en blanc sur fond bleu
lapis appliqué par immersion. On mit aussi à contribution
les figures et les motifs des modèles chinois, mais sans leurs fraîches
et chaudes nuances : c'est toujours du bleu, du blanc, du jaune sèchement
découpés l'un sur l'autre, et du vert quelquefois, produit
par un mélange de ce jaune et de ce bleu.
Au milieu du XVIIIe
siècle, une statuaire grotesque sortit des ateliers de Nevers, pour
l'ornement des jardins, et l'on imita maladroitement les faïences
de Moustiers
et de Rouen .
Enfin la faïencerie nivernaise mourut pendant la Révolution,
dont elle mit Ies emblèmes sur ses dernières pièces,
toutes pesantes et d'un galbe disgracieux. |
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